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Population 2011, n° 1
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Population 2011, n° 1

2011

N° ISBN 978-2-7332-3108-1

20,00 €

DÉMOGRAPHIE DES RÉGIONS DU MONDE : ÉTAT ET TENDANCES

  • Populations et tendances démographiques des pays européens (1980-2010) - Alexandre Avdeev, Tatiana Eremenko, Patrick Festy, Joëlle Gaymu, Nathalie Le Bouteillec, Sabine Springer

ARTICLES

  • Les femmes qui accouchent sous le secret en France, 2007-2009 - Catherine Villeneuve-Gokalp
  • Logement social et ségrégation résidentielle des immigrés en France, 1968-1999 - Gregory Verdugo
  • Migration internationale et conditions d’habitat des ménages à Dakar - David Lessault, Cris Beauchemin, Papa Sakho

BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE

  • Transformations de la conjugalité

Populations et tendances démographiques des pays européens (1980-2010)

Alexandre Avdeev, Tatiana Eremenko, Patrick Festy, Joëlle Gaymu, Nathalie Le Bouteillec, Sabine Springer

Au cours des trente dernières années, la croissance de la population européenne s’est effectuée à un rythme de plus en plus ralenti. L’excédent naturel des naissances sur les décès n’a cessé de reculer, et l’excédent migratoire représente désormais un apport substantiel, parfois décisif pour le maintien d’une croissance positive. Cette tendance générale est largement partagée par la plupart des pays, à travers un mouvement qui combine recul de la fécondité, progression des espérances de vie et solde migratoire positif en augmentation. À un niveau plus fin d’analyse, on observe une évolution semblable des formes familiales vers moins de mariages et davantage de situations de fait, et un même recul des causes majeures de mortalité, cancéreuses ou cardiovasculaires. Pourtant, il y a moins convergence de ces tendances à travers l’espace européen que répétition à quelques années d’intervalle de ces transformations, les écarts se maintenant entre les pays ou les régions du continent. L’avenir de la population européenne dépendra largement du niveau de la fécondité future : croissance ou décroissance selon qu’elle sera élevée ou faible, quasi-stabilité si elle reste moyenne. Quelle que soit la fécondité des quarante ans à venir, le vieillissement de la population européenne est inéluctable, y compris en cas de poursuite de l’immigration, et des différences notables vont perdurer à travers l’Europe.

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Les femmes qui accouchent sous le secret en France, 2007-2009

Catherine Villeneuve-Gokalp

Chaque année en France, 600 à 700 femmes demandent le secret de leur accouchement. Cette étude, réalisée dans 83 des 100 départements, a permis de rassembler des informations administratives sur 835 accouchements secrets ayant eu lieu de juillet 2007 à juin 2009, et de connaître les caractéristiques sociodémographiques ainsi que le contexte de la grossesse de 739 femmes. À la naissance, 10 % des femmes établissent la filiation, 13 % indiquent leur identité dans le dossier de l’enfant et 29 % y laissent un pli fermé qui, si plusieurs conditions sont remplies, permettra à l’enfant de connaître son identité. Trois « profils » principaux de femmes ont été définis : les « jeunes femmes dépendantes de leurs parents » (25 % des femmes), les « femmes indépendantes » (25 %), et les « femmes seules en situation de précarité » (15 %). L’accouchement secret n’est donc pas seulement le fait de très jeunes femmes « abandonnées » par leur partenaire ou en situation de précarité, même si elles sont effectivement surreprésentées. Dans le délai légal de deux mois après la naissance, 14 % des mères reprennent l’enfant. Les femmes qui reviennent le plus souvent sur leur décision sont celles qui ont dû se séparer de l’enfant sous la pression de contraintes familiales ou économiques. L’accouchement secret étant plus rare chez les femmes qui ont acquis leur indépendance économique ou qui vivent en couple, celles qui y ont recours seraient plus déterminées et se rétracteraient moins souvent.

Logement social et ségrégation résidentielle des immigrés en France, 1968-1999

Gregory Verdugo

Cet article analyse l’évolution de la ségrégation résidentielle des immigrés en France entre 1968 et 1999 et ses liens avec le logement social, dans les unités urbaines de plus de 50 000 habitants et entre ces unités, à l’aide de données issues des recensements. Durant cette période, la ségrégation des immigrés européens et celle des immigrés non européens ont suivi des tendances divergentes. Au niveau macrogéographique, les résultats indiquent une baisse de la concentration des immigrés dans certaines unités urbaines, notamment pour les immigrés non européens vivant en logement social. À l’intérieur des unités urbaines, une ségrégation par origine nationale prédominait en 1968 pour tous les groupes, avant de décliner par la suite, principalement pour les immigrés européens. Quant aux immigrés non européens vivant en logement social, la diminution de la ségrégation par origine nationale a été contrebalancée par une augmentation de la ségrégation par continent ou sous-continent d’origine. La concentration des immigrés de différentes origines nationales dans les logements sociaux de certains quartiers peut en partie l’expliquer. En 1999, les immigrés habitant des logements sociaux, particulièrement les non européens, connaissaient des niveaux de ségrégation plus élevés que ceux vivant en logement privé. Toutefois, les niveaux de ségrégation des différents groupes d’immigrés ne varient pas avec l’ancienneté moyenne de séjour en France.

Migration internationale et conditions d’habitat des ménages à Dakar

David Lessault, Cris Beauchemin, Papa Sakho

Le secteur immobilier est considéré au Sénégal comme le principal débouché des investissements des Sénégalais de l’extérieur. Ainsi, la manne que représentent les transferts des migrants pourrait bien être un facteur d’amélioration des conditions d’habitat des ménages dakarois. C’est l’hypothèse que teste cet article à travers diverses analyses réalisées à partir des données collectées à Dakar dans le cadre de l’enquête Mafe. Sans surprise, les premiers résultats montrent qu’au moment de l’enquête, les ménages avec migrant(s) sont globalement mieux logés que les ménages sans migrant (type de logement, densité, niveau d’équipement). Mais la suite des résultats nuancent l’effet de la migration internationale sur les conditions d’habitat des ménages dakarois. D’une part, l’argent de la migration perçu par les ménages est faiblement utilisé à des fins de construction ou de transformation de l’habitat. D’autre part, l’analyse des conditions d’accès à la propriété des ménages, au moment de l’entrée dans le logement et non à celui de l’enquête, montre l’absence d’influence des migrants. Finalement, les investissements immobiliers des migrants semblent assez peu orientés vers l’amélioration des conditions d’habitat des ménages auxquels ils sont apparentés. Ceci n’empêche pas qu’ils puissent jouer un rôle dans la transformation de l’habitat à Dakar, notamment à travers des investissements locatifs.