Intervenant : Maxime Guinepain, chercheur à l'INRAE (Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation & l'Environnement) pour le projet CESAER en partenariat avec l'Unité de recherche LIST de l'Ined (Logement, Inégalités Spatiales et Trajectoires) & pour le projet ANR Oposom, chercheur associé au Laboratoire Géographie-cités, membre du Réseau thématique "Articulation des temps sociaux" de l'Association française de sociologie & enseignant de géographie et économie à l'Université Paris Cité.
Discutante : Marianne Le Gagneur, enseignante-chercheuse chargée de cours à la Faculté des sciences sociales de l'Université de Liège, membre du Laboratoire PragmApolis et chercheuse affiliée au CEET de France (Centre d'Etudes d'Emploi et du Travail).
À la croisée de l’analyse des mobilités et des activités quotidiennes, cette présentation propose de revenir sur deux constats statistiques de prime abord contre-intuitifs : en matière de distance parcourue pour se rendre sur son lieu de travail ou de temps passé sur place, deux métriques associées à un degré de contrainte, ce sont les personnes en emploi les plus favorisées (profession, diplôme, genre…) qui présentent en moyenne les mesures les plus élevées. Elle en propose une interprétation au prisme des rapports sociaux de classe et de genre, en rapprochant deux hypothèses issues des champs de la géographie et de l’urbanisme d’une part (l’ « injonction à la mobilité ») et de la sociologie des temps d’autre part (la « busyness » comme registre de distinction, dont on propose une traduction en français par « affairement »).
La communication s’appuie sur un appareil d’analyses nourries par un ensemble d’enquêtes de mobilités menées en France entre 2009 et 2019, qui renseignent sur une partie des pratiques des travailleurs actifs et en emploi, et permettent une entrée socio-démographique, mais aussi spatiale, assez fine. Ce faisant, la présentation revient sur les parallèles qui lient les enquêtes de mobilité et celles consacrées aux emplois du temps, malgré leurs histoires et leur ancrage disciplinaire différents, et sur les limites d’un tel rapprochement.