Enquête Violences et rapports de genre : contextes et conséquences des violences subies par les femmes et par les hommes (VIRAGE)

Site de l'enquête Virage

L’Enquête nationale sur les violences envers les femmes (ENVEFF), réalisée en 2000, fut la première opération scientifique qui, en France, a permis de mesurer l’ampleur des violences faites aux femmes. Près de quinze ans après, le présent projet entend actualiser et approfondir la connaissance statistique des violences faites aux femmes et se propose d’étendre son champ d’investigation à la population masculine.
Le projet consiste ainsi une enquête quantitative de grande envergure, intitulée Violences et rapports de genre : contextes et conséquences des violences subies par les femmes et par les hommes (VIRAGE), qui a été conduite auprès de 27 000 répondants (femmes et hommes), âgés de 20 à 69 ans.
Cette grande opération scientifique trouve ses fondements dans les conclusions de la Mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes et dans la Convention européenne pour l’élimination des violences faites aux femmes, dont l’article 11 enjoint les Etats signataires, dont la France, à mesurer les violences fondées sur les rapports de genre et à mieux évaluer les conséquences sur les victimes.
Le projet pose pour hypothèse que la violence est un phénomène hétérogène qu’il convient de décrire dans la complexité et la diversité de ses formes. L’objectif est ainsi de parvenir à dresser une typologie des violences qui permette de différencier les situations des victimes selon la nature, la fréquence, le contexte et les conséquences des actes subis. L’enquête étant réalisée auprès des femmes et des hommes, cette typologie permettra d’établir dans quelle mesure les violences subies par les personnes des deux sexes se ressemblent ou au contraire se distinguent.
Une attention particulière est portée à l’étude des trajectoires des victimes. Quels sont leurs effets sur la vie scolaire, professionnelle, résidentielle, affective et sexuelle des victimes ? Quels sont les ressorts permettant à certaines victimes de juguler les violences tandis que d’autres cumulent les difficultés sociales ? Il s’agit aussi de produire une évaluation des besoins des victimes. Elle vise encore à combler l’absence de connaissance sur certains sujets, comme les violences au travail ou la situation des enfants dans le cadre de violences conjugales.
Enfin, depuis l’ENVEFF, un important travail de sensibilisation du public a été conduit, et un effort considérable de formation des professionnels (magistrats, policiers, médecins, etc.) a été engagé. Quinze ans après l’ENVEFF, la situation des victimes a-t-elle changé ? Parlent-elles davantage ? Sont-elles mieux entendues, mieux protégées ? Leurs dépôts de plainte ont-ils augmenté ?

L’enquête VIRAGE répond à un besoin de connaissances exprimé par les pouvoirs publics sur les violences contre les personnes et en particulier sur les violences contre les femmes. En 2009, la Mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, rattachée à l’Assemblée nationale, recommandait d’organiser une nouvelle enquête sur les violences faites aux femmes sur le modèle de l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes (ENVEFF), réalisée pour la première fois en France en 2000.
En 2011, la nouvelle Convention européenne pour l’élimination des violences faites aux femmes a enjoint les Etats signataires, dont la France, à mesurer les violences liées aux rapports de genre et à mieux évaluer les conséquences sur les victimes. Le ministère des Droits des femmes s'est déjà engagé à financer une grande partie de l'enquête.

Près de quinze ans après l’enquête ENVEFF, VIRAGE entend actualiser et approfondir la connaissance statistique des violences faites aux femmes et se propose d’étendre son champ d’investigation à la population masculine. La violence est un phénomène hétérogène qu’il convient de décrire dans la complexité et la diversité de ses formes. Il importe de dresser une typologie des violences pour différencier les situations des victimes selon la nature, la fréquence, le contexte et les conséquences des actes subis. Cette typologie permettra d’établir dans quelle mesure les violences subies par les personnes des deux sexes se ressemblent ou au contraire se distinguent. Une attention particulière sera portée à l’étude des trajectoires des victimes : comment les violences influent-elles sur les parcours biographiques individuels ? Quels sont leurs effets sur la vie scolaire, professionnelle, résidentielle, affective et sexuelle des victimes ? Quels sont les ressorts permettant à certaines victimes de juguler les violences tandis que d’autres cumulent les difficultés sociales ? Une évaluation des besoins des victimes pourra ainsi être produite.
Outre ces objectifs généraux, VIRAGE entend combler certains besoins de connaissances. Par exemple, la situation des enfants dans les contextes de violences conjugales demeure méconnue, notamment dans les cas de séparation. Les violences survenant dans le cadre du travail sont elles aussi très mal enregistrées. Depuis l’ENVEFF, d’autres questions sociales ont été posées dans le débat public, telles que la mesure des violences subies par les femmes migrantes ou leurs descendantes. Plus généralement, il faut s’interroger sur le cumul de facteurs de vulnérabilité sociale et de leurs conséquences sur l’exposition des personnes aux violences. Les travaux menés dans d’autres pays ont démontré que les personnes appartenant à des groupes minorisés, c’est-à-dire exposés à des processus de rejet, de stigmatisation et de discrimination comme les personnes migrantes, homosexuelles ou souffrant d’un handicap sont davantage victimes de violences que les autres. Comment les violences racistes, homophobes ou envers les personnes en situation de handicap se combinent-elles avec les violences liées aux rapports de genre ?
Enfin, un important travail de sensibilisation du public et de formation des professionnels (magistrats, policiers, médecins, etc.) a été conduit depuis l’ENVEFF. L’enquête VIRAGE offrira la possibilité d’évaluer l’effet de ces politiques publiques. La situation des victimes a-t-elle changé ? Parlent-elles davantage ? Sont-elles mieux entendues, mieux protégées ?

Cette enquête quantitative de grande envergure a été conduite auprès de 27 000 répondant-e-s (femmes et hommes) âgé-e-s de 20 à 69 ans, représentifs de la population résidant en France métropolitaine. Le questionnaire, d'une heure en moyenne, a été collecté par téléphone en 2015. Un volet internet a été déployé dans les universités de Paris Panthéon-Sorbonne et Paris Denis-Diderot cette même année et dans les universités de Bretagne occidentale et de Strasbourg en 2016. Un déploiement de l'enquête dans les DOM est à l'étude, sous la responsabilité de Stéphanie Condon.

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