GeeT : Générations, entourage, espaces et trajectoires

A partir de l’enquête Biographies et entourage de 2001, de l’enquête Famille et logements de 2011, des enquêtes menées en collaboration avec l'ISPF (Recensements de la Polynésie française, enquête Emploi, enquête Feti'i e fenua 2019), mais aussi des enquêtes GGS, SHARE, ainsi que d’entretiens qualitatifs thématiques, le projet phare a pour objectif d’analyser les interactions entre les liens familiaux et les liens résidentiels tissés au cours du temps, d’explorer l’entourage, sa constitution, son rôle et son évolution ; de comprendre ce qui relie les familles aux territoires : comment la famille donne du sens au territoire et inversement la manière dont le territoire produit de la famille. La dynamique des transformations est un élément central de ces travaux dont beaucoup sont basés sur des données relatant des trajectoires biographiques.
Le projet phare comporte trois axes principaux :
(1) Trajectoires, parcours et âge de la vie;
(2) Construction, évolution de l'entourage au long de la vie;
(3) Familles à distance, familles à temps partiel, mobilité et configuration spatiale des familles.

Cet axe s’inscrit dans une double filiation en prolongement des travaux menés sur la famille et l’entourage ainsi que sur le territoire et les mobilités : et de configuration spatiale des échanges familiaux, à partir de diverses sources, notamment l’enquête Biographies et entourage de l’Ined (2001), l’enquête Famille et logements de l’Insee (2011), mais aussi des enquêtes GGS, Share ou encore Feti’i e fenua (Famille, logement et relations familiales à distance en Polynésie française) ISPF, Ined 2019-2020. Cet axe se nourrit également des travaux des projet ANR « LiLi des lieux aux liens : l’espace comme révélateur des fonctionnements familiaux » en mobilisant le concept d’entourage (Bonvalet et Lelièvre (Eds.), 2012.-De la famille à l’entourage) et du projet ANR PASOLO « Personnes Âgées et SOlidarités Locales » ainsi que des futurs travaux du projet ANR ATOLLs « Archipels, Territoires et mObilités famiLiaLes ».
Etant entendu que l’ancrage spatial ne se limite pas au seul point fixe que constitue le logement principal (Imbert et al., 2014). Pour comprendre les rapports entre famille et espace, ce projet s’appuie sur des concepts tels que la famille à distance (Imbert Christophe, Eva Lelièvre, David Lessault (Eds.), 2018.-La famille à distance. Mobilités, territoires et liens familiaux), l’espace résidentiel, défini comme l’ensemble des lieux incluant, outre la résidence principale, les autres résidences temporaires ainsi que celles des parents et des proches mais également l’espace de vie (revisité par Robette, 2009).
Toutes ces approches visent à mieux rendre compte des formes multiples de localisation de l’individu dans l’espace et de ses déplacements. C’est à partir de ce territoire balisé par les logements appartenant aux différents membres de la parenté qui permet à son tour d’analyser le groupe de personnes ainsi reliées, que les mobilités des différents membres de la famille sont appréhendées. En effet, dans un contexte où les liens familiaux ne sont pas déterminés simplement par la position des individus dans la généalogie mais où ils sont électifs et contraints par les choix professionnels, les marchés du logement etc., la manière dont la famille aménage ses territoires en se concentrant en un lieu ou, au contraire, de manière dispersée devient l’un des révélateurs majeurs du fonctionnement des liens familiaux.
Le concept d’entourage qui a montré son opérationalité pour comprendre la complexité et la diversité des liens familiaux actuels vise à élargir le groupe de référence de l’individu en tenant compte des parents, enfants non corésidents, conjoints et fratrie ainsi que de toutes les personnes avec lesquelles l’individu a corésidé à un moment de sa vie (Bonvalet et Lelièvre, 1995 ; Lelièvre et al., 1997). Ce concept fait intervenir trois dimensions : les liens familiaux, le temps et l’espace. Les échanges familiaux construisent une appartenance commune empreinte de réciprocité et de normes d’obligation. L’ensemble des échanges qu’ils induisent s’inscrivent dans la durée et dans un territoire qui évolue. C’est en jouant dans la durée sur l’espace, les distances et les proximités que les individus façonnent ainsi leur entourage. En cela l’axe explore les comportements intergénérationnels et les territoires qui leurs sont liés, les replace dans le temps et les compare non-seulement d’une époque à l’autre mais dans des contextes internationaux variés (Kempeneers et al., 2007).
La question des mobilités et de leur mesure, de la mobilité résidentielle à la migration géographique dont résulte le territoire de la famille à un moment donné est un domaine structurant de cet axe. A la suite des travaux fondateurs de Daniel Courgeau (1978), les analyses des évolutions globales de la mobilité à partir des enquêtes de la statistique publique (enquêtes Logement et Emploi) ont montré des différences par groupe d’âge qui s’accentuent, avec des jeunes de plus en plus mobiles et les plus propices à pratiquer la multirésidence (Imbert et al. 2014), par rapport aux plus âgés, de moins en moins mobiles, ainsi qu’un attrait continu, en France métropolitaine, de l’Ouest et du Sud. Néanmoins, les questions sur la mobilité résidentielle dans le recensement français ont changé plusieurs fois ; et le recensement rénové, jusqu’en 2010, a demandé le lieu de résidence au 1er janvier cinq ans plus tôt et depuis 2011, la question porte sur le lieu de résidence au 1er janvier de l’année précédente. Les transformations du recensement et de ces questions depuis 1999 ne facilitent pas les comparaisons dans le temps, mais la question en usage depuis 2011 permet une estimation plus directe de la mobilité annuelle. En cela l’axe propose d’analyser les trajectoires résidentielles et de réfléchir aux données et mesure de la mobilité.

Le projet se déploie en 3 axes :
Axe 1.Trajectoires, parcours et âge de la vie
Dans cet axe se côtoient des recherches méthodologiques concernant la modélisation des trajectoires individuelles : une analyse par génération et enfin sur le traitement des faits et perceptions, tournants biographiques et âges de la vie.
Axe 2.Construction, évolution de l'entourage au long de la vie. Dans cet axe sont traités les questions de mesure et fonctionnement des espaces de vie des personnes ; de transmission professionnelle sur 3 générations et de redéfinition des rôles sociaux dans la famille étendue, ainsi que le projet ANR PASOLO.
Axe 3. Familles à distance, familles à temps partiel, mobilité et configuration spatiale des familles. Dans cet axe s’inscrit le projet ANR ATOLLs traitant de la reconfiguration des espaces familiaux et des services de l’état (notamment la santé et l’éducation) en Polynésie française.

Les projets s'appuient à la fois sur des enquêtes quantitatives l’enquête Biographies et entourage de l’Ined (2001), l’enquête Famille et logements de l’Insee (2011), mais aussi des enquêtes GGS, Share ou encore Feti’i e fenua (Famille, logement et relations familiales à distance en Polynésie française) ISPF, Ined 2019-2020., ainsi que sur de nombreux entretiens qualitatifs
Outre les analyses statistiques et textuelles classiques, il faut noter que les travaux méthodologiques tiennent une place importante au sein du projet dont ils constituent un socle.