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Population 2004 n° 2
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Population 2004 n° 2

2004

N° ISBN 2-7332-3052-2

20,00 €
  • Les caractéristiques démographiques et sociales des meurtriers et de leurs victimes. Une enquête sur un département de la région parisienne dans les années 1990. Laurent Mucchielli.
  • Les migrants face au sida : entre gestion des risques et contrôle social. L’exemple de la vallée du fleuve Sénégal. Richard Lalou, Victor Piché.
  • La grippe espagnole de 1918 est-elle responsable du baby-boom de 1920 en Norvège ? Le cas d’un pays neutre. Svenn-Erik Mamelund.

La conjoncture démographique : L’Europe et les autres pays développés

  • Évolution démographique récente des pays développés. Jean-Paul Sardon
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  • L’Union européenne à l’heure de l’élargissement. Alain Monnier
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Bibliographie critique

J.-C. Chesnais S, R. Duroux, A. Filhon, C. Imbert, K. Kateb, L. Kesztenbaum, J. Veron


Les caractéristiques démographiques et sociales des meurtriers et de leurs victimes. Une enquête sur un département de la région parisienne dans les années 1990
Laurent Mucchielli

À partir du dépouillement d’une centaine d’affaires criminelles jugées en cour d’appel dans le sud-ouest de la région parisienne durant dix ans (1987-1996), cet article présente les caractéristiques démographiques et sociales de 122 meurtriers et de leurs victimes. Il met notamment en évidence la très forte surreprésentation des milieux populaires et même des couches les plus pauvres de la population, tant dans la population des meurtriers que dans celle de leurs victimes, ainsi que le poids de l’inactivité et du chômage. Il souligne aussi l’importance des déstructurations familiales (abandons, placements divers) et, plus encore, des conflits familiaux. Sur le plan empirique, ces résultats sont comparés à ceux d’études réalisées dans d’autres pays, notamment l’abondante production quantitative nord-américaine. Sur le plan théorique, cet article rejoint les discussions initiées par des auteurs américains travaillant sur les notions de désorganisation et de désagrégation sociale et par des auteurs français travaillant sur les notions de désaffiliation, de disqualification ou de désinsertion pour proposer de dépasser la seule analyse des caractéristiques sociales et familiales des personnes au moment des crimes afin de considérer leurs histoires de vie et intégrer notamment les composantes familiales et scolaires qui ont marqué toute leur trajectoire.

Les migrants face au sida : entre gestion des risques et contrôle social. L’exemple de la vallée du fleuve Sénégal
Richard Lalou, Victor Piché

Même si de nombreux travaux ont déjà mis en évidence l’existence d’une relation entre mobilité et sida, les mécanismes complexes sous-jacents à cette relation demeurent aujourd’hui mal connus. L’étude présentée ici s’appuie sur une enquête réalisée en 2000 dans la vallée du fleuve Sénégal ; elle examine explicitement le lien entre migration et comportements sexuels à risque en milieu de retour (risque de diffusion) en utilisant un cadre conceptuel qui tient compte : 1) de divers types de mobilité, 2) de contextes sociaux différents et 3) des non-migrants. Le niveau macrosocial est ici représenté par le choix de deux zones de la vallée du fleuve Sénégal fortement contrastées sur les plans de la mobilité et des contextes socio-économiques. De façon globale, les analyses montrent que l’effet net de l’expérience migratoire est significatif dans certains contextes sociaux et selon la position sociale des migrants dans le milieu de retour. Les migrants internationaux échappent au risque social de stigmatisation en optant pour la fidélité, tandis que les migrants internes réduisent les risques d’infection par un usage fréquent du préservatif. L’influence plutôt inhibitrice de la migration sur les pratiques sexuelles à risque en milieu de retour pourrait expliquer la situation favorable du Sénégal où l’épidémie du sida est modérée et relativement stable, comparativement à la plupart des pays de la région. Les actions d’information et d’éducation doivent tenir compte du contexte social en favorisant à la fois des comportements responsables chez les individus et des réponses communautaires tournées vers une protection solidaire.

La grippe espagnole de 1918 est-elle responsable du baby-boom de 1920 en Norvège ? Le cas d’un pays neutre
Svenn-Erik Mamelund

Deux ans après la fin de la première guerre mondiale, les taux de natalité ont enregistré une vive progression en Europe, y compris en Norvège, pays resté neutre lors du conflit. Cet article tente de valider l’hypothèse selon laquelle la responsabilité du baby-boom en Norvège revient plutôt à la grippe espagnole qu’à la fin de la guerre. Alors que les recherches antérieures ont reposé sur des analyses univariées et essentiellement descriptives, cette étude s’appuie sur des analyses multivariées. L’effet propre de la morbidité due à la grippe espagnole sur la fécondité, en contrôlant l’effet de la mortalité, a été estimé pour la période 1918-1920 à partir de données mensuelles régionales. En raison de la neutralité de la Norvège, la guerre n’a pas interféré avec l’effet de la grippe espagnole sur la fécondité et la nuptialité. De surcroît, les données disponibles sont parmi les plus fiables d’Europe, étant donné que l’enregistrement des données démographiques, y compris d’état civil, n’a pas été perturbé par le conflit.

Évolution démographique récente des pays développés
Jean-Paul Sardon

La relative stabilité d’ensemble de la population du continent européen n’est assurée que par la seule croissance de celle de l’Europe occidentale, due pour l’essentiel à l’immigration. En Europe centrale, comme en Europe orientale et en Russie, l’accroissement naturel est négatif, le solde migratoire n’étant positif qu’en Russie. Cette situation s’oppose à celle des États-Unis, où soldes naturel et migratoire sont moins déséquilibrés et largement positifs. Tendances et niveaux de la fécondité sont assez contrastés sur l’ensemble du continent, l’indicateur s’échelonnant en 2002 de 1,10 enfant par femme en Ukraine à 1,97 en Irlande. C’est en Europe centrale et orientale, où se rencontrent les fécondités les plus faibles, que la tendance à la baisse est la plus marquée, même si l’on observe de nettes reprises en Russie, en Estonie, en Lettonie et en Arménie. On observe une décroissance quasi-générale de la descendance finale des femmes, qui reste néanmoins proche du niveau de remplacement aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Cette diminution de la descendance finale s’accompagne d’une augmentation de l’infécondité définitive. En Europe occidentale, la nuptialité continue de se relever dans la plupart des pays ; en Europe centrale et orientale, la chute qui avait suivi l’effondrement des régimes socialistes semble aujourd’hui presque partout enrayée. La durée de vie moyenne continue à progresser dans la quasi-totalité des pays européens. Si l’espérance de vie à la naissance des femmes est dans certains pays d’Europe occidentale (Espagne, Suisse, France et Italie) parmi les plus élevées du monde, elle y reste inférieure de près de 2 ans à celle des Japonaises.

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L’Union européenne à l’heure de l’élargissement
Alain Monnier

L’adhésion de dix nouveaux membres, le 1er mai 2004, a entraîné une augmentation de 74 millions de la population de l’Union européenne, qui atteint désormais 455 millions d’habitants. L’Europe des Six comptait 167 millions d’habitants en 1957. Depuis cette date, la population communautaire a donc augmenté de 288 millions, en raison des élargissements successifs (235 millions) et du mouvement naturel et migratoire de la population (53 millions). Au cours des années récentes, la croissance démographique de l’Europe des Quinze a reposé avant tout sur le solde migratoire (environ 1 million de personnes par an), l’accroissement naturel étant de l’ordre de 0,4 million.
Parmi les nouveaux accédants, les huit pays d’Europe centrale se caractérisent par une croissance démographique négative ou au mieux très faible, résultant d’une fécondité inférieure à celle des pays de l’Europe des Quinze et d’une mortalité plus forte. Compte tenu des tendances passées, le vieillissement démographique de ces pays est un peu moins accentué que parmi les Quinze.
L’Union européenne à 25 représente environ 7,5 % de la population mondiale (mais 16 % au-delà de 60 ans) et un peu plus de 60 % de la population du continent européen. Elle accuse un différentiel de croissance démographique important par rapport aux États-Unis (respectivement 3,2 ‰ et 9,1 ‰).

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