L’avortement en France

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Chaque année, environ 200 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) sont pratiquées en France. Près de 40 ans après la légalisation de l’avortement, le nombre d’IVG est stable : moins de femmes y ont recours, mais plus souvent de façon répétée.

En 2011, environ 209 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été pratiquées en France. Cela représente environ 14,7 avortements pour 1 000 femmes en âge d’avoir des enfants. Depuis le milieu des années 2000, le nombre d’IVG reste stable, comme le taux d’avortement. En revanche, les caractéristiques des femmes qui y ont recours changent.

Encadré 1. Evolution de la loi depuis 1975

17 janvier 1975 : la « loi  Veil » légalise le recours à l’interruption volontaire de grossesse.
Elle sera reconduite définitivement en 1979.
31 décembre 1982 : la « loi Roudy » instaure le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale
1988 : la pilule abortive (RU486) est mise sur le marché
27 janvier 1993 : la « loi Neiertz » crée le délit d’entrave à l’IVG
1er juin 1999 : la « pilule du lendemain » est mise en vente libre dans les pharmacies. La loi du 13 décembre 2000autorise sa délivrance sans ordonnance et gratuitement pour les mineures.
4 juillet 2001 : la loi porte de 10 à 12 semaines de grossesse le délai légal maximum pour recourir à une IVG. Plus d’entretien préalable obligatoire pour les femmes majeures, les IVG médicamenteuses sont autorisées en cabinet de ville.
mars 2013 : l’IVG est prise en charge à 100 %

Le recours à l’IVG augmente chez les jeunes femmes

Après 25 ans, l’avortement devient moins fréquent. Le recours à l’IVG augmente chez les jeunes femmes (18-25 ans). En revanche, la progression chez les mineures est moins prononcée que dans les années 1990 ou au début des années 2000.

Au moment de l’IVG, les femmes sont un peu plus jeunes qu’avant : 27,5 ans en moyenne en 2011 contre 28,4 ans en 1990. La moitié d’entre elles sont âgées de moins de 26,5 ans.

Les IVG sont de plus en plus concentrées durant la « jeunesse sexuelle ». Cela coïncide avec l’allongement de cette période, qui s’étend entre l’entrée dans la sexualité, plus précoce, et l’arrivée, plus tardive, du premier enfant. Ce recul de la première maternité, les conditions économiques plus précaires et la forte planification des naissances, expliquent sans doute que davantage de jeunes femmes qui n’avaient pas prévu d’être enceintes ne souhaitent pas mener à terme cette grossesse.

Les IVG sont un peu plus précoces

Si, depuis 2001, la loi permet de pratiquer une IVG jusqu’à 12 semaines de grossesse, les avortements ont lieu en moyenne à 6,5 semaines, un peu plus tôt qu’en 1990 et 2005. Plus de la moitié (55 % en 2011) sont désormais réalisés par la méthode médicamenteuse : sa diffusion a contribué à raccourcir les délais.

Depuis 2002, les avortements précoces augmentent, les plus tardifs diminuent. Les femmes les plus jeunes, au chômage ou au foyer, sans enfant ou avec un enfant demeurent celles qui recourent à l’IVG aux durées les plus longues. A l’inverse, les femmes les plus âgées, qui occupent un emploi et ont déjà deux enfants, le font plus tôt.

Moins de femmes ont recours à l’avortement, mais les IVG répétées sont plus fréquentes

Une femme sur trois a recours à l’IVG au cours de sa vie, d’après les conditions observées en 2011. Cette proportion s’élevait à 38 % en 2002. Les avortements concernent moins de femmes, mais se répètent davantage. La probabilité d’une nouvelle IVG après un premier avortement est plus forte qu’avant (41 % en 2011 contre 28 % en 2002). Mais les IVG répétées restent, pour l’ensemble des femmes, minoritaires (14 %).

Encadré 2. Caractéristiques des femmes au moment de l’IVG

Sur 100 femmes ayant eu recours à l’IVG en 2011 :

  • plus de la moitié vivaient seules (51,7 %)
  • plus de la moitié occupaient un emploi (51,6 %), une sur cinq était étudiante ou élève (19 %)
  • près de 43 % n’avaient pas encore eu d’enfants
  • près de 23 % étaient déjà mères d’un enfant, 20,2 % de deux, 14 % de trois ou plus
  • 62,8 % y avaient recours pour la première fois, 26,6 % pour la deuxième fois, 7,2 % la troisième