Marie-Caroline Compans

Doctorante
marie-caroline.compans@ined.fr
Secrétariat : Sorya Le Forestier +33(0)1 56 06 20 09

Domaine(s) de recherche

Thèse (titre provisoire):
Devenir parent tardivement. Parcours d'entrée dans la maternité et la paternité après 35 ans.

Sous la direction d'Elise de La Rochebrochard (Inserm, Ined) et
d'Arnaud Régnier-Loilier (Ined)


Résumé :

En France et plus généralement en Europe occidentale, les naissances tardives (après 35 ou 40 ans)
augmentent et sont aussi de plus en plus des premières naissances.
Avec l’âge, les difficultés pour concevoir et la probabilité de rester définitivement sans enfant augmentent, en particulier pour les femmes.
Je m’intéresse alors à ces entrées tardives en parentalité dans le contexte français, caractérisé par une norme parentale relativement forte selon laquelle il est fortement attendu que les individus aient des enfants, et avant un certain âge.
Si l’étude de la fécondité, et en particulier de la fécondité tardive se centre souvent sur la maternité, ce travail propose de questionner une dimension de genre en s’intéressant aussi aux premières paternités sur le tard.

La thèse propose d’abord une réflexion sur les seuils permettant de définir un âge tardif à la première naissance au regard d’une dimension biologique, normative et statistique,
et je retiens les âges de 35 ans pour les femmes et de 38 ans pour les hommes.
Les analyses empiriques menées questionnent ensuite la relative ambivalence selon laquelle les premières maternités et les premières paternités tardives peuvent être comprises par rapport aux normes :
comme un écart choisi à la norme procréative par rapport au « bon âge » pour concevoir ;
ou comme un produit de l’encadrement normatif qui définit les « bonnes conditions » pour avoir un enfant,
mais réunies plus tardivement du fait de changements démographiques affectant le processus de constitution d’une famille
augmentation des séparations et remises en couple, instabilité croissante de la vie professionnelle).
Cette ambivalence est d’abord montrée à partir d’une analyse textuelle menée sur un corpus de médias de la période contemporaine, porteur d’un discours général positif envers la tendance à l’augmentation des parentalités,
malgré la prégnance d’une mise en garde de la part des médecins contre les risques de grossesse.
L’objectif est aussi de comprendre le processus d’entrée tardive en parentalité, et qui il touche selon le genre, le niveau de diplôme, entre générations et selon les parcours professionnels et conjugaux.
Je croise pour cela divers matériaux et méthodes, tant qualitatifs (20 entretiens) que quantitatifs.
Je mobilise notamment des données administratives à partir de l’Échantillon démographique permanent (EDP, Insee, 2016) et des données d’enquête avec l’Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014).
En m’intéressant aux rapports qu’entretiennent les individus avec la norme procréative, quant aux prérequis à la parentalité et à l’âge, tout au long de leurs parcours de vie,
je distingue notamment une phase de report et une phase de rattrapage d’une première naissance sur le tard, deux phases au sein desquelles les dimensions de choix et de contraintes n’ont pas la même importance.
Par ailleurs, la pression que l’âge peut jouer sur les individus (et en particulier sur les femmes),
notamment dans ses dimensions biologiques, peut les amener à recomposer avec la norme procréative, pour légitimer leur comportement procréatif.
Cette renégociation des normes est toutefois plus aisée pour les personnes ayant plus de ressources, les autres restant alors plus souvent définitivement infécondes.

Activités d’enseignement, autres fonctions, titres

Communications :

"Childless at Age 35: a Quantitative Analysis
of Infertility at Midlife using the French
Permanent Demographic Sample"
Postponement of Parenthood Conference, 2-5
septembre 2018, Lac de Côme (poster).

"L'entrée tardive en parentalité : quelle
définition pour quelle signification?",
Congrès de l'AFS, 27-30 août, Aix-en-Provence.

"To have or not to have a child? Educational
differentials in late parenthood and
childlessness across French cohorts (1950-70)",
ECSR 2019 Conference, 12-14 Septembre 2019,
Lausanne




Enseignements :

2017 (S1 - 18h) et 2018 (S1 - 36h):
TD (L1 Socio) : "Lire la sociologie"
Université de Versailles-Saint-Quentin-en-
Yvelines (UVSQ)
Coordination : Yoann Demoli (UVSQ)

2019 (S1 - 36h):
TD (L3 Socio) : "Régimes démographiques I -
Fécondité"
Université de Versailles-Saint-Quentin-en-
Yvelines (UVSQ)
Coordination : Olivia Samuel (UVSQ)

2020 (S2 - 8h):
CM/TD (L3 MIASHS): "Socio-démographie de la
famille et du genre"
Université de Versailles-Saint-Quentin-en-
Yvelines (UVSQ)
Coordination : Olivia Samuel (UVSQ)


Activités d'animation de la recherche
:

2017-2018 : Membre du comité organisateur de la
journée doctorale de l'INED 2018 (24 mai 2018).

2019 : Mobilité doctorale, accueil au Vienna
Institute of Demography (3 mois) sous la
supervision d'Eva Beaujouan (WU)

Depuis 2019 : Membre du Réseau d’Études
Pluridisciplinaires sur les Paternités et les
Maternités (REPPaMa) /
Laboratoire Junior "Parentalités plurielles et
genre" (labellisé par la Cité du Genre).

2019 : Membre du comité organisateur du
colloque "La Fabrique des parents" (6-7
février, Paris-Aubervilliers).

2019 : Discutante de session "Migration et
Santé",
Journée d'Études Internationale sur la Santé
des Populations Vulnérables, 4 Novembre 2019,
Paris.