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Population 2008, n°4
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Population 2008, n°4

2008

N° ISBN 978-2-7332-3090-9

20,00 €
  • ARTICLES
  • Analyse harmonique qualitative ou méthodes d’appariement optimal ? Une analyse exploratoire de trajectoires professionnelles - Nicolas Robette et Nicolas Thibault
  • Les plus faibles mortalités : un prédicteur des progrès à venir ? - Jacques Vallin et France Meslé
  • La mortinatalité : éclairage historique sur des problèmes persistants d’estimation et d’interprétation - Robert Woods


NOTES DE RECHERCHE

  • La distribution des risques environnementaux : méthodes d’analyse et données françaises - Lucie Laurian
  • La concentration spatiale de la population espagnole de 1900 à 2001 : confirmations empiriques - Francisco J. Goerlich et Matilde Mas
  • Les enfants d’immigrés progressent-ils plus vite à l’école ? Le cas français - Héctor Cebolla Boado
  • BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE
  • Femmes, rapports de genre et dynamiques migratoires

 

 

Analyse harmonique qualitative ou méthodes d’appariement optimal ? Une analyse exploratoire de trajectoires professionnelles
Nicolas Robette, Nicolas Thibault 

Les enquêtes biographiques permettent d’analyser un grand nombre de carrières professionnelles individuelles dans leur intégralité. Diverses méthodes statistiques ont été développées pour mesurer les durées de séjour dans un état considéré en fonction de caractéristiques individuelles. Jusqu’aux années 1990, le traitement exploratoire des données avec l’objectif de décrire les parcours dans leur complexité n’avait fait l’objet que de peu d’attention dans la littérature. L’analyse harmonique qualitative et les méthodes d’appariement optimal sont deux méthodes exploratoires qui permettent de construire des typologies de parcours individuels complexes en prenant en compte la séquence des événements et leur durée. On les utilise ici pour reconstituer des typologies des carrières professionnelles des hommes interrogés lors de l’enquête Biographies et entourage (Ined, 2001) afin de comparer l’intérêt respectif de chacune de ces techniques.

Les plus faibles mortalités : un prédicteur des progrès à venir ?
Jacques Vallin, France Meslé

Il ne s’agit pas ici de tenter une fois de plus d’estimer une quelconque mortalité biologique limite au-delà de laquelle aucun être humain ne pourrait vivre mais, de façon beaucoup plus modeste et pragmatique, de mesurer ce que pourrait être l’espérance de vie à la naissance d’une population qui jouirait des taux de mortalité par âge et par cause de décès les plus faibles observés de par le monde à un moment donné. En répétant le même calcul pour différentes époques, on peut voir comment cette espérance de vie évolue avec le temps. C’est ce qui a été fait ici de manière systématique pour chaque année depuis 1950. Deux conclusions majeures s’imposent. D’une part, l’espérance de vie idéale qui ressort d’un tel calcul n’a pas cessé d’augmenter depuis cinquante ans, à un rythme très soutenu, semblable à celui de la meilleure espérance de vie réellement observée. D’autre part, la suspicion d’irréalisme que l’on pouvait nourrir a priori à l’égard d’un tel indicateur s’évanouit lorsque l’on se rend compte que le niveau idéal reflétant les conditions d’une année donnée est atteint et parfois largement dépassé par presque tous les pays avancés 25 ans plus tard, au moins chez les femmes.

La mortinatalité : éclairage historique sur des problèmes persistants d’estimation et d’interprétation
Robert Woods

Cet article traite des différents problèmes d’estimation et d’interprétation relatifs à la mortinatalité (mortalité fœtale tardive). Après avoir passé en revue le rapport de l’Organisation mondiale de la santé intitulé Neonatal and Perinatal Mortality (OMS, 2006), il examine les méthodes utilisées pour le calcul des taux de mortinatalité dans les pays où les données d’état civil ou d’enquête sur la mortalité fœtale font défaut. Il analyse aussi plusieurs tentatives d’estimations historiques, dans le cas de l’Angleterre, à la lumière des résultats de l’OMS et d’autres données contemporaines sur l’Europe du Nord-Ouest. Il envisage les effets respectifs de l’obstétrique (assistance à l’accouchement), de l’environnement sanitaire et de la condition physique de la mère, en mettant particulièrement l’accent sur le premier facteur. Il souligne enfin le peu d’intérêt accordé à la mortalité fœtale par la recherche démographique.

La distribution des risques environnementaux : méthodes d’analyse et données françaises
Lucie Laurian

Les risques sanitaires liés à l’environnement commencent à être reconnus en France. Le ministère chargé de l’Écologie et du Développement durable estime que 30 000 décès prématurés par an et 7 % à 20 % des cancers seraient liés à des facteurs environnementaux, comme les pollutions de sources diffuses (transports, utilisation de pesticides) et localisées (incinérateurs, décharges, sites industriels). Des inégalités sociales en matière d’exposition aux risques environnementaux ont été observées dans de nombreux pays industrialisés (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne). La question se pose donc aussi pour la France : sommes-nous égaux devant la pollution ou bien les populations les plus démunies sont-elles aussi les plus exposées ? Cet article présente un état des savoirs méthodologiques et analytiques sur la distribution sociale des risques environnementaux afin d’alimenter la recherche sur ce sujet en France.

La concentration spatiale de la population espagnole de 1900 à 2001 : confirmations empiriques
Francisco J. Goerlich, Matilde Mas

Cet article traite de l’évolution de la densité de la population en Espagne au cours du XXe siècle. Exploitant une base de données démographiques homogène à l’échelle des municipalités - construite à partir des onze recensements effectués entre 1900 et 2001 - les auteurs examinent, sous divers points de vue, les caractéristiques générales de la concentration de la population. Les résultats corroborent l’hypothèse d’une concentration progressive de la population de l’Espagne au fil du temps, processus qui se poursuit encore aujourd’hui. L’apport essentiel de l’article est qu’il confirme par une analyse quantitative des phénomènes que les spécialistes ont déjà bien décrits en des termes plus généraux.

Les enfants d’immigrés progressent-ils plus vite à l’école ? Le cas français
Héctor Cebolla Boado 

Les enfants d’immigrés progressent-ils plus vite à l’école que ceux dont les parents sont nés en France ? Pour répondre à cette question, cet article exploite des données longitudinales issues du panel d’élèves entrés dans le second degré en France en 1995. Comme le laisse à penser une partie de la littérature, les analyses empiriques sur les performances scolaires dans le premier cycle du secondaire montrent que leurs progrès sont effectivement plus rapides. Cependant, cela ne signifie pas nécessairement qu’ils apprennent davantage ou qu’ils sont plus doués ou plus motivés, comme on pourrait le déduire de l’hypothèse d’une sélection positive. Ce phénomène s’explique par le fait que ces élèves partent de notes plus basses au début de leur parcours scolaire.