Rechercher une publication

Recherche par collection
Afficher plus de champs
Population 2006, n°4
/fichier/s_rubrique/19808/picto.fr.population.2006.n4.jpg

Population 2006, n°4

2006

N° ISBN 2-7332-3072-7

20,00 €

La conjoncture démographique en France

  • L’évolution démographique récente en France - F. Prioux
    Article en version intégrale dans la boite "téléchargement"
  • Progrès récents de l’espérance de vie en France : les hommes comblent une partie de leur retard - F. Meslé
    Article en version intégrale dans la boite "téléchargement"

Articles

  • Familles nombreuses et couples sans enfant : les déterminants individuels des comportements reproductifs en Italie - L. Mencarini, M. L. Tanturri
  • La légalisation des couples homosexuels en Europe - P. Festy

Notes de recherche

  • La vie sexuelle après une rupture conjugale.Les femmes et la contrainte de l’âge - N. Beltzer, M. Bozon
  • La sous-évaluation de la pratique contraceptive par les enquêtes : un exemple en zone rurale d’Afrique sub-saharienne - E. Guyavarch
  • Analyser les inégalités socio-économiques de santé à partir des données du recensement. L’exemple de la grande prématurité à Paris-Petite couronne - L. Lasbeur, M. Kaminski, P.-Y. Ancel, C. du Mazaubrun, J. Zeitlin, le groupe ÉPIPAGE Paris-Petite couronne

Bibliographie critique coordonnée par W. Berthomière

  • Les diasporas : miroir des États-Nations à l’heure de la globalisation - Analyses de : C. Audebert, W. Berthomière, H. Dubucs, S. J. Gold, K. Kateb, D.
  • Diaspora Politics. At Home Abroad - Mathieu, B. Michalon, A. Pécoud, C. Ratia, M. K. Doraï G. Sheffer
  • Diasporas et espaces transnationaux - M. Bruneau
  • Les diasporas : 2000 ans d’histoire - L. Anteby-Yemeni, W. Berthomière, G. Sheffer
  • Encyclopedia of Diasporas - Immigrant and Refugee Cultures around the World - M. Ember, C. R. Ember, I. Skoggard
  • Spanglish America. Les enjeux de la latinisation des Etats-Unis - J. Cohen
  • The Israeli Diaspora - S. J. Gold
  • Culture and Economy in the Indian Diaspora - B. Parekh, G. Singh, S. Vertovec
  • La diaspora noire des Amériques. Expériences et théories à partir de la Caraïbe - C. Chivallon
  • Palestinians Born in Exile : Diaspora and the Search for a Homeland - J. Hammer

 

La conjoncture démographique en France

L’évolution démographique récente en France
Prioux France

La France métropolitaine compte 61 millions d’habitants au 1er janvier 2006. La population s’est accrue au taux de 5,6 pour 1 000 en 2005, dont près des trois quarts en raison du solde naturel. Depuis 2004, l’immigration en provenance des pays tiers n’augmente plus. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,92 enfant par femme, au deuxième rang en Europe derrière l’Irlande. L’augmentation de l’immigration n’a contribué que pour un tiers au relèvement de la fécondité en France depuis 1997. Au niveau départemental, il n’y a pas de relation entre évolutions de la présence étrangère et de la fécondité. Malgré ce redressement de la fécondité annuelle, la descendance finale des générations nées après 1960 diminue et se rapproche progressivement de 2 enfants par femme. Alors que le nombre de Pacs a progressé de 50 % en 2005, le nombre de mariages est resté stable. En 2003 et 2004, les divorces ont recommencé à augmenter, et l’indicateur conjoncturel de divortialité est maintenant proche de 45 %. La forte baisse de la mortalité est confirmée en 2005, avec une espérance de vie à la naissance de 76,8 ans pour les hommes et de 83,8 ans pour les femmes. En 2004, la chute de la mortalité est particulièrement forte pour les femmes de plus de 65 ans. Depuis 1990, la surmortalité masculine s’est un peu réduite entre 15 et 70 ans, mais au-delà de 70 ans, les progrès ont été plus importants pour les femmes. C’est autour de 45 ans que les progrès sont les plus faibles, en particulier pour les femmes entre 40 et 55 ans.

Article en version intégrale dans la boite "téléchargement"

Progrès récents de l’espérance de vie en France : les hommes comblent une partie de leur retard
Meslé France

Quels que soient le sexe et l’âge, l’espérance de vie n’a quasiment pas cessé d’augmenter en France depuis le début des années 1950. À la naissance, les femmes ont ainsi gagné 14,6 ans d’espérance de vie entre 1950 et 2005 et les hommes 13,3 ans. Au cours des deux dernières décennies, l’écart d’espérance de vie entre les sexes s’est stabilisé et a même commencé à se réduire. Cette réduction tient pour l’essentiel à une accélération des progrès masculins, mais un essoufflement des progrès féminins avant 60 ans est également perceptible. Aux âges les plus élevés, en revanche, les progrès se sont poursuivis à un rythme plus rapide pour les femmes que pour les hommes. Bien que la mortalité tumorale soit en baisse aussi bien pour les femmes que pour les hommes, les cancers arrivent désormais au premier rang des causes de décès, devant les maladies cardio-vasculaires pour lesquelles la mortalité a considérablement diminué. Aux grands âges, la surmortalité exceptionnelle due à la canicule de 2003 n’a interrompu que brièvement une évolution très favorable, essentiellement liée au recul de la mortalité cardio-vasculaire. Les progrès à venir dépendront des succès remportés dans la lutte anti-cancéreuse et dans le contrôle des maladies neuro-dégénératives.

Article en version intégrale dans la boite "téléchargement"

---

Familles nombreuses et couples sans enfant : les déterminants individuels des comportements reproductifs en Italie
Mencarini Letizia, Tanturri Maria Letizia

Les estimations récentes de la fécondité des générations italiennes nées après 1960 révèlent une forte augmentation de la proportion de femmes sans enfant et une proportion élevée de mères ayant un seul enfant. Le groupe des femmes dont la parité est la plus basse (0 ou 1 enfant) est donc désormais plus nombreux que celui des mères de deux enfants. L’objectif de cet article est de dégager le profil des femmes qui n’ont pas reproduit la norme dominante de la famille de deux enfants. L’analyse prend en considération les caractéristiques individuelles de la femme, celles de son conjoint, ainsi que celles du couple durant les premières années de la vie commune. L’article examine les motifs invoqués par les femmes pour expliquer pourquoi elles n’ont pas d’enfant ou pourquoi elles n’en ont pas davantage, et la manière dont elles pourraient réagir à certaines mesures de politique familiale. Cette étude exploite les données d’une enquête réalisée en 2002 dans cinq zones urbaines italiennes. Les résultats montrent que c’est le groupe des femmes sans enfant qui diffère le plus de la catégorie modale des mères de deux enfants. Les facteurs associés à une faible fécondité ou à une fécondité qui s’écarte du standard - entre autres, un niveau d’instruction supérieur et l’absence de pratique religieuse - restent pertinents pour caractériser le comportement reproductif des générations féminines nées vers les années 1960. Il semble que le groupe des mères d’un enfant unique soit le plus susceptible de se laisser influencer par certaines mesures de politique familiale.

La légalisation des couples homosexuels en Europe
Festy Patrick

De 1989 à 2003, neuf pays européens (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède, Pays-Bas, Allemagne, Belgique et France) ont ouvert aux couples homosexuels la possibilité de faire enregistrer leur union devant un représentant de l’État et de contracter ainsi des droits et devoirs légaux. Pour déterminer la fréquence du recours à ces formes de légalisation alternatives au mariage, les outils classiques de mesure doivent être adaptés à une réalité nouvelle qui met en avant des catégories qu’on avait l’habitude de négliger. La légalisation des unions de couples homosexuels est sensiblement moins fréquente que celle des couples hétérosexuels par le mariage, malgré la désaffection qui touche l’institution matrimoniale. Sans doute les lois nouvelles sont-elles jugées tout à la fois trop en deçà des lois sur le mariage pour être attrayantes et trop proches d’elles pour être adaptées à la spécificité des couples qu’elles visent. Par ailleurs, la fréquence des enregistrements dans les différents pays est disparate, bien davantage que ne l’est le recours au mariage. Cependant, les pays qui ont accordé le plus de droits aux couples enregistrés ne sont pas toujours ceux où le recours à la loi est le plus élevé. Enfin, les lois ont été adoptées dans un contexte général de désaffection à l’égard du mariage et de remise en cause des formes familiales classiques. D’où l’hypothèse d’une possible influence de cet environnement sur l’attitude des couples concernés à l’égard des nouvelles législations.

---

Notes de recherche

La vie sexuelle après une rupture conjugale. Les femmes et la contrainte de l’âge
Beltzer Nathalie, Bozon Michel

La plupart des recherches sur l’après-divorce portent sur la remise en couple. Cet article, qui utilise les données de l’enquête ANRS-KABP Sida de 2001, envisage une phase préalable à la remise en couple : la poursuite de la vie sexuelle et amoureuse. Parmi les personnes de 25 à 54 ans ayant connu une séparation conjugale dans les cinq dernières années, quatre sur cinq ont eu au moins un nouveau partenaire sexuel qui, dans un cas sur deux, était engagé dans une relation avec une autre personne. Les hommes ont plus rapidement que les femmes un(e) premier(ère) partenaire, puis un(e) second(e). Par ailleurs, les femmes de plus de 35 ans rencontrent plus tardivement et moins souvent un nouveau partenaire que celles de moins de 35 ans. La durée préalable de vie en couple semble ainsi être un handicap pour elles, alors qu’elle ne l’est pas pour les hommes.

La sous-évaluation de la pratique contraceptive par les enquêtes : un exemple en zone rurale d’Afrique sub-saharienne
Guyavarch Emmanuelle

En Afrique sub-saharienne, les mesures à large échelle, sur l’ensemble d’un pays ou d’une région, montrent que le recours aux méthodes modernes de contraception tend à progresser, mais lentement, donnant l’impression que les évolutions ne peuvent que prendre du temps dans ce domaine. Pour mieux comprendre les raisons de cette faible diffusion, principalement en zone rurale, nous avons étudié de façon détaillée l’histoire de la contraception dans une population rurale du Sénégal, résidant à Bandafassi. En utilisant plusieurs sources d’information, nous avons pu retracer la progression du recours à la contraception année après année et examiner quels en avaient été les facteurs. L’étude présentée ici montre que contrairement aux idées reçues, la contraception peut se diffuser très rapidement dans des campagnes africaines peu favorisées sur le plan socio-économique mais que cette diffusion n’est que difficilement mesurable en raison d’une sous-déclaration importante de la pratique contraceptive et que sa pérennité n’est pas assurée.

Analyser les inégalités socio-économiques de santé à partir des données du recensement. L’exemple de la grande prématurité à Paris-Petite couronne
Lasbeur Linda et al.

L’objectif principal est de montrer que l’analyse des caractéristiques démographiques et socio-économiques des quartiers de résidence permet de rendre compte des inégalités sociales en termes de santé. Nous prenons comme exemple la grande prématurité à Paris et en petite couronne en recourant aux données de l’étude Épipage. Lors du recensement de 1999, l’Insee a mis en place un nouveau découpage infra-communal, nommé Iris-2000, que nous utilisons pour déterminer les caractéristiques des quartiers. L’analyse des inégalités sociales est fondée sur une approche en termes de conditions de vie, qui aboutit à calculer un score de privation à partir des données du recensement en utilisant des variables qui captent le mieux les dimensions de la privation. 31 % des mères qui ont accouché prématurément résident dans les quartiers les plus défavorisés (dernier quartile du score de privation) tandis que 21 % résident dans les quartiers les plus favorisés (premier quartile). Ce surcroît de risque correspond à un odds ratio de 1,5. Nos résultats rejoignent ceux de nombreuses études qui ont montré que l’environnement socio-économique a un impact sur le risque d’accouchement prématuré : moins cet environnement est favorable, plus le risque de naissance très prématurée est élevé. De plus, la méthodologie mise en place pourrait être utilisée pour d’autres pathologies et permettrait d’intégrer la surveillance des inégalités socio-spatiales dans les études épidémiologiques.