Mortalité infantile : chute spectaculaire

La mortalité des enfants de moins d’un an a connu une baisse spectaculaire dans le dernier demi-siècle. Ce qui explique l’importance accordée aujourd’hui à la mort subite du nourrisson.

 

Moins de cinq enfants sur mille meurent dans leur première année

Entre 1950 et 2005, le taux de mortalité infantile a été divisé par plus de 10, passant de 52 à 3,6 pour mille. Ce recul régulier de la mortalité à moins d’un an résulte en réalité de la combinaison des évolutions assez différentes de la mortalité des enfants de moins d’un mois (mortalité néonatale) et de la mortalité des enfants âgés de 1 à 11 mois (mortalité post-néonatale).

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Après les succès de la lutte contre les maladies infectieuses

Dans un premier temps, le recul de la mortalité post-néonatale a été le principal artisan de la baisse de la mortalité infantile, alors que la mortalité néonatale diminuait beaucoup plus modérément. C’est ainsi que partant d’un niveau à peu près équivalent en 1950 (environ 25 pour 1000), la première n’était plus que de 5,5 pour 1 000 en 1970 alors que la seconde s’élevait encore à 12,6. Les progrès venaient alors surtout de la régression des maladies infectieuses sous l’effet des vaccins et des antibiotiques.

...la médecine périnatale a fait des progrès

Dans un deuxième temps, toutefois, le rythme des progrès s’est inversé : la baisse de la mortalité à moins d’un mois s’est accélérée tandis que celle de la mortalité tardive se ralentissait, puis faisait même place à une stagnation à la fin des années soixante-dix. La surveillance des grossesses et le développement de la médecine périnatale étaient alors venus suppléer la baisse de la mortalité infectieuse, devenue trop faible pour peser encore sur la mortalité infantile. Dans les dernières années enfin, c’est à nouveau la mortalité post-néonatale qui entraîne le taux de mortalité infantile à la baisse, grâce en particulier à la réduction des cas de mort subite du nourrisson, alors que les progrès à moins d’un mois marquent le pas.



L’évolution des causes de décès des nourrissons présente le tableau sous un jour un peu différent. La mortalité infectieuse suit l’évolution de la mortalité post-néonatale (baisse rapide, puis ralentissement) jusqu’au milieu des années soixante-dix mais ensuite son recul s’accélère à nouveau. Les maladies de l’appareil respiratoire, à ces âges en majorité infectieuses, diminuent très régulièrement sur toute la période tout comme les anomalies congénitales. Le retournement de tendance des morts violentes est spectaculaire : en hausse jusqu’à la fin des années soixante-dix, elles baissent ensuite très rapidement, probablement sous le double effet des mesures de prévention routière et du développement de normes de sécurité de plus en plus draconiennes, permettant de lutter contre les accidents domestiques. L’évolution des maladies de la première enfance est assez particulière : baisse régulière et modérée dans les deux premières décennies, accélération dans les années soixante-dix, puis stagnation depuis les années quatre-vingt.

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… et la mort subite du nourrisson est en train de régresser

L’évolution de la mort subite du nourrisson, enfin, est spectaculaire. Après s’être énormément accrue dans les années quatre-vingt, la mortalité pour cette cause s’est brutalement retournée au début des années 1990. S’appuyant sur des études qui concluaient à la nocivité du couchage sur le ventre, le ministère de la Santé a lancé une campagne d’éducation sanitaire dès 1992 dans certains départements, puis l’a étendue à toute la France en 1994. Le simple fait de conseiller aux parents, par le relais des personnels médicaux (sages-femmes, puéricultrices, obstétriciens), de coucher les enfants sur le dos ou sur le côté a permis de diviser par 3 le nombre de décès par mort subite entre 1991 et 1996. C’est bien le succès remporté contre cette cause de décès, associé à une accélération de la baisse de la mortalité par maladies respiratoires aiguës, qui a permis la reprise de la baisse de la mortalité post-néonatale dans les années les plus récentes.

Pour plus d'informations

Barbieri Magali, « La mortalité infantile en France », Population, 53 (4), 1998, p. 813-838.

Sénécal Jean, Roussey Michel, Bouvier-Colle Marie-Hélène, Hatton Françoise, Paclot Catherine. «À propos de la mort subite du nourrisson », Population, 53 (4), 1998, p. 841-846.



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Last update : July 15 2008