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Population 2015, n°2
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Population 2015, n°2

2015

N° ISBN 978-2-7332-10543

20,00 €

La masculinisation des naissances. État des lieux et des connaissances
C. Z. Guilmoto

  • Sida et vie religieuse au Malawi : repenser l’influence de la dynamique démographique sur les comportements culturels
    J. Trinitapoli
  • Rapports de genre et pratiques contraceptives au sein des couples palestiniens
    S. Memmi, A. Desgrées du Loû

Théories de la fécondité : des démographes sous influence ?
H. Leridon

Bibliographie critique

La masculinisation des naissances. État des lieux et des connaissances
C. Z. Guilmoto

La masculinisation des naissances est un phénomène récent lié à la sélection prénatale en fonction du sexe.
Cet article fait le point sur l’état de la recherche récente à propos des déséquilibres de sexe à la naissance, ses mécanismes, ses déterminants et ses implications à venir. Les mécanismes qui affectent le rapport de masculinité à la naissance sont présentés en soulignant les facteurs liés à la discrimination sexuelle. Les chiffres disponibles fournissent un tableau des déséquilibres à la naissance depuis les années 1980 dans différents pays d’Asie et d’Europe orientale. On observe également de grandes disparités dans la masculinité des naissances entre rangs de naissance, régions et groupes sociaux, qui s’expliquent avant tout par la conjonction de trois phénomènes : la préférence pour les enfants de sexe masculin héritée des systèmes socio-familiaux, l’émergence de technologies reproductives permettant la sélection prénatale, et la baisse de la fécondité qui accentue les risques de progéniture sans garçon. Les travaux récents analysent également les conséquences démographiques de cette masculinisation des naissances sur la composition future de la population des pays concernés et explorent l’ajustement potentiel des systèmes  sociaux à ces déséquilibres, alors que les réponses politiques à la discrimination prénatale semblent assez peu efficaces. Quelques-unes des principales pistes de recherche à venir sont examinées.

  • Sida et vie religieuse au Malawi : repenser l’influence de la dynamique démographique sur les comportements culturels
    J. Trinitapoli

 Cet article examine les relations réciproques qu’entretiennent la religion et les dynamiques démographiques au Malawi dans un contexte d’épidémie de sida, entre 2001 et 2006. À partir de données inédites sur des chefs religieux et des femmes laïques du Malawi rural, l’analyse montre que les prescriptions religieuses ont été influencées par l’épidémie. Cela se traduit par la prise en compte explicite d’informations relatives au sida dans les prescriptions religieuses en matière de sexualité et de constitution de la famille. Plus surprenant, en revanche, les prescriptions chrétiennes et musulmanes en matière de mariage et de divorce abordent également l’un des dilemmes fondamentaux posés par le sida : le choix entre la stratégie de prévention consistant à quitter un conjoint qui risque d’infecter le/la partenaire et l’obligation maritale, sociale et religieuse de prendre soin des malades. Une doctrine rendant acceptable le divorce, appelée « fenêtre d’opportunité », traduit un effort pour combiner ces objectifs parfois incompatibles que sont la protection des individus vis-à-vis du VIH, la prévention de la propagation de la maladie au sein de la communauté, le maintien de la cohésion sociale et l’extension du contrôle religieux. Mettre en regard la doctrine religieuse avec une crise démographique permet de montrer pourquoi et comment les perceptions locales des phénomènes démographiques peuvent avoir un profond impact culturel.

  • Rapports de genre et pratiques contraceptives au sein des couples palestiniens
    S. Memmi, A. Desgrées du Loû
    Cet article analyse, à travers le prisme des rapports de genre dans les couples mariés, la gestion conjugale du contrôle des naissances dans les Territoires palestiniens où la fécondité reste forte en dépit d’un niveau d’instruction élevée des femmes. À partir de l’analyse des données de la Palestinian Family Health Survey menée en 2006 ainsi que d’entretiens approfondis menés en 2010-2011 auprès d’hommes et de femmes mariés, nous analysons le niveau du recours à la contraception dans les Territoires palestiniens ainsi que ses déterminants, l’influence respective des conjoints dans le choix des pratiques contraceptives selon leurs modes de relations et l’articulation entre les rapports de genre dans le couple et le type de contraception utilisée. Si la pratique contraceptive est généralisée, elle reste subordonnée à une forte valorisation sociale des naissances, en particulier masculines, et ce quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des femmes. Les modes d’organisation conjugale du contrôle de la fécondité sont différentes selon le type de relations conjugales, et dépendent des biographies reproductives des individus. Contraception et procréation impliquent cependant toujours les deux conjoints, et le couple émerge comme principale unité de décision.

  • Théories de la fécondité : des démographes sous influence ?
    H. Leridon

    L’objectif de cet article est de présenter l’évolution des théories de la fécondité à travers 23 textes fondateurs regroupés dans un manuel (Leridon, 2014, Les théories de la fécondité, Ined). Longtemps, la réflexion sur les comportements de fécondité ne put s’appuyer sur des données  statistiques fiables : elle relevait plutôt de la philosophie, de la morale, de la science politique ou de la religion. Il a fallu attendre la naissance des sciences sociales, au xixe siècle, pour que puissent apparaître de véritables théories de la fécondité. Durant cette période, la transition démographique des pays européens et les transformations sociales et économiques qui l’accompagnent induisent de nouveaux comportements démographiques et de ce fait de nouvelles formulations théoriques. Beaucoup de disciplines nouvelles éclairent ces analyses : l’anthropologie, la sociologie, l’économie, la science politique, la psychologie. Paradoxalement, la démographie a tardé à développer des approches théoriques, sans doute parce qu’elle s’est d’abord affirmée comme une science quantitative. Force est alors de constater qu’il n’existe pas aujourd’hui de théorie de la fécondité qui fasse consensus. Ces différentes approches sont présentées à travers une sélection de textes de précurseurs, de théories de disciplines diverses, d’analyses sur la régulation des naissances et des approches de genre.