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Population 2012, n° 4
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Population 2012, n° 4

2012

N° ISBN 978-2-7332-31180

20,00 €

LA CONJONCTURE DÉMOGRAPHIQUE EN FRANCE

  • L’évolution démographique récente en France : une mortalité relativement faible aux grands âges - France Prioux, Magali Barbieri
  • Évolution des situations familiales à travers les recensements français de 1962 à 2009 - Laurent Toulemon

ARTICLES

  • La durée de vie la plus commune des adultes au XVIIIe siècle : l’expérience des Canadiens-français - Nadine Ouellette, Jean-Marie Robine, Robert Bourbeau, Bertrand Desjardins
  • Réalisation et évolution des intentions de fécondité en trois ans dans quatre pays européens - Balázs Kapitány, Zsolt Spéder

NOTES DE RECHERCHE

  • Estimer les changements de résidence pour permettre les comparaisons internationales - Daniel Courgeau, Salut Muhidin, Martin Bell
  • La diffusion de la cigarette en Allemagne de l’Est et de l’Ouest : une perspective générationnelle - Christina Westphal, Gabriele Doblhammer

BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE

  • Économie et population
L’évolution démographique récente en France : une mortalité relativement faible aux grands âges

France Prioux, Magali Barbieri

La France compte 65,3 millions d’habitants au 1er janvier 2012, dont 1,9 million dans les départements d’outre-mer. La pyramide des âges est un peu plus jeune que celle de l’ensemble de l’Union européenne. L’augmentation de la population se poursuit au même rythme, surtout par l’accroissement naturel. Les immigrés originaires d’Afrique installés en France sont désormais plus nombreux que ceux qui proviennent d’Europe. La fécondité est presque stable en 2011 (2,01 enfants par femme) mais la descendance finale des générations 1971-1972 atteint son minimum historique en France métropolitaine (1,99 enfant par femme). Malgré tout, c’est encore l’une des plus élevés en Europe. Les avortements sont stables et les taux n’augmentent plus chez les plus jeunes. Les mariages sont en baisse et les divorces se sont stabilisés (46,2 divorces pour 100 mariages en 2011). Les risques de divorcer diminuent avec l’âge, mais ont beaucoup augmenté avant 70 ans au cours de la dernière décennie. L’espérance de vie à la naissance (78,4 ans pour les hommes, 85,0 pour les femmes) continue à augmenter au même rythme, principalement grâce aux progrès réalisés aux grands âges. Par rapport aux autres pays européens, la France a la plus faible mortalité au-delà de 65 ans ; elle est moins bien classée pour le niveau de mortalité prématurée.

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Évolution des situations familiales à travers les recensements français de 1962 à 2009

Laurent Toulemon

Les recensements permettent de compter la population et d’en décrire les principales caractéristiques à tous les niveaux géographiques. Grâce à la mise à disposition des données des recensements français, de 1962 à 2006 par le programme IPUMS-I de l’Université du Minnesota, et de 2006 à 2009 sur le site Internet de l’Insee, on peut décrire l’évolution des situations familiales depuis cinquante ans de manière très précise. La proportion d’« enfants » a diminué avec la baisse de la fécondité et le vieillissement de la population. Les autres changements majeurs (augmentation de la part des personnes vivant seules ou en famille monoparentale, raréfaction des situations de corésidence avec des enfants adultes ou des proches) se déclinent de façon différente selon le sexe et l’âge. Les disparités entre groupes sociaux (repérés par la profession, le niveau de diplôme ou le lieu de résidence) et leurs évolutions sont elles aussi souvent fonction du sexe et de l’âge. Le passage à des enquêtes annuelles de recensement offre de nouvelles possibilités d’exploitation des données annuelles, au moins à l’échelle nationale ou régionale, bien que le recensement soit conçu comme le regroupement de cinq vagues annuelles.

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La durée de vie la plus commune des adultes au XVIIIe siècle : l’expérience des Canadiens-français

Nadine Ouellette, Jean-Marie Robine, Robert Bourbeau, Bertrand Desjardins

Au cours des dix dernières années, l’âge modal au décès a pris une place prépondérante au sein des études sur la longévité humaine, notamment parce qu’il renseigne sur la durée de vie la plus commune des adultes, sans être influencé par les conditions de mortalité aux jeunes âges. On connait peu le niveau et l’évolution de l’âge modal au décès des adultes dans les populations du passé. Le Registre de la population du Québec ancien constitue une source de données historiques reconnue pour sa fiabilité, et apporte un nouvel éclairage sur la longévité des adultes au XVIIIe siècle. Les données utilisées, détaillées par sexe et année d’âge, couvrent la période 1740-1799. Afin d’estimer l’âge modal au décès, cette étude utilise une approche de lissage non paramétrique novatrice reposant sur les P-splines reconnue pour sa souplesse et son efficacité. L’analyse révèle que l’âge le plus commun au décès parmi les adultes canadiens-français a augmenté au cours de la période : il est passé d’environ 73 ans à près de 76 ans chez les femmes, et d’environ 71 ans à plus de 74 ans chez les hommes. Les conditions de vie particulières de la population canadienne-française à cette époque pourraient expliquer cet accroissement considérable.

Réalisation et évolution des intentions de fécondité en trois ans dans quatre pays européens

Balázs Kapitány, Zsolt Spéder

Dans quelle mesure les intentions d’avoir un enfant dans un intervalle de temps donné sont-elles réalisées ? Cet article compare quatre pays européens de taille moyenne qui représentent différents régimes de fécondité : les Pays-Bas et la Suisse à l’Ouest, la Hongrie et la Bulgarie à l’Est. En utilisant les données harmonisées de quatre enquêtes de panel effectuées en deux vagues entre 2000 et 2007, on peut construire une typologie des intentions de fécondité et de leurs issues (réalisation, ajournement ou abandon), notamment par l’utilisation des régressions logistiques multinomiales. L’âge est un facteur universel de succès ou d’échec dans la réalisation des intentions : à partir de 35 ans, l’ajournement et l’abandon deviennent fréquents, abandon qui s’accroît généralement avec l’âge. Dans les pays postcommunistes, les jeunes n’ajournent pas leur projet autant que les femmes trentenaires. Les personnes sans enfant ajournent et les parents de plusieurs enfants abandonnent davantage leurs intentions, mais certains pays s’écartent de ce schéma : en Bulgarie, les parents d’un enfant ajournent leurs projets ; en Suisse, les couples sans enfant les abandonnent. Les personnes instruites planifient généralement leur fécondité avec davantage de précision, en particulier lorsqu’on compare les réalisations effectives et les abandons. Les résultats sont différents en Hongrie, où les femmes en emploi et les hommes au chômage sont nettement surreprésentés parmi ceux qui abandonnent leurs projets.

Estimer les changements de résidence pour permettre les comparaisons internationales

Daniel Courgeau, Salut Muhidin, Martin Bell

Cet article envisage divers modèles, tant spatiaux que temporels, afin de permettre une comparaison internationale des niveaux de migration interne entre tous les pays du monde. En premier lieu, parmi les divers modèles spatiaux utilisés, le modèle reliant les migrations aux découpages du territoire permet de résumer simplement cette relation. Mais ses paramètres n’ont pas de signification claire pour une comparaison internationale. En second lieu, le modèle « migrant-migration » permet de ramener des effectifs de migrants, mesurés sur des périodes variables, à un taux instantané indépendant des migrations multiples et des retours survenant sur une période plus large. Dès lors, une comparaison internationale n’est possible que pour les taux instantanés de changement de logement, indicateur classique dont la signification est claire. Les auteurs montrent à l’aide de nombreux exemples que l’utilisation simultanée des deux types de modèles permet, sous certaines conditions, d’estimer de façon approchée un tel taux, que l’on peut relier aux paramètres de ces modèles. Dans certains pays, où l’on dispose d’une mesure directe des changements de logement, la validité des modèles peut être testée et confirmée.

La diffusion de la cigarette en Allemagne de l’Est et de l’Ouest : une perspective générationnelle

Christina Westphal, Gabriele Doblhammer

Fumer est l’un des principaux facteurs de risque pour la santé de la population et la mortalité prématurée. En Allemagne, l’évolution de la consommation de cigarette montre qu’elle s’est propagée selon les principes de la théorie de la diffusion. Cette note de recherche présente des données empiriques sur la propension à commencer à fumer (individus « ayant déjà fumé ») et à cesser de fumer (« anciens fumeurs ») en mettant l’accent sur le rôle du niveau d’études et les différences entre l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest. L’histoire du comportement tabagique est présentée dans une perspective générationnelle. L’analyse repose sur les données de quatre vagues (1995, 1999, 2003 et 2005) du microrecensement allemand (Mikrozensus), qui comprennent des informations sur les habitudes tabagiques actuelles et passées des personnes enquêtées appartenant à des générations nées jusqu’en 1970. L’étude porte sur les proportions de personnes ayant déjà fumé et d’anciens fumeurs par groupe d’âges, selon leur niveau d’études, pour les hommes et les femmes d’Allemagne de l’Est et de l’Ouest, avec des modèles d’interaction permettant de comprendre si ces différences sont significatives. Ces résultats confirment les hypothèses de la théorie de la diffusion en Allemagne : les hommes précèdent les femmes dans le processus de diffusion, et les habitudes tabagiques diffèrent selon le niveau d’études. Concernant les femmes, on constate des différences d’évolution de la consommation entre l’Est et l’Ouest de l’Allemagne.