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Population 2010, n°2
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Population 2010, n°2

2010

N° ISBN 978-2-7332-3102-9

20,00 €
  • ARTICLES
  • Affiliation religieuse et mortalité en Suisse entre 1991 et 2004 - M. Lerch, M. Oris, P. Wanner, Y. Forney
  • Les changements professionnels en France autour de la séparation conjugale - C. Bonnet, A. Solaz, E. Algava
  • Les enquêtes par Internet en sciences sociales : un état des lieux - D. Frippiat, N. Marquis

NOTES DE RECHERCHE

  • La transition de la fécondité en Inde entre 1977 et 2004. Analyse des probabilités d’agrandissement - T. Spoorenberg
  • Les déterminants économiques et non économiques de la migration de retour en Thaïlande rurale - M. Piotrowski, Y. Tong

BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE

  • Gestion des migrations au XXIe siècle : enjeux et tendances récentes

 

Affiliation religieuse et mortalité en Suisse entre 1991 et 2004

Mathias Lerch, Michel Oris, Philippe Wanner et Yannic Forney

Comme d’autres pays européens, la Suisse a connu une diversification de son paysage religieux durant les quarante dernières années, avec un mouvement de retrait à l’égard des institutions traditionnelles et l’essor de religions jadis minoritaires. Tirant avantage du système statistique helvétique qui enregistre la religion de ses résidents lors du recensement et dans l’état civil, les différentiels de mortalité durant la période 1991-2004 sont analysés en fonction de l’appartenance religieuse autodéclarée. Grâce à un appariement des données, il est possible non seulement de porter un regard critique sur leur qualité afin de redresser les estimations agrégées, mais également d’adopter une perspective individuelle et multivariée de la relation entre religion et mortalité par cause de décès. L’analyse indique des écarts significatifs de survie entre groupes d’appartenance, fait qui peut être mis en relation avec des différences de styles de vie. Une interprétation sociologique des résultats permet de conclure à l’existence d’un gradient de la mortalité en fonction de l’intensité de la religiosité des habitants en Suisse.

Les changements professionnels en France autour de la séparation conjugale

Carole Bonnet, Anne Solaz et Elisabeth Algava

En France, comme dans de nombreux pays, les séparations conjugales ont fortement augmenté durant les dernières décennies. Si les conséquences économiques de la séparation ont donné lieu à une littérature internationale fournie, les recherches sur ce thème restent encore rares en France, sans doute par manque de données adéquates. Cet article analyse l’offre de travail des hommes et des femmes lors des deux années qui suivent la première séparation. Afin de disposer d’un échantillon de taille suffisante, deux enquêtes rétrospectives au calendrier professionnel semblable (Jeunes et Carrières 1997 et Familles et Employeurs 2005) sont regroupées. Le recours aux méthodes d’appariement par score de propension permet de comparer les hommes et les femmes ayant connu une séparation à ceux qui sont restés en couple. Pour les hommes séparés, le risque de chômage augmente après la séparation. Les femmes séparées inactives avant la séparation retournent davantage sur le marché du travail que les autres femmes inactives. Cette reprise d’activité est fortement influencée par l’âge des enfants au moment de la rupture d’union, de manière encore plus marquée que pour les femmes restées en couple. Les effets de la séparation sont d’autant plus forts que l’accès au marché du travail est difficile. Ainsi, la hausse de la part d’individus au chômage suite à la séparation s’observe principalement sur la période qui suit 1990. Enfin, les hommes et femmes diplômés (titulaires du baccalauréat et plus) s’avèrent plus protégés des effets de la séparation que les moins diplômés.

Les enquêtes par internet en sciences sociales : un état des lieux

Didier Frippiat et Nicolas Marquis

Les enquêtes en sciences sociales réalisées par Internet ont proliféré durant la dernière décennie, particulièrement dans le domaine de la recherche quantitative. L’intérêt que cette méthode suscite a produit une littérature presque totalement issue du monde anglo-saxon. Il semblait donc indispensable que les débats autour de l’enquête par Internet puissent devenir accessibles au lecteur francophone. À partir d’une revue de la littérature existante, l’article offre un relevé exhaustif des questions soulevées par cette méthode, qui sont de deux types : les problèmes liés aux procédures d’échantillonnage (qui répond aux enquêtes par Internet ?), et ceux concernant l’effet de « mode » généré par ce canal d’enquête (quelle est la qualité des réponses produites ?). Au-delà de quelques éléments de consensus, les analyses des chercheurs sont loin d’être concordantes. Si beaucoup s’accordent pour signaler que l’échantillonnage aléatoire est très difficile à réaliser sur Internet, l’efficacité des procédures de rectification d’échantillon (pondération, poststratification, pondération par l’inverse de la propension à être inclus dans l’échantillon) est fortement discutée. De même, lorsqu’il s’agit de tirer parti des nouvelles possibilités techniques en termes de conception du questionnaire, les recherches démontrant des effets réels reproductibles sont encore peu nombreuses. L’article, qui propose également un relevé de bonnes pratiques, conclut sur les indispensables précautions à prendre lorsqu’est créée une enquête par Internet dans une perspective de recherche en sciences sociales.

La transition de la fécondité en Inde entre 1977 et 2004. Analyse des probabilités d’agrandissement

Thomas Spoorenberg

Cette note de recherche présente un point de vue original sur la transition de la fécondité en Inde par l’analyse des probabilités d’agrandissement du moment. L’évolution de la fécondité par rang de naissance est étudiée de 1977 à 2004 à partir d’environ 300 000 histoires génésiques recueillies lors de trois enquêtes représentatives au niveau national (National Family Health Survey, NFHS) réalisées en 1992-1993, 1998-1999 et 2005-2006. La baisse de la fécondité indienne au cours des vingt-cinq dernières années est essentiellement imputable à la réduction du nombre des naissances de rang 3 et plus, indiquant que le modèle de la famille de deux enfants commence à se diffuser dans le pays. Afin d’évaluer cette méthode, on compare les parités finales moyennes, indicateurs synthétiques calculés à partir des probabilités d’agrandissement du moment, avec l’indicateur synthétique de fécondité calculé à partir du Sample Registration System (SRS). Les résultats fournissent des évaluations pour les niveaux et les tendances de la fécondité tout à fait cohérentes avec les estimations traditionnelles ; les probabilités d’agrandissement du moment constituent donc une méthode alternative pour vérifier la cohérence et la qualité des estimations du niveau de la fécondité provenant d’autres sources.

Les déterminants économiques et non économiques de la migration de retour en Thaïlande rurale

Martin Piotrowski, Yuying Tong

Cette note de recherche analyse les déterminants économiques et non économiques des migrations de retour pour 3 021 jeunes originaires de la campagne thaïlandaise. Cette cohorte est suivie de manière prospective pendant 16 ans, de la préadolescence au début de l’âge adulte, à travers trois vagues d’enquêtes en 1984, 1994 et 2000. Les données proviennent du projet Nang Rong, recherche longitudinale sur l’exode rural menée dans une région agricole du Nord-Est de la Thaïlande. Il s’agit, à partir cette étude, d’aller au-delà de la simple dichotomie économique « succès / échec », et d’analyser les facteurs institutionnels non économiques qui déterminent le retour des migrants. Même si on observe un phénomène de sélection négative du capital humain, les liens avec des membres de la famille d’origine (enfants, conjoint, parents) sont également des déterminants clés du retour. Ces facteurs non économiques, liés à l’environnement familial, ont un impact aussi puissant que les déterminants économiques sur la migration de retour.