Enfance et famille dans les pays du sud

Cet axe de recherche s’intéresse aux transformations de la famille et, en leur sein, à la situation des enfants dans les sociétés du Sud. À travers une diversité de terrains et d’approches, il analyse comment les changements économiques, sociaux et politiques transforment les liens de parenté, les rapports de genre et les rôles familiaux, et façonnent les conditions de l’enfance. Il interroge également le rôle des politiques publiques dans ces transformations, qu’il s’agisse de programmes de lutte contre la pauvreté, de politiques familiales ou de dispositifs visant les enfants. Il inclut aussi des contributions d’ordre plus méthodologique visant à améliorer la mesure des conditions de vie des enfants et des ménages. Les projets qui composent cet axe traitent de la famille ou de l’enfance, mais, pour la plupart, articulent ces deux thématiques selon des approches spécifiques.
Le projet FamilEA : Les transformations de la famille en Afrique de l'Est (The Remaking of the Family in East Africa) analyse les transformations profondes des manières de « faire famille » au Kenya et en Ouganda, à l’interface entre des modèles normatifs parfois contradictoires, pendant la période coloniale comme aujourd’hui. En lien avec l’enfance, il comprend également des recherches sur les pratiques et les perceptions du confiage dans ces deux pays.
Dans la continuité du projet Division du travail dans les couples à Dakar (DISCORD) sont développées des recherches sur les dynamiques familiales et conjugales des capitales ouest-africaines, spécifiquement centrées sur l'organisation domestique des ménages et des couples, et sur la socialisation sexuée des enfants.
Le projet La Bolsa Família, 20 ans après examine, au Brésil, les effets de cette politique sociale emblématique créée sous la présidence de Lula. Il vise à en évaluer l’impact sur les conditions de vie et la scolarisation des enfants, ainsi que sur l’« empowerment » des femmes et les structures familiales.
Dans le monde arabe, le projet Violences conjugales en Tunisie analyse les violences de genre et les normes sociales qui les sous-tendent, en les replaçant dans le cadre des relations familiales et conjugales.
Le projet sur les changements familiaux et la fécondité dans le Maghreb et le Machrek s’intéresse aux tendances récentes de la fécondité et à leurs principaux déterminants (mariage et contraception) ainsi qu’aux effets des contextes sociaux, économiques et politiques sur la constitution des familles.
Enfin, la Base de données sur le travail des enfants et les travaux sur la mesure de la pauvreté infantile proposent des approches innovantes et critiques pour mieux mesurer et comprendre les conditions de vie des enfants dans les pays du Sud.
Les recherches de cet axe s’appuient sur des comparaisons internationales et des analyses de cas approfondies. Elles reposent également sur une grande diversité de sources : archives missionnaires, gouvernementales et administratives, recensements de population, registres d’état civil, enquêtes quantitatives et qualitatives, sites de suivi démographiques. Ces recherches privilégient les croisements de données et l’articulation entre approches quantitatives et qualitatives. On y retrouve les outils de la démographie quantitative, tels que les calculs de probabilités d'agrandissement des familles ou les méthodes de classification, de régression et de décomposition qui permettent d'analyser les liens entre caractéristiques individuelles et collectives. En outre, l’analyse thématique des sources historiques, des entretiens approfondis et des récits de vie occupent une place centrale dans l’éventail des méthodes utilisées. Enfin, la spatialisation des données permet également de mobiliser les outils de la cartographie.
En résumé, en croisant approches démographiques, sociologiques, historiques et qualitatives, cet axe met au centre de ses analyses les liens étroits entre famille et enfance dans les sociétés du Sud.

Liste des membres

Responsable(s)

Description du projet

L’axe porte sur les transformations de la famille et les évolutions de la fécondité dans les pays 

du Sud. Il combine des recherches comparatives à large échelle et sur le temps long, dans le but 

de mettre en évidence des régularités, des convergences ou des particularités mais comporte 

aussi des recherches ciblées sur des contextes spécifiques ou des catégories de population 

atypiques, pour identifier leurs dynamiques propres et les logiques et stratégies sur lesquelles elles reposent.

Le projet comprend à la fois des travaux comparatifs internationaux, à l’échelle du continent ou par régions, des travaux menés sur des pays particuliers ou encore des analyses ciblées sur des populations particulières. Les méthodes utilisées sont celles de l’analyse démographique et des modélisations statistiques, avec des élargissements sur des approches moins classiques, comme les microsimulations, l’exploitation de bases généalogiques ou d’enquêtes biographiques rétrospectives, l’outil cartographique, ainsi que le traitement de matériaux qualitatifs.

Les principales données utilisées sont :

- les bases de données individuelles des grands programmes d’enquêtes : enquêtes démographiques et de santé (EDS/DHS), enquêtes MICS de l’Unicef, enquêtes PapChild/PapFam;

- les bases de données de recensements nationaux : Afrique de l’Ouest, du Nord, de  l’Est, Asie du Sud-Est, Amérique latine;

- les données exhaustives de sites de suivi démographiques en Afrique de l’Ouest : observatoires de population de Bandafassi, Niakhar et Mlomp (Sénégal), de Ouagadougou (Burkina Faso), Suivi longitudinal au Mali (Slam) ;

- des bases de données généalogiques (observatoires du Sénégal et du Mali) ;

- des données issues d’enquêtes spécifiques, notamment biographiques (observatoires de population au Kenya, au Burkina Faso, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Nigéria) ;

- des corpus qualitatifs : entretiens individuels et de groupe (dans différents pays d’Afrique sub-saharienne et d'Afrique du Nord, mais aussi dans d'autres régions du monde (Caucase, Russie, Brésil) ;

- des corpus de statistiques internationales : bases des Nations Unies et des institutions internationales ;

- des données d’état-civil (Maghreb) ;- des enquêtes consommation et enquêtes emploi (Tunisie).

Les comparaisons avec d’autres régions du monde sont menées à partir des données nationales 

accessibles, des recensements disponibles sur Ipums International (notamment pour les pays 

d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et du Machrek, d’Asie du Sud-est et d’Amérique Latine) 

et de collectes de données qualitatives.

Ces travaux seront poursuivis dans ce nouvel axe avec une ouverture vers de nouveaux horizons géographiques : l’Asie du Sud Est, l’Amérique Latine et le monde russe. Il couvre ainsi des contextes très différents, allant de l’Afrique du Nord, où la famille restreinte et le mariage tardif se sont imposés, au milieu rural sahélien où la transition de la fécondité s'amorce doucement, et en passant par des catégories sociales particulières, au cœur de prescriptions et de valeurs conflictuelles, comme les classes sociales intermédiaires, ou les femmes hautement diplômées, parfois portées par des attentes fortes en matière de conjugalité et de parentalité mais freinées par les cadres sociaux et culturels anciens. Le projet pose également de nouvelles problématiques en lien étroit avec les dynamiques familiales en cours en revenant par exemple sur la question de la santé reproductive et les préférences de genre ; la transformation des liens familiaux, les solidarités inter- et intra-générationnelles ; les politiques sociales avec l’accès aux ressources et à l’éducation, la pauvreté, la réussite sociale et l'accomplissement personnel.



Pour les chercheurs qui y participent, la coexistence et la confrontation de modèles (valeurs, normes, rationalités…) différents voire antagonistes constituent une dimension essentielle à la compréhension des transformations contemporaines de la famille. Une des clés pour aborder les changements comme les lenteurs ou les inerties apparentes est alors de s’intéresser aux décalages, aux contradictions entre les options en présence, aux tensions que génèrent les discordances des évolutions et aux contradictions des prescriptions sociales. Une autre consiste à analyser les arbitrages réalisés par les individus, les contournements et les mixités de pratiques pour concilier des exigences concurrentes, et à s’interroger sur les logiques collectives qui en résultent. La démarche implique l’étude du jeu des acteurs et des structures qui les encadrent, en fonction des conditions du moment et de l’histoire qui les orientent. Elle suppose aussi que l’on développe, conjointement à l’observation des tendances centrales, une attention aux « marges » : comportements atypiques, irrationalités apparentes, dynamiques spécifiques de populations particulières.



Le projet comprends trois sous-axes. 

Dans le premier, la transition démographique est envisagée dans différents contextes avec une attention particulière à la santé reproductive et à la maîtrise de la fécondité dont l’évolution est analysée à l’échelle macro et micro, en prenant en compte différents facteurs (âge au mariage, préférences de genre) et moyens (contraception, avortement).



Dans le second, les unions ainsi que la construction et les transformations de la famille et du ménage sont analysées en profondeur afin de mieux comprendre comment la transition démographique a modifié leurs dynamiques. 



Le troisième sous-axe, enfin, met en perspective les dynamiques familiales avec les systèmes de protection sociale en place ou en cours d'introduction dans différentes parties du monde, dans des contextes démo-économiques variés.

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