Accueil > Tout savoir sur la population > Fiches d'actualité > Le paludisme : des succès récents et des efforts à ne pas relâcherContenu Le paludisme : des succès récents et des efforts à ne pas relâcher![]() En 2010, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait à près de deux cents vingt millions le nombre de personnes malades du paludisme et à 660 000 le nombre de décès associés. Avec une diminution de la mortalité de 25% par rapport à 2000, des progrès considérables ont été accomplis durant la dernière décennie. Pourtant, le paludisme constitue toujours une entrave importante à la transition sanitaire dans une quinzaine de pays du Sud. Plus de neuf décès palustres sur dix, qui touchent essentiellement les enfants, sont concentrés en Afrique subsaharienne. La journée mondiale du paludisme, le 25 avril, est l'occasion de revenir sur cette maladie, les succès réalisés et les perspectives à venir. Paludisme : la maladie Le paludisme est devenu une maladie des pays du Sud
Le paludisme est une maladie très ancienne qui sévirait depuis la Préhistoire et était déjà connue dans l'Antiquité. Il a été éradiqué en Europe dans les années 1940 par des pulvérisations massives au DDT, comme celles réalisées dans les zones littorales de France métropolitaine. Figure 1. Nombre estimé de décès palustres pour mille habitants par pays en 2006 ![]() ![]() Une lutte qui s'est organisée sur plusieurs fronts À ce jour, aucun vaccin n'est encore disponible et la complexité de l'épidémiologie du paludisme rend difficile une stratégie de lutte simple et efficace. Le lancement en 1998 du projet Roll Back Malaria (Faire reculer le paludisme) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a marqué le tournant de la lutte contre le paludisme vers une stratégie prenant en compte les différents facteurs en jeu : clinique et biologique mais aussi socioculturel et économique. La prévention est renforcée avec notamment l'usage de moustiquaires imprégnées d'insecticides pour les femmes enceintes et les enfants et le traitement préventif intermittent durant la grossesse. L'accès à des tests de diagnostic rapide est développé afin de minimiser le recours à un traitement non adapté. Enfin, de nouveaux traitements associant plusieurs molécules minimisant les risques de résistance ont été recommandés et en particulier la combinaison thérapeutique à base d'artémisinine (CTA). Une des principales causes de décès des enfants en Afrique subsaharienne Le paludisme touche essentiellement des pays où les données démographiques et de santé sont lacunaires ce qui ne permet pas une surveillance précise de la maladie. Malgré un recul important du nombre estimé de décès durant la décennie 2000 (25% au niveau mondial), le paludisme est encore responsable de 660 000 décès avec une marge d'incertitude comprise entre 490 000 et 836 000.
![]() Des efforts à ne pas relâcher Pour atteindre les objectifs fixés par l'OMS (réduire de 75% les cas de paludisme d'ici 2015 par rapport aux niveaux de 2000), les financements internationaux se sont nettement accrus : passant de moins de 100 millions de dollars US en 2000 à 1,7 milliard en 2010. Cependant, on constate une stabilisation de ces financements alors qu'on estime les besoins à 5,1 milliards de dollars US. Aujourd'hui, près de la moitié des pays où sévit le paludisme sont en bonne voie d'atteindre les objectifs de l'OMS. Cependant, des millions de personnes continuent à ne pas avoir accès à l'ensemble du dispositif de lutte contre la maladie (prévention, diagnostic et traitement). En Afrique subsaharienne, la proportion de ménages possédant une moustiquaire imprégnée est passée de 3% en 2000 à 53% en 2011, ce qui est considérable, mais le nombre de moustiquaires distribuées a baissé ces deux dernières années alors même que leur efficacité à une durée limitée et qu'elles doivent être renouvelées. La proportion de femmes traitées durant leur grossesse est encore faible. De nombreux cas fébriles sont encore traités par présomption, faute de tests de diagnostic. Enfin, des résistances aux CTA ou aux insecticides utilisés ont été notées. Contact : Géraldine Duthé (Ined UR05 Mortalité, santé, épidémiologie/UMR CEPED) Mise à jour : 24 avril 2013 |
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