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Population 2017, n°3
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Population 2017, n°3

2017, 185 pages

20,00 €

Secteurs d’activités et professions des gays et des lesbiennes en couple : des positions moins genrées

Wilfried Rault

 À l’intersection du genre et de l’origine nationale : quels sont les parcours professionnels des immigrants sélectionnés au Québec ?

Julie Lacroix, Alain Gagnon, Vincent Lortie

 Effets biologiques du retard à la première maternité et du recours à l’aide médicale à la procréation sur la descendance finale

Henri Leridon

Le début de la transition de la fécondité en Asie centrale

Thomas Spoorenberg

La structure spatiale de la fécondité indienne et ses déterminants

Abhishek Singh, Kaushalendra Kumar, Praveen Kumar Pathak, Rajesh Kumar Chauhan, Adrita Banerjee

Bibliographie critique

Secteurs d’activités et professions des gays et des lesbiennes en couple : des positions moins genrées

Wilfried Rault
Malgré un essor des recherches sur les homosexualités ces dernières décennies, il demeure difficile de caractériser socialement les populations gaies et lesbiennes à partir d’enquêtes réalisées en population générale. Des effectifs suffisants, un échantillon représentatif de la population générale et des indicateurs d’homosexualité et de situations sociales adéquats sont des conditions rarement réunies pour permettre une telle analyse. L’article propose une approche inédite grâce à l’enquête Famille et logements, réalisée en 2011 par l’Insee qui permet, pour la première fois en France, de mettre en oeuvre cette démarche à partir de l’étude des personnes qui déclarent « être en couple ». L’analyse met en évidence un niveau de diplôme élevé des femmes et des hommes qui sont en couple de même sexe, ainsi qu’une relative spécificité de leurs positions professionnelles. Plus présents dans les catégories supérieures de la nomenclature des PCS, les gays et les lesbiennes sont surreprésentés dans les secteurs et PCS mixtes et moins présents dans les catégories très ségréguées et dominées numériquement par leur sexe. De ce point de vue, les personnes en couple de même sexe sont plus distantes des normes de genre.

 À l’intersection du genre et de l’origine nationale : quels sont les parcours professionnels des immigrants sélectionnés au Québec ?

Julie Lacroix, Alain Gagnon, Vincent Lortie
Les différences d’insertion dans l’emploi entre immigrés et natifs sont étroitement liées à l’origine nationale et au genre. Alors que le désavantage des hommes immigrés non occidentaux est souvent expliqué en termes de discrimination et de transférabilité du capital humain, celui des femmes immigrées repose plutôt sur un argumentaire culturel, selon lequel la participation des femmes au marché du travail serait le reflet des rôles de genre dans la région d’origine. En utilisant les données d’enquête sur les travailleurs sélectionnés au Québec, nous examinons la rapidité avec laquelle les immigrés accèdent à l’emploi selon la nationalité et le genre. Ces derniers sont tous des requérants principaux de la catégorie des travailleurs qualifiés au Québec. Les facteurs liés aux « barrières culturelles », censés freiner l’accès des femmes à l’emploi, sont ainsi neutralisés dans l’analyse des différents groupes se destinant au marché du travail. Des modèles de Cox avec interactions montrent que l’effet de genre se juxtapose à celui de l’origine nationale des immigrés et révèlent des différences de genre
pour l’accès au premier emploi, qui sont principalement modulées par les connaissances linguistiques. Au contraire, l’accès à un emploi conforme au niveau d’éducation diffère selon l’origine nationale, indépendamment du genre.

 Effets biologiques du retard à la première maternité et du recours à l’aide médicale à la procréation sur la descendance finale

Henri Leridon
L’évolution de la fécondité dans les pays européens depuis les années 1960 a été marquée par une baisse notable de la descendance finale des générations (plus encore de l’indicateur conjoncturel) et une élévation rapide de l’âge à la première maternité, en général de 3 à 4 ans en une trentaine d’années. Dans le même temps, le recours aux méthodes d’aide médicale à la procréation (AMP) a fortement augmenté. On pourrait donc penser que cette dernière évolution est révélatrice de difficultés croissantes à concevoir, lesquelles pourraient – au moins en partie – résulter du retard dans le calendrier des naissances souhaité par les couples. Pour évaluer l’impact purement biologique du retard dans le calendrier des naissances, et le rattrapage éventuel par les méthodes d’AMP, nous utilisons un modèle de microsimulation, permettant de prendre en compte un grand nombre de paramètres, biologiques et comportementaux. Ces simulations montrent que l’effet biologique du report de 3 à 4 ans de la première naissance sur la descendance finale a été assez limité : entre 0,1 et 0,2 enfant. Quant au recours à l’AMP, il n’a compensé qu’une faible partie de cette diminution, au mieux 10 %.

Le début de la transition de la fécondité en Asie centrale

Thomas Spoorenberg
Cet article étudie l’impact de l’établissement du socialisme à la fin des années 1920 sur le début de la transition de la fécondité en Asie centrale. Les niveaux et tendances de la fécondité des cinq républiques soviétiques d’Asie centrale sont reconstruits en utilisant autant de sources et de méthodes que possible. Les changements et les progrès rapides qui se sont produits à partir des années 1930 dans cette région ont été suivis par une hausse marquée de la fécondité. De manière intéressante, cette augmentation de la fécondité a été circonscrite aux femmes des groupes ethniques autochtones, tandis que la fécondité des femmes d’origine européenne restait stable. Le cas des républiques soviétiques d’Asie centrale permet de voir comment le développement économique et social peut contribuer à éliminer une série d’obstacles biologiques et comportementaux à la reproduction et ainsi stimuler la fécondité. L’étude montre la nécessité de reconstituer l’évolution démographique de long terme dans les pays en développement afin de réexaminer leur transition démographique et de renforcer notre capacité à comprendre le processus de transition de la fécondité à l’échelle mondiale.

La structure spatiale de la fécondité indienne et ses déterminants

Abhishek Singh, Kaushalendra Kumar, Praveen Kumar Pathak, Rajesh Kumar Chauhan, Adrita Banerjee
Cette recherche a pour objectif d’examiner les structures spatiales de la fécondité en Inde et ses déterminants. Nous avons utilisé les données du recensement indien de 2011 et celles de la troisième phase de l’Enquête auprès des ménages au niveau des districts (District Level Household Survey) menée en Inde en 2007-2008. Les variables dépendante et indépendantes sont définies au niveau de chacun des 640 districts composant le territoire indien, conformément au découpage du recensement de 2011. Pour analyser ces données, nous avons recours à l’indice I de Moran, aux indices LISA univarié et bivarié, à la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO) et aux doubles moindres carrés, ainsi qu’à des modèles à terme d’erreur spatiale pour tenir compte des effets de concentration spatiale. Les quatre modèles statistiques ont mis en évidence des relations différentes entre le niveau d’infécondité et le niveau de fécondité selon les districts et les régions. On observe également une association positive entre la préférence pour les garçons à la naissance et la fécondité. Nos résultats montrent l’intérêt des modèles économétriques tenant compte de ces différences spatiales à une échelle géographique fine pour l’analyse des déterminants de la fécondité.