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Population 2009, n° 1
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Population 2009, n° 1

2009

N° ISBN 978-2-7332-3092-3

20,00 €

DÉMOGRAPHIE DES RÉGIONS DU MONDE : ÉTAT ET TENDANCES

  • La démographie de l’Asie de l’Est et du Sud-Est des années 1950 aux années 2000. Synthèse des changements et bilan statistique - I. Attané, M. Barbieri 

ARTICLES

  • Des causes aux conséquences du divorce : histoire critique d’un champ d’analyse et principales orientations de recherche en France - A. Lambert
  • L’écart d’âge entre époux en Espagne : tendances de long terme, 1922-2006 - A. Esteve, C. Cortina, A. Cabre
  • L’État et la difficile saisie statistique de la religion : l’exemple des protestants dans les recensements en France au XIXe siècle - C. Dargent

BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE
Ouvrages d’analyse statistique en sciences sociales

 

La démographie de l’Asie de l’Est et du Sud-Est des années 1950 aux années 2000. Synthèse des changements et bilan statistique

Isabelle Attané, Magali Barbieri

Avec ses 2,1 milliards d’habitants, l’Asie de l’Est et du Sud-Est rassemble le tiers de la population mondiale, notamment du fait de la présence de la Chine, pays le plus peuplé du monde, qui compte à elle seule 1,3 milliard d’habitants. Cette chronique propose à la fois une synthèse des grandes évolutions sociodémographiques et sanitaires depuis les années 1950 et un bilan statistique rassemblant les données récentes les plus fiables sur chaque pays. Y sont notamment examinés les effectifs et les structures de la population, la fécondité et ses variables intermédiaires, la nuptialité, la mortalité et la santé, les migrations internationales, l’urbanisation et l’accès à l’éducation. La région se distingue particulièrement par des progrès extraordinairement rapides réalisés tant dans le domaine de la lutte contre la mortalité que dans celui de la maîtrise de la fécondité. L’espérance de vie à la naissance est ainsi passée de 40 à 70 ans depuis le début des années 1950 et, grâce à des programmes de planification familiale souvent très interventionnistes mis en œuvre dans quelques pays, la fécondité est aujourd’hui, dans l’ensemble de la région, inférieure au seuil de remplacement des générations. Cette évolution conduit à de nouveaux défis démographiques dont les plus immédiats sont le vieillissement de la population, la réorientation des flux migratoires et, dans certains pays, un déséquilibre de la structure par sexe lié au recours massif aux avortements sélectifs.

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Des causes aux conséquences du divorce : histoire critique d’un champ d’analyse et principales orientations de recherche en France

Anne Lambert

L’article présente une histoire critique de la constitution du divorce comme objet d’étude sociologique et rend compte des principales orientations actuelles de recherche en France dans ce domaine. Sensible au contexte politique dans lequel elle s’est développée, la sociologie du divorce a longtemps été influencée par des considérations idéologiques, comme en témoigne l’opposition de Durkheim au rétablissement du divorce par consentement mutuel. L’étude sociologique du divorce prend véritablement son essor lors de la refonte du Code civil à la fin des années 1960, alors que se constitue derrière le doyen Carbonnier une équipe de recherche interdisciplinaire chargée de faire progresser la connaissance de la divortialité des Français. La démographie quantitative occupe alors une place centrale dans les recherches. À partir des années 1980, face à la banalisation du divorce dans la société française mais aussi devant le développement des unions sans mariage et des séparations sans divorce, la sociologie du couple connaît un tournant à la fois théorique, méthodologique et épistémologique. Elle se consacre dès lors quasi exclusivement à l’après-divorce, délaissant les causes et les processus de rupture. Une rapide comparaison internationale montre que l’analyse causale et statistique du divorce reste, au contraire, très présente à l’étranger.

L’écart d’âge entre époux en Espagne : tendances de long terme, 1922-2006

Albert Esteve, Clara Cortina, Anna Cabré

Cette étude s’appuie sur les statistiques des registres de mariages pour proposer une analyse descriptive à long terme de l’écart d’âge entre époux en Espagne, de 1922 à 2006. Nous examinons tout d’abord les relations entre l’écart d’âge des conjoints, les tendances des mariages de second rang et l’âge au mariage des hommes et des femmes. Ensuite, par une méthode de standardisation, nous décomposons l’évolution de l’écart d’âge au premier mariage en deux types d’effets : ceux résultant des changements dans la structure par sexe et âge et ceux découlant des préférences individuelles en matière d’âge du conjoint. Les résultats font apparaître un accroissement de l’homogamie d’âge au cours du XXe siècle, principalement dans les trente dernières années, et un recul du mariage traditionnel, dans lequel le mari est plus âgé que sa femme. Même si l’analyse démontre que, dans des circonstances historiques exceptionnelles, les changements dans la composition par sexe et âge des populations de conjoints potentiels ont modifié les schémas d’écart d’âge entre époux, l’explication principale se trouve dans les facteurs liés aux préférences et aux comportements.

L’État et la difficile saisie statistique de la religion : l’exemple des protestants dans les recensements en F rance au XIXe siècle

Claude Dargent

L’exemple des protestants montre qu’il faut prendre les données religieuses produites par les quatre recensements de 1851 à 1872 en France avec beaucoup de précautions. Curieusement, en 1851, la répartition départementale des cultes n’est pas publiée, en raison de « considérations d’une nature particulière » non explicitées. La question sur la religion est ensuite retirée du recensement de 1856 pour réapparaître en 1861 : les rédacteurs se réjouissent alors de la disparition des difficultés « assez graves » rencontrées en 1851. La stabilité du dénombrement de la population réformée telle qu’elle est publiée, les écarts entre le recensement de la population protestante urbaine en 1851 et les chiffres des sources locales, sa très forte croissance sur la période suivante et le fait que la population des réformés annoncée pour ce recensement corresponde exactement au plancher justifiant le nombre de pasteurs rémunérés par l’État en vertu du Concordat font naître une hypothèse : celle d’une importante sous-déclaration des protestants. L’État aurait alors réévalué le nombre obtenu en 1851 de façon à éviter les problèmes politico-religieux qui risquaient de se poser. On assisterait ensuite à un recul de la sous-déclaration à partir de 1861, décalé de quelques années pour Paris.