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Contenu Germany twenty years laterEn 1989 l'Allemagne était divisée en deux ensembles de taille différente : 64 millions d'habitants vivaient à l'Ouest et 16 millions à l'Est. Encore peu d'années avant la chute du mur de Berlin, un exercice qui ne manquait pas d'intérêt était la comparaison des évolutions démographiques entre la République fédérale d'Allemagne (RFA) et la République démocratique d'Allemagne (RDA). Les différences de régimes politiques et de systèmes économiques devaient logiquement se répercuter dans la démographie. Peut-on dire aujourd'hui que la chute du mur a initié un processus de convergence démographique ? Avant de vérifier cette hypothèse de convergence, revenons sur les tendances passées de la fécondité et de la mortalité. A l’Est une politique nataliste… qui s’effondre à la chute du mur A la chute du mur, alors que les deux indices de fécondité étaient en train de se rapprocher la fécondité est-allemande s'effondre soudainement et rejoint le niveau historique de 0,8 enfant par femme en 1994. L'explication habituelle, outre les incertitudes politiques et les aléas économiques, est le démantèlement des systèmes de prestations familiales et d'accueil de la petite enfance. À partir de 1995, la convergence des taux de fécondité entre l'Est et l'Ouest s'observe à nouveau. Il n'y a désormais plus aucune différence entre les anciens et les nouveaux Länder. Une cause du rapprochement est l'alignement du profil de la fécondité par âge (figure 2) des Allemandes de l'Est par rapport aux Allemandes de l'Ouest. La fécondité était particulièrement précoce à l'Est avant la chute du mur ; elle est désormais aussi tardive qu'à l'Ouest.
![]() Une évolution commune pour la mortalité
Peu d’immigration à l’Est…La chute du mur déclenche une importante migration de l'Est vers l'Ouest, qui s'explique par les disparités de niveau de vie et de salaires. Le chômage est aussi une variable explicative des flux migratoires entre Est et Ouest. Il existe également des mouvements migratoires de l'Ouest vers l'Est, liés à la restructuration économique de l'ancienne RDA et aux opportunités nouvelles créées pour le personnel très qualifié par exemple, mais les nouveaux Länder restent déficitaires dans leurs échanges avec les anciens. En 2008, 136 500 personnes ont quitté les nouveaux Länder pour les anciens, contre 85 000 mouvements dans l'autre sens. Les migrations internationales vers la RFA ont été beaucoup plus importantes que vers la RDA, où le pourcentage d'étrangers restait peu élevé, s'agissant de mouvements en provenance des pays socialistes (Vietnam, Cuba, etc.). Aujourd'hui, les migrants viennent essentiellement de Pologne, de Roumanie, de Turquie, de Hongrie et de Bulgarie. Les trois principaux Länder de destination sont la Rhénanie du Nord-Westphalie, le Bade Wurtemberg et la Bavière, trois Länder de l'ancienne RFA, aujourd'hui de loin les plus peuplés d'Allemagne. Si l'on rapporte le nombre de nouveaux migrants aux effectifs de population des lieux de destination -mesure relative de l'immigration- c'est alors Hambourg et Berlin qui apparaissent comme les zones les plus attractives. Une décroissance qui se généralise Au vu des évolutions démographiques - mais c'est évidemment une dimension parmi de nombreuses autres-l'Allemagne semble bien réunifiée. Il n'y a plus de mur démographique entre les deux parties. Les perspectives démographiques établies aujourd'hui à l'horizon 2050 ne distinguent d'ailleurs pas les nouveaux Länder des anciens. Elles retiennent trois scénarios de fécondité (1,2 enfant par femme, 1,4 ou 1,6) conduisant à une diminution importante de la population allemande au cours des prochaines décennies. Selon le scénario moyen, l'effectif de la population allemande en 2050 serait proche de celui, en 1950, des populations de RDA et de RFA réunies (69 millions contre 82 millions aujourd'hui). Contact : Jacques Véron (INED) et François Héran (INED)
Last update : November 13 2009 |