Differential mortality and disparities in health

Project focused on intra-population disparities and inequalities in connection with disease and death, drawing on INED expertise on differential mortality, health indicator analysis and the tracking of particular population groups.

Two approaches are used: analysis of gaps in mortality and health between different sub- populations in France using national-scale databases, and tracking of three specific populations with high mortality levels; i.e., a cohort with cystic fibrosis, another with HIV, while the last segment of the study is on the demography and health of twins.

La théorie de la transition sanitaire formalise la dynamique des facteurs sanitaires et sociaux qui ont conduit à l’élévation durable de l’espérance de vie. Les progrès socio- sanitaires ne bénéficiant pas de la même façon à tous, cette dynamique a conduit à des disparités entre pays et au sein des pays. Ce projet se situe à ce deuxième niveau d’observation, et s’intéresse aux écarts entre sous-populations face à la maladie et la mort.

Dans le cadre de la première approche en population générale, les études croisent les axes de stratification habituels pour mieux comprendre les mécanismes en jeu dans les écarts observés entre sous-populations, et prêtent une attention particulière aux phénomènes de sélection et aux biais d’observation.
La deuxième approche regroupe des suivis de populations spécifiques caractérisées par une mortalité plus élevée. Du fait de la moindre létalité des maladies qui accompagne la transition sanitaire, des personnes atteintes à la naissance de maladies graves et parfois invalidantes ont vu leur espérance de vie augmenter de façon spectaculaire. Ces personnes, qui autrefois mouraient jeunes, atteignent de nos jours l’âge adulte, voire le début de la vieillesse. Ces « nouvelles longévités » représentent une avancée considérable, tout en posant des problèmes complexes de nature sanitaire, sociale et économique. D’autres sous-populations, sans être malades, ont vu leur fréquence augmenter grâce aux progrès de la médecine, en lien avec les évolutions sociales : il s’agit par exemple des jumeaux, dont la fréquence a doublé au cours des quarante dernières années. Les facteurs explicatifs relèvent à la fois des avancées de la médecine néonatale, de celles de la procréation médicalement assistée et du report par les femmes des grossesses vers des âges de plus en plus tardifs. L’objectif général des études relevant de cette deuxième approche est de décrire la situation socio- démographique et les inégalités au sein de ces populations.

Etudes en population générale. Parmi les questions posées : le paradoxe de la mortalité des migrants résiste-t-il à la prise en compte de la mobilité de ces populations et des biais d’observation qui en découlent ?
Comment expliquer le « paradoxe de genre » consistant en ce que les femmes vivent plus longtemps mais se déclarent en moins bonne santé ?
Quel est le rôle des facteurs professionnels, celui des facteurs familiaux, et enfin celui des situations de santé ?
Comment ont évolué les différences de tabagisme entre hommes et femmes au fil des générations ?
Comment a évolué le tabagisme après l’immigration en France ?

Suivis de populations spécifiques. Parmi les questions posées pour les cohortes de malades : quelle est la longévité de ces populations ?
Qu’est-ce qui explique que certaines personnes aient une évolution plus favorable que d’autres ?
Quel est le rôle des facteurs de prise en charge thérapeutique, des facteurs sociaux, des facteurs familiaux ?
En ce qui concerne la démographie des jumeaux, on s’intéressera à leur mortalité par cause et à leur devenir, notamment en termes de nuptialité et de fécondité.

Etudes en population générale. L’ensemble de ces études repose sur l’exploitation de grands corpus de données à l’échelle nationale. Pour la mortalité, il s’agit de: l’échantillon démographique permanent (EDP), l’échantillon longitudinal de mortalité (ELM) tiré du recensement de 1999 ; deux échantillons préparés pour ce projet par la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV).
Pour la santé, il s’agit des enquêtes Santé et Itinéraire Professionnel (2006, 2010), l’enquête Baromètre Santé (2005, 2010).

Suivis de populations spécifiques. Les sources sont les suivantes: pour la mucoviscidose, les données biomédicales du Registre Français de la Mucoviscidose (RFM) sont complétées par une seconde source de données sociodémographiques à l’échelle nationale, l’Enquête Mucoviscidose, Famille et Société (EMFS).
Pour la cohorte d’enfants nés avec le VIH dès la naissance, une enquête a porté entre 2012 et 2014 sur un total de 941 adolescents (12-19 ans) suivis dans 20 hôpitaux de toute la Thaïlande, dont 709 ont pu être enquêtés ainsi qu’un échantillon « témoin » de 694 adolescents non infectés.
Pour les jumeaux, les données rassemblées proviennent des informations sur les naissances multiples fournies par les différents instituts nationaux de statistiques ainsi que des statistiques issues des cliniques pratiquant des FIV, rassemblées et publiées par la "European Society of Human Reproduction and Embryology" (ESHRE) et le "International Committee for Monitoring Assisted Reproductive Technology" (ICMART).