Hepatitis C, Hepatic cirrhosis and liver cancer

According to WHO, it is estimated that 130-150 millions people are infected with the Hepatitis C virus (HCV) in the world. Since the end of 2013, a new treatment has been developed that can cure the infection after a 3-month course only. Building on the success of the fight against HIV, a public health approach, linking prevention and treatment could be envisionned, in countries like Thailand or Malaisia where 1,500,000 and 500,000 people are infected with HCV, respectively. The objective of this project is to develop a strategy for a targetted HCV screening in the Thai and Malaisian population in the prospect of generalized HCV infection treatment.

D’après l’OMS, 130-150 millions de personnes seraient infectées par le virus de l’hépatite C (VHC) dans le monde. Le VHC est transmis essentiellement lors des expositions à du sang contaminé (usagers de drogue intraveineuse, polytransfusés, contaminations nosocomiales). Après la contamination, 15 à 20% des personnes éliminent leur infection spontanément, alors que les autres développent une maladie hépatique chronique qui évolue vers la cirrhose ou le cancer du foie en une vingtaine d’années. Comme l’infection chronique reste silencieuse pendant plusieurs années, la majorité de ces personnes ne se savent pas infectées. De plus, la persistance de l’infection par VHC est souvent associée à une fatigue chronique, un diabète, une dépression, ou même une atteinte rénale. Depuis décembre 2013, de nouvelles molécules qui bloquent directement la réplication virale, Direct Acting Agents (DAAs), ont révolutionné l’approche thérapeutique de l’hépatite C : le taux de guérison est de plus de 95% après seulement 3 mois de traitement et les effets secondaires sont minimes. Néanmoins, leur prix exorbitant rend ces DAA inaccessibles dans les pays à ressources limitées où vivent la majorité des personnes infectées et dans les pays industrialisés, ils restent réservés aux patients présentant les pathologies les plus avancées. Aucune approche de santé publique qui viserait à changer le cours de l’épidémie n’est envisageable actuellement du fait de ces coûts. Dans des pays comme la Thaïlande, où environ 1,5 million de personnes sont infectées par le HCV ou la Malaisie avec environ 500,000 porteurs du virus, il serait possible d’envisager une approche de santé publique associant prévention et traitement, qui tire les leçons du succès de lutte contre l’infection à VIH. Cela impliquerait de dépister de façon ciblée les personnes à risque, de décentraliser et de simplifier le modèle de soins pour le rendre accessible au niveau primaire. Une telle approche réduirait ainsi la morbidité à court et long terme de l’infection ainsi que la mortalité associée au VHC, mais préviendrait aussi la transmission et serait finalement susceptible d’avoir un impact significatif sur l‘épidémie. Ces deux pays qui ont un système de santé solide, avec accès universel aux soins, peuvent avoir l’ambition d’une approche de santé publique. Les experts du développement pharmaceutique estime que le coût des DAAs est environ 1000 fois plus élevé que le coût de production. La Thaïlande comme la Malaisie développent actuellement des stratégies d’accès à ces médicaments en utilisant tous les outils que leur permettent le droit international : accords de licence volontaires, accords prix/volume, rejet des brevets, mise en œuvre des flexibilités prévues dans les accords sur les droits de propriété intellectuelle touchant au commerce (ADPIC) i.e. licences obligatoires. Mais l’accès à des traitements efficaces, simples, à un prix abordable ne résout pas tous les problèmes. Les tests de dépistage sont coûteux. Il sera nécessaire d’évaluer et de valider des tests simples, utilisables dans des structures de santé décentralisées. De plus, l’identification de personnes qui ne se savent pas infectées et qui souvent appartiennent à des groupes marginalisés est très complexe, et des stratégies coût efficaces doivent être développées pour que le coût du dépistage, même avec des tests simples, n’épuise pas à lui seul le budget dédié au traitement de l’hépatite C.

Développer une stratégie de dépistage ciblé du VHC dans la population de Thaïlande et de Malaisie dans la perspective d’un traitement généralisé de l’infection par le virus de l’hépatite C.

Deux essais cliniques, l’un en Thaïlande et l’autre en Malaisie seront menés par les ministères de la santé des pays respectifs pour démontrer la faisabilité d’une stratégie de traitement décentralisée et simplifiée des patients infectés par le VHC en utilisant la DAA. Dans le cadre de ces deux essais cliniques, les caractéristiques des participants seront recueillies, et les circonstances de leur infection seront documentées. Les informations recueillies et la revue de la littérature serviront de base à l’élaboration, en collaboration avec le service des enquêtes de l’Ined, d’un questionnaire destiné à identifier les personnes les plus à risque d’infection par le VHC. La validité du questionnaire sera évaluée dans le cadre d’une enquête pilote de séroprévalence VHC. A partir des données recueillies dans les centres de santé communautaires urbains et ruraux, une estimation de la taille de la population à risque de sa distribution géographique et démographique sera effectuée qui permettra, avec l’aide du service des enquêtes de l’Ined, l’établissement du plan de sondage. L’enquête proprement dite est prévue en 2017. Elle permettra de vérifier l’efficacité des algorithmes permettant d’identifier les personnes à risque d’infection à VHC. Ce travail sera effectué en partenariat avec les services d’épidémiologie des deux pays concernés.