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Les changements démographiques au Sénégal

Collection : Cahiers

138, 1997, 240 pages

Papier

n° ISBN 978-2-7332-0138-1

24,50 € Acheter
Dédicace
Préface
Résumé général

Chapitre 1. Introduction
Chapitre 2. Contexte géographique et socio-économique
Chapitre 3. Croissance et répartition de la population
Chapitre 4. Fécondité
Chapitre 5. Mortalité
Chapitre 6. Conclusions
Annexe A. Sources des données
Annexe B. Correction des estimations de la fécondité dans le recensement de 1988
Annexe C. Méthode d’analyse de la mortalité des enfants
Annexe D. Les méthodes de l’équilibre de croissance pour l’estimation du taux d’enregistrement des décès d’adultes

Bibliographie
Index


La population de l’Afrique va-t-elle fatalement continuer à croître rapidement pendant des décennies ou s’engager enfin dans la voie des grands changements démographiques, déjà empruntée par les peuples des autres continents ? Et, dans cette éventualité, quand, comment et à quelle vitesse le passage à une faible natalité et à une mortalité basse va-t-il s’effectuer ?

Ce livre contribue à éclairer ces interrogations en examinant la situation d’un pays africain particulier, le Sénégal. Le choix de ce pays tient à l’abondance de données, nationales ou locales, sur sa population ; toutes ont été mises ici à contribution afin de fournir la synthèse la plus récente et la plus complète sur les évolutions démographiques qu’a connues ce pays et sur ses perspectives d’avenir.

La population du Sénégal, près de 8,5 millions d’habitants en 1997, s’accroît à un rythme proche de 2,5 % par an. Cet accroissement rapide s’explique tant par le maintien d’une fécondité élevée – environ 6 enfants par femme en moyenne – que par la baisse de la mortalité.

La fécondité a pourtant légèrement diminué, de près d’un enfant, depuis les années soixante-dix où elle atteignait près de sept enfants par femme. Cette baisse, qui s’est produite presque exclusivement chez les femmes jeunes, résulte d’un mariage plus tardif, lié au progrès de l’instruction chez les filles. Mais l’instruction n’explique pas tout et même les jeunes femmes n’ayant jamais fréquenté l’école ont moins d’enfants.

Cette baisse de fécondité se distingue de celles observées dans d’autres pays d’Afrique, au sud du Sahara, comme le Botswana, le Kenya et le Zimbabwe. Dans ces trois pays, les plus avancés dans ce domaine, le recul de la fécondité est allé de pair avec un recours accru à la contraception moderne. Le Sénégal, par contre, se rapproche plutôt de pays situés au nord du Sahara comme l’Algérie, l’Égypte et la Tunisie, où le premier recul de la fécondité, il y a quinze ou vingt ans, a été dû également, pour l’essentiel, au recul de l’âge au mariage. Mais, alors que cette première baisse a été suivie immédiatement d’une seconde, associée à une diminution substantielle du nombre d’enfants désiré et à une hausse correspondante du recours à la contraception moderne chez les femmes mariées, rien de tel ne s’observe encore au Sénégal où les idéaux en matière de taille de la famille restent élevés et où la contraception est peu répandue. Toute la question, aujourd’hui, est de savoir si le Sénégal va suivre le même cheminement et connaître une seconde phase de baisse de la fécondité.

La vie moyenne est proche de 50 ans au Sénégal en 1997. C’est peu, au regard des autres pays du monde, mais c’est cependant deux fois plus qu’au début du siècle. La mortalité des enfants, sur laquelle on est assez bien renseigné depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a connu un recul constant. De 1945 à 1990, le risque pour un nouveau-né de mourir avant 5 ans a été divisé par trois, passant de 40 % à 13 %. La baisse s’est accélérée vers la fin des années soixante-dix et le début des années quatre-vingt. C’est l’époque où a été appliquée une nouvelle politique sanitaire orientée vers les soins de santé primaires. La multiplication des infrastructures sanitaires dans les régions, alors qu’elles étaient très concentrées dans la capitale, Dakar, et la mise en œuvre du " programme élargi de vaccination " ont joué probablement un rôle important dans cette accélération de la baisse de la mortalité. La rapidité des progrès durant cette période, concomitante de la " politique d’ajustement structurel " adoptée au tournant des années quatre-vingt, suggère que les politiques de rigueur mises en œuvre n’ont pas eu, dans ce pays, l’influence néfaste qu’on aurait pu craindre.

Dans les villes et les campagnes, la mortalité a évolué différemment. Les villes, Dakar en premier, avaient déjà expérimenté une baisse importante de la mortalité dans la première moitié du siècle. La tendance à la baisse s’y est ralentie dans les années soixante-dix et au début des années quatre-vingt. A l’inverse, dans les campagnes, la mortalité est longtemps restée élevée. La baisse ne s’y est amorcée de façon sérieuse qu’à partir des années soixante-dix ou quatre-vingt. Ce mouvement, parti des campagnes proches de Dakar, s’est étendu progressivement à celles qui en étaient plus éloignées. L’extension du programme élargi de vaccination, en 1987, a contribué à accélérer ce recul de la mortalité dans les campagnes et donc à réduire leur retard par rapport aux villes.

Les progrès futurs dépendront beaucoup de la poursuite des programmes sanitaires, en particulier du maintien de l’effort en matière de vaccinations ainsi que d’une amélioration du suivi des grossesses et des conditions d’accouchement, domaines où des progrès restent encore à faire.


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