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Population 2016, n°4
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Population 2016, n°4

42017

22,00 €

Impact de la situation économique sur la mise en couple en France (1993-2008) selon le niveau d’études

Jorik Vergauwen, Karel Neels, Jonas Wood

L’espérance de vie des professions médicales aux Pays-Bas du XVIe au XXe siècle

Frans van Poppel, Govert Bijwaard, Mart van Lieburg, Fred van Lieburg, Rik Hoekstra, Frans Verkade

La préférence pour les fils dans une société de métayers. Composition des fratries selon le sexe et fécondité dans une population italienne prétransitionnelle

Matteo Manfredini, Marco Breschi, Alessio Fornasin

Évaluation de la transition de la fécondité au Bhoutan

Tashi Dorjee, Thomas Spoorenberg

Soixante-dixième anniversaire de la revue Population

Wilfried Rault et Arnaud Régnier-Loilier commentent l’article de 1946 de Jean Bourgeois

Bibliographie critique

Genre : histoire, inégalités (2)

 • Impact de la situation économique sur la mise en couple en France (1993-2008) selon le niveau d’études

Jorik Vergauwen, Karel Neels, Jonas Wood
La mise en couple tardive est considérée comme l’un des principaux canaux par lesquels le contexte économique et la situation vis-à-vis de l’emploi influent sur la fécondité. L’article s’appuie sur des données individuelles longitudinales issues des deux premières vagues de l’enquête française Étude des relations familiales et intergénérationnelles (Generations and Gender Survey, Erfi-GGS), ainsi que des données contextuelles mensuelles sur les taux de chômage par sexe et niveau d’études. Des modèles de durée multiniveau en temps discret sont estimés afin d’évaluer de quelle manière la situation professionnelle individuelle et l’environnement économique ont influencé l’entrée en première union cohabitante chez les jeunes adultes entre 1993 et-2008. Nous cherchons à déterminer si la relation entre, d’une part, la situation professionnelle individuelle et le taux de chômage, et d’autre part, la mise en couple varie selon le sexe et le niveau d’études. Pour les hommes, le fait de ne pas travailler diminue les chances de former une première union cohabitante, quel que soit le niveau d’études. Pour les femmes, l’absence de travail ne retarde la mise en couple que pour celles ayant fait des études supérieures. Un taux de chômage élevé réduit les chances de former une première union pour les hommes ayant fait des études supérieures, tandis qu’aucune relation de ce type n’est constatée chez les femmes.

 • L’espérance de vie des professions médicales aux Pays-Bas du XVIe au XXe siècle

Frans van Poppel, Govert Bijwaard, Mart van Lieburg, Fred van Lieburg, Rik Hoekstra, Frans Verkade
L’augmentation de l’espérance de vie est considérée comme l’un des facteurs déterminants du début de la croissance économique moderne. S’appuyant sur des informations concernant les élites, les historiens de l’économie ont remis en question l’idée, très courante chez les démographes, que l’espérance de vie serait restée plutôt stable jusqu’aux environs de 1800. Les informations sur l’évolution à long terme de l’espérance de vie qui pourraient corroborer cette affirmation demeurent rares. Nous présentons des données sur le corps médical aux Pays-Bas pour étudier l’évolution de l’espérance de vie à l’âge de 25 ans de générations nées entre le XVIe siècle et le début du XXe. En comparant le corps médical avec des groupes sans formation médicale – ecclésiastiques, artistes visuels, notables néerlandais, nobles et patriciens –, nous obtenons des indications sur le rôle qu’a joué la médecine dans le recul de la mortalité. Nous utilisons des modèles biographiques pour estimer la durée de la vie. Nous avons observé des allongements très importants de la survie dans l’ensemble des groupes retenus à partir des générations nées au xviie siècle. Le corps médical n’a pas fait exception à la règle, mais son espérance de vie n’a pas plus augmenté que celle d’autres catégories. Il semble donc que, pendant longtemps, le savoir médical n’ait procuré que des avantages limités à ses détenteurs.

La préférence pour les fils dans une société de métayers. Composition des fratries selon le sexe et fécondité dans une population italienne prétransitionnelle

Matteo Manfredini, Marco Breschi, Alessio Fornasin
Les préférences quant au sexe des enfants et leur lien avec la fécondité ont souvent, voire exclusivement, été étudiées dans des populations transitionnelles ou post-transitionnelles. L’essentiel des études sur le sujet concernent des pays asiatiques, où le patriarcat et la discrimination liée au sexe étaient deux caractéristiques culturelles favorisant une préférence pour les fils. À l’inverse, l’attention s’est très peu focalisée sur les populations prétransitionnelles, dont on considérait que les préférences quant au sexe des enfants étaient satisfaites parce que la taille moyenne des familles complètes y était importante. Mais la société prétransitionnelle des métayers italiens présente les mêmes caractéristiques culturelles que certaines sociétés asiatiques contemporaines : familles patriarcales, fortes inégalités entre les sexes et division stricte des tâches domestiques en fonction du sexe, conduisant à la survalorisation des fils. Cet article analyse la relation entre la répartition par sexe des enfants survivants et la fécondité dans une population de métayers toscans au milieu du xixe siècle, à partir d’une analyse longitudinale des biographies de fécondité des femmes ayant vécu à Casalguidi entre 1819 et 1859.

 • Évaluation de la transition de la fécondité au Bhoutan

Tashi Dorjee, Thomas Spoorenberg
Compte tenu de la situation géographique du pays, de son isolement historique et du nombre restreint de sources de données, nous disposons de connaissances limitées sur le développement démographique du Bhoutan. L’objectif de cette note de recherche est de passer en revue et d’analyser les données retraçant les changements de niveau et de tendance de la fécondité au Bhoutan au cours des 50 dernières années, afin de poser les bases empiriques des futures recherches sur les évolutions de la fécondité. En utilisant les recensements et données d’enquêtes par sondage disponibles, nous appliquons des méthodes directes et indirectes pour estimer la fécondité. En dépit des variations entre les méthodes d’estimation, les différentes séries dressent un tableau assez cohérent des changements de fécondité. La reconstruction des niveaux et tendances de la fécondité au Bhoutan montre que l’indicateur conjoncturel de fécondité atteignait environ 6 enfants par femme jusqu’au milieu des années 1980 et qu’il est rapidement tombé d’environ 5,5 enfants par femme dans les années 1990, puis à un niveau proche du seuil de renouvellement aujourd’hui.