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Population 2007, n°2
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Population 2007, n°2

2007

N° ISBN 978-2-7332-3078-7

20,00 €
  • ARTICLES
  • Comment vivre vieux dans un monde vieillissant ? Les personnes âgées en France, 1820-1940 - J. Bourdieu, L. Kesztenbaum
  • Les trois approches de Malthus pour résoudre le problème démographique - D. Rutherford
  • Du désir d’adoption à l’accueil d’un enfant. Une enquête en France - C. Villeneuve-Gokalp
  • Influence des facteurs familiaux et environnementaux sur la longévité au Québec ancien - R. Mazan, A. Gagnon
  • Trop pauvre pour se marier ? Crise de l’emploi urbain et entrée en première union des hommes au Burkina Faso - A.-E. Calvès

NOTE DE RECHERCHE

  • Une forte baisse de l’incapacité en France dans les années 1990 ? Discussion autour des questions de l’enquête Santé - E. Cambois, J.-M. Robine, P. Mormiche

BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE

 

Comment vivre vieux dans un monde vieillissant ? Les personnes âgées en France, 1820-1940
Jérôme Bourdieu, Lionel Kesztenbaum

Comparé aux autres pays européens, le vieillissement de la population a été, en France, particulièrement précoce. Cette évolution affecte aussi bien l’organisation de la société que les liens au sein de la famille. Si l’on observe l’évolution du patrimoine des Français entre 1820 et 1940, on constate que la part de ceux qui meurent sans rien laisser derrière eux augmente, et cette évolution s’observe à tous les âges. Partant de ce double constat, on cherche à analyser les stratégies que déploient les individus âgés pour vivre leur vieillesse, autour de trois types de ressources : les ressources économiques individuelles, les ressources familiales et les ressources publiques. L’analyse montre l’hétérogénéité du groupe des vieux et donc des stratégies de survie mises en œuvre. L’épargne n’est une solution que pour une minorité ; elle permet l’accès à d’autres ressources et constitue notamment une alternative au maintien d’une activité. On montre en outre que les retraites qui se mettent progressivement en place contribuent à un accès plus large à l’épargne. On observe finalement que la part croissante des personnes âgées dans la population française a été accompagnée par un rôle accru des soutiens publics.

Les trois approches de Malthus pour résoudre le problème démographique
Donald Rutherford

L’analyse approfondie que Malthus a consacrée au principe de population - la tendance à la divergence des taux d’accroissement respectifs de la population et des subsistance - dans toute son œuvre, en particulier dans les six premières éditions de son Essai sur le principe de population, suggère plusieurs voies de résolution de ce problème. Pour cerner la vraie nature de sa théorie, il est nécessaire de la disséquer au moyen d’une analyse conceptuelle minutieuse. Il faut examiner les quatre fonctions de l’homme définies par Malthus (le travailleur, le calculateur, le géniteur et le consommateur) pour expliquer les comportements des populations humaines. Le concept de subsistance, comme celui de comportement humain, est une notion complexe. Il revêt plusieurs formes, depuis l’alimentation de base jusqu’au luxe, et il est d’autant plus obscur que Malthus recourt à plusieurs expressions différentes pour le désigner. Dans cet article, le concept de subsistance est analysé dans le cadre du schéma des quatre stades de la croissance économique, développé au XVIIIe siècle. On modélise en général la dynamique démographique d’un pays plutôt que celle de l’ensemble du monde. La conclusion de cette recherche est que, si Malthus admet qu’un pays économiquement avancé peut faire face à sa croissance démographique en se spécialisant dans l’industrie et en important des denrées alimentaires, il écarte cette solution au profit d’un plaidoyer pour un système économique équilibré.

Du désir d’adoption à l’accueil d’un enfant. Une enquête en France
Catherine Villeneuve-Gokalp

Une enquête réalisée dans dix départements français à partir de l’étude de 1 856 dossiers de personnes qui ont terminé une procédure d’adoption en 2001 ou 2002, complétée par une enquête postale, a permis de mieux connaître le déroulement, la durée et l’issue des procédures d’adoption, les caractéristiques démographiques et sociales des candidats et celles qui sont favorables ou défavorables à l’issue de leur démarche. Un candidat sur deux parvient à adopter à l’issue d’une procédure d’une durée moyenne proche de trois ans. Les autres n’obtiennent pas l’agrément, moins parce qu’il leur est refusé (8 %) que parce qu’ils abandonnent leur projet avant (16 %). Un candidat sur quatre obtient l’agrément mais n’adopte pas d’enfant, soit parce que sa demande n’est pas retenue par les autorités chargées des apparentements, soit parce qu’il renonce à son projet, le plus souvent découragé par l’attente ou les difficultés des démarches. Les candidats sont majoritairement des couples sans enfant, stériles, socialement et économiquement favorisés. Les services sociaux ont tendance à privilégier ces catégories au cours de la procédure d’agrément, ce qui contribue à une auto-exclusion des candidats qui anticipent une issue négative à leur demande. Il existe de fortes variations entre départements, mais contrairement aux idées reçues, elles portent moins sur la décision d’agrément que sur la fréquence des abandons ou sur les facilités d’accès à l’adoption internationale.

Influence des facteurs familiaux et environnementaux sur la longévité au Québec ancien
Ryan Mazan et Alain Gagnon

Les données de la démographique historique constituent un excellent cadre pour l’examen des composantes familiales et environnementales de la longévité. À partir des données du Registre de population du Québec ancien, élaboré par le Programme de recherche en démographie historique de l’Université de Montréal, nous avons exploré la relation entre la mortalité des personnes et la longévité de leur fratrie, de leurs parents et de leur conjoint dans une population de colons franco-canadiens nés entre 1625 et 1704. On a également introduit des caractéristiques visant à prendre en compte l’effet des conditions de vie environnementales et sociales. On a, d’une part, retenu l’âge moyen au décès des frères et sœurs ayant vécu plus de 50 ans, et d’autre part, procédé à une simulation de l’effet de la longévité des frères et sœurs indépendamment de la taille de la fratrie. L’utilisation de modèles à risques proportionnels de Cox révèle que la longévité des individus est fortement dépendante de celle de leurs frères et sœurs. Chaque accroissement d’une année de l’âge moyen au décès de ces derniers réduit le risque de mortalité de 2,1 % pour les hommes et de 1,6 % pour les femmes. Certains éléments indiquent en outre que le partage des conditions de vie dans l’enfance mais également à l’âge adulte influe sur cette relation.

Trop pauvre pour se marier ? Crise de l’emploi urbain et entrée en première union des hommes au Burkina Faso
Anne-Emmanuèle Calvès

En s’appuyant sur une enquête biographique détaillée réalisée en 2000 au Burkina Faso (EMIUB), cet article étudie l’effet de la détérioration des conditions d’emploi en milieu urbain au cours des années 1990 sur l’entrée en première union des hommes. Les résultats montrent que la première mise en couple des jeunes citadins est aujourd’hui clairement retardée et que le mode d’entrée en union s’est également transformé. Les périodes d’union libre sont plus fréquentes parmi les hommes de la jeune génération (1965-1974), certaines célébrations matrimoniales sont aujourd’hui reportées ou annulées et l’ensemble du processus matrimonial a tendance à s’étirer dans le temps. Si, pour la génération la plus ancienne (1945-1954), le premier mariage n’était pas une affaire d’argent, pour les hommes de la plus jeune génération, en revanche, l’obtention d’un emploi rémunéré est cruciale pour la formation d’une première union. Les résultats montrent également que, dans un contexte où les emplois urbains sont de plus en plus informels, on assiste à l’émergence d’inégalités face au mariage entre les hommes de la jeune génération selon le type d’emploi qu’ils occupent.

Une forte baisse de l’incapacité en France dans les années 1990 ? Discussion autour des questions de l’enquête Santé
Emmanuelle Cambois, Jean-Marie Robine, Pierre Mormiche

L’enquête Santé française posait en 2002-2003, pour la troisième fois depuis 1980, une question générale sur les « gênes ou handicaps dans la vie quotidienne ». Les réponses obtenues suggèrent une décroissance beaucoup plus rapide qu’auparavant des prévalences de l’incapacité au cours de la dernière décennie, dont l’ampleur dépasse les scénarii les plus optimistes. Ce travail examine plus particulièrement les changements intervenus dans le protocole de la dernière enquête et leur influence possible sur la comparabilité des résultats avec ceux des enquêtes antérieures. L’analyse montre que la question générale de l’enquête de 2002-2003 enregistre surtout des restrictions d’activité sévères et des situations de handicap avérées, donc relativement peu répandues, alors que la formulation visait à recueillir aussi des situations de « simples gênes », bien plus fréquentes. Cette sélection a été plus prononcée dans la dernière enquête que dans les enquêtes précédentes. Au total, la question sur les gênes ou handicaps ne permet pas de poursuivre la série chronologique initiée en 1980, mais elle vient compléter la connaissance des différents types de problèmes fonctionnels à travers les situations de désavantage social qu’elle semble plus spécifiquement refléter.