Mortality and Health in sub-Saharan Africa

African populations are facing a double burden of diseases: they have not yet managed to totally curb communicable diseases, but they already suffering from noncommunicable diseases. In addition, health inequalities, whether geographical or social, are very pronounced. This project aims to federate research at INED on these differents aspects of health in sub-Saharan Africa.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la plupart des régions du monde ont bénéficié de progrès rapides en matière de santé. L’Afrique subsaharienne est restée en marge de cette transition sanitaire, notamment en raison de l’apparition d’épidémies (VIH surtout), de la recrudescence de maladies infectieuses (paludisme, tuberculose) et de crises économiques et politiques récurrentes. Ces différents facteurs ont surtout ralenti les progrès sanitaires durant la décennie 1990, et une reprise des progrès est enregistrée depuis 2005, grâce à une forte mobilisation internationale et au recours à quelques interventions spécifiques très efficaces. Par exemple, la couverture vaccinale s’est grandement améliorée, la lutte contre le paludisme s’est accélérée avec la diffusion de moustiquaires intégrées et le traitement préventif durant la grossesse, et l’épidémie du VIH/sida est mieux contrôlée grâce à la prévention, et à la généralisation de l’accès au dépistage et aux traitements. Les objectifs du millénaire pour le développement fixés en 2000 sur la baisse de la mortalité maternelle et des enfants n’auront cependant pas été atteints dans cette région du monde. Les objectifs du développement durable fixés en 2015 maintiennent l’attention sur l’insécurité alimentaire, la santé des enfants, la santé maternelle, et la lutte contre les maladies infectieuses. Ils mettent aussi en exergue le besoin de réduire la mortalité liée aux maladies non transmissibles qui survient de manière prématurée dans beaucoup de pays pauvres.

Avec le vieillissement démographique, le poids des maladies non transmissibles (essentiellement maladies cardiovasculaires, cancers, maladies respiratoires et diabète) dans la mortalité augmente. On assiste parallèlement à une montée de maladies dites de sociétés (tabagisme, obésité…) liées aux comportements des individus qui constituent des facteurs de risque de maladies non transmissibles. Dans de nombreuses villes africaines notamment, une part non négligeable de la population est en surpoids. Les individus qui souffrent de ces maladies chroniques vivent en mauvaise santé ou avec des incapacités. Or en Afrique subsaharienne, la prise en charge de ces maladies et de leurs conséquences est inaccessible voire inexistante et la prévention encore balbutiante.

N’ayant pas encore réussi à juguler totalement les maladies transmissibles et déjà en proie aux maladies non transmissibles, les pays africains font ainsi face à un « double fardeau sanitaire ». Par ailleurs, les inégalités de santé, qu’elles soient de nature géographique ou sociale, sont très prononcées. Ce projet-phare a vocation à regrouper des projets impliquant des chercheurs de l’Ined portant sur ces différents aspects de la santé en Afrique subsaharienne.

Les recherches de ce projet se situent principalement dans trois pays de la région : le Sénégal, Madagascar et le Burkina Faso, mais ces travaux éclairent la situation d’ensemble. Ce projet se décompose en deux parties. La première partie regroupe les recherches menées sur la mortalité (niveaux, causes de décès, tendances, inégalités) :
• Transition sanitaire au Sénégal
• Transition sanitaire dans les villes malgaches
• Démographie, mortalité et causes de décès dans le district de Moramanga, Madagascar
• Inégalités de mortalité au Sénégal
• Mortalité dans les quartiers périphériques de Ouagadougou : inégalités face au double fardeau sanitaire

La seconde partie regroupe des études menées sur la morbidité et ses conséquences en particulier chez les adultes (facteurs de risque, inégalités, handicap).
• Inégalités de santé dans les quartiers périphériques de Ouagadougou
• Maladies chroniques à Ouagadougou : prévention des causes et conséquences

La mesure des indicateurs démographiques dans les pays les plus pauvres où la statistique publique est insuffisante est un champ de recherche développé dans le projet phare « Mesures démographiques au sud : de la collecte aux indicateurs » de l’UR 15. Pour étudier la mortalité dans ces pays, de nombreuses sources de données sont mobilisées de manière indépendante ou croisée : enquêtes démographiques et de santé, suivis de population, recensements, état civil lorsqu’il existe.

Ces travaux s’inscrivent dans de nombreuses collaborations existantes que ce soit au niveau local, national ou international. De manière institutionnelle, les instituts nationaux de statistique des pays concernés sont associés. Plusieurs de ces collaborations sont couvertes par le programme européen de mobilités internationales Demography Statistics for Africa (DemoStAf).

List of participants