Accueil > Tout savoir sur la population > Fiches d'actualité > La Chine, un géant démographique aux pieds d'argileContenu La Chine, un géant démographique aux pieds d'argileLa Chine, premier pays au monde par sa population, occupe désormais une place prépondérante sur la scène économique et géopolitique mondiale ; l'intérêt médiatique qu'elle suscite à la veille de la tenue des Jeux olympiques cette année en est une preuve.
![]() Le « bonus démographique » ne durera pas… La Chine détient aujourd'hui un avantage considérable sur ses principaux rivaux : plus de 70 % de la population est d'âge actif, contre 62 % en Inde et 66 % au Brésil, au Japon, en Europe de l'Ouest ou en Amérique du Nord. Elle comprend une faible proportion de personnes dépendantes (enfants ou personnes âgées). Ce « bonus démographique » contribue à stimuler la croissance économique, mais il ne durera pas. Dès 2050, la Chine comptera 70 millions d'actifs de moins qu'à l'heure actuelle. Un déficit de main-d'oeuvre se profile d'ores et déjà dans certains secteurs. ![]() … et le déficit de femmes se confirme La Chine présente une autre caractéristique susceptible de fragiliser sa société : un déficit de femmes. Elle est l'un des rares pays au monde à compter une majorité d'hommes : 106,8 pour 100 femmes en 2005. Ce ratio la place juste derrière l'Inde, qui est le pays le plus « masculin » au monde, avec 107,5 hommes pour 100 femmes en 2005. Élever un fils pour ses vieux jours En dépit de la modernisation économique des dernières décennies, la femme chinoise est toujours jugée inférieure à l’homme. Le système clanique patriarcal, fondement de la société, voulait que l’on se marie tôt et que l’on ait beaucoup d’enfants, surtout des garçons. Aujourd’hui, le clan n’est plus la base de l’organisation sociale, mais son idéologie continue de dominer la vie quotidienne. Si le patrimoine familial n’est plus légalement transmis uniquement aux fils, le mariage patrilocal demeure la règle. Lorsqu’elle se marie, une fille quitte toujours sa famille biologique. Entièrement dévouée à sa belle-famille, elle ne doit plus rien à ses propres parents, pas même de s’occuper d’eux quand ils sont devenus vieux, cette charge incombant aux fils et aux belles-filles. Dans les campagnes, on sait qu’en l’absence de toute pension de retraite, il faut « élever un fils pour préparer sa vieillesse ». Pour des centaines de millions de paysans, un fils est la seule assurance vieillesse, l’unique garantie contre la maladie ou l’invalidité. Déséquilibres sur le marché matrimonial L'enjeu démographique lié au déficit de filles est considérable. S'il concerne surtout, à l'heure actuelle, les filles en bas âge, le déficit finira par se répercuter sur l'ensemble de la pyramide des âges à mesure qu'elles grandiront. Dès le milieu de la prochaine décennie, quand les générations déficitaires en filles atteindront l'âge du mariage, nombre de jeunes hommes auront du mal à trouver une épouse. Une préoccupation forte des autorités chinoises En Chine, diverses lois datant des années 1990 interdisent tout mauvais traitement ou discrimination à l'encontre des filles (infanticide, abandon), de même que la détermination prénatale du sexe et la pratique d'avortements sélectifs. Lancée en 2001, la campagne « Plus de considération pour les filles » cherche à promouvoir l'idée d'égalité des sexes, notamment dans les manuels scolaires, et à améliorer les conditions de vie des familles n'ayant que des filles. Dans certaines régions, par exemple, les couples concernés bénéficient d'un fonds de soutien et sont exemptés d'impôts agricoles et de frais de scolarité obligatoire pour leurs filles, jusqu'à ce qu'elles soient en âge de se marier. Par ailleurs, le gouvernement chinois a mis en place un programme visant à ramener le rapport de masculinité des naissances à un niveau normal en 2010. L'enjeu est notamment de pouvoir mettre un terme à la pratique, encore très ancrée, de l'avortement sélectif au détriment des filles. Contact : Isabelle Attane, courriel : attane@ined.fr Mise à jour : 28 décembre 2010 |
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