Publication en avant-première de deux chapitres de l’ouvrage consacré à l’enquête Violences et rapports de genre (Virage)

Press release Published on 19 November 2019

Réalisée en 2015 auprès d’un échantillon de plus de 27 000 femmes et hommes résidant en ménage ordinaire sur le territoire métropolitain, l’enquête Violences et rapports de genre (Virage) constitue un outil majeur de mesure et d’analyse des violences de genre. L’ouvrage produit par les éditions de l’Ined, à paraître en ligne le 8 mars 2020 puis en librairie au printemps prochain, en restitue les principaux résultats et constitue un socle rénové des connaissances.  Afin d’apporter des éléments pertinents nécessaires aux réflexions en cours sur les violences conjugales et sur les violences au travail, l’Ined publie en avant-première le chapitre sur les parcours conjugaux et celui sur les violences dans la sphère professionnelle.

Quinze ans après l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff), l’enquête Violences et rapports de genre (Virage), réalisée par l’Institut national d’études démographiques, renouvelle les connaissances sur les violences à l’encontre des femmes. Elle apporte des connaissances détaillées sur les violences de genre et décrit les processus de production des violences, les liens entre auteur·e·s et victimes, les rapports de domination et les facteurs déterminants dans l’exposition aux violences, que ce soit au sein de la famille, du couple, durant les études, dans la sphère professionnelle ou dans les espaces publics.

Une enquête innovante
En interrogeant à la fois les femmes et les hommes, l’enquête rend possible la comparaison des déclarations et l’analyse de l’effet des normes de genre sur les violences auxquelles femmes et hommes sont confrontés. En outre, afin d’atteindre des populations difficiles à joindre et mal identifiées dans les enquêtes classiques, le dispositif de collecte aléatoire en population générale a été complété par des enquêtes par Internet auprès des étudiant·e·s, des personnes LGBT, ou encore des personnes ayant contacté des associations de soutien aux victimes. Riche de ses différents volets, l’enquête ouvre des perspectives d’études inédites et fournit des données précieuses sur les conséquences des violences et les recours mis en œuvre par les personnes qui en sont victimes. Leur analyse permet d’en appréhender les effets délétères sur les personnes victimes (parcours scolaires, professionnels, familiaux, affectifs et conjugaux).

Parcours conjugal : des situations asymétriques entre les femmes et les hommes
Quel que soit leur parcours conjugal, avec ou sans interruptions et remises en couple, très peu d’hommes déclarent des faits de violence dans le cadre d’une relation (entre 1 et 3 %) ; ils sont également très peu nombreux à déclarer des faits perpétrés par des ex-partenaires. Ces violences impactent peu leurs parcours. Les femmes rapportent beaucoup plus de violences et de manière très différenciée selon leur histoire conjugale. Celles qui poursuivent une relation unique se distinguent nettement de celles qui ont vécu plusieurs relations et sont sans partenaire à l’enquête, les violences étant un motif fort de rupture (2,2 % vs 12,5 ). Ces violences aux formes multiples, psychologiques, physiques, sexuelles, ont des conséquences fortes et durables sur les parcours de vie féminins, et altèrent des dimensions intimes : peur, sexualité perturbée, remise en couple questionnée voire inenvisageable, pensées suicidaires. Enfin, les violences des conjoints et des ex- partenaires sont relativement similaires (y compris sexuelles). Protéger les femmes et les enfants, pendant la relation comme après la séparation, est crucial.

Violence au travail : un risque systémique
Il s’avère qu’au cours des 12 derniers mois, la violence est extrêmement présente avec 20,1 % des femmes et 15,5 % des hommes qui déclarent au moins un fait de violence. Tout un continuum se dégage, des pressions psychologiques (violences les plus fréquemment déclarées) aux agressions physiques (les moins fréquentes ). Sauf en matière d’atteintes à l’activité professionnelle, les femmes déclarent davantage de faits. De surcroît, la majeure partie des agissements sont subis à plusieurs reprises et/ou les victimes déclarent plusieurs faits. En combinant le nombre de faits et la fréquence, près de 8 personnes sur 10 parmi celles déclarant au moins un fait de violence, se disent victimes de violences multiples et/ou plurielles.
Les auteurs possibles sont nombreux : supérieurs hiérarchiques, collègues, acteurs externes à l’entreprise (fournisseurs, usagers, clientèle…). Les hommes victimes mettent en cause majoritairement des hommes. Quant aux femmes, elles mettent en cause des collègues féminines, des acteurs externes des deux sexes et des supérieurs hiérarchiques aussi bien hommes que femmes. Concernant les violences sexuelles et sexistes, dont sont majoritairement victimes les femmes, elles sont le fait d’hommes de tous statuts. Enfin, bien que les victimes se confient, près de 3 personnes sur 10 subissent des répercussions professionnelles graves et dans 6,5 % des cas seulement, elles obtiennent réparation.

 

Pour en savoir plus :
Vous trouverez, joint à ce communiqué, un dossier de présentation de l’ouvrage comprenant une synthèse des principaux résultats concernant les violences exercées dans la sphère familiale, au sein du couple et au travail, la table des matières du livre, les résumés des chapitres 5 et 7 concernant les violences dans les parcours conjugaux et les violences au travail, ainsi que le texte intégral de ces deux chapitres.

Retrouvez également le contenu de ces deux chapitres sur le site Internet de l’enquête :
https://virage.site.ined.fr/fr/actualites/