Santé Sexuelle et Reproductive aux différents âges de la vie

Le programme de recherche proposé par l’UR 14 dans le cadre de ce projet phare vise à développer les problématiques de la santé sexuelle et reproductive à tous les âges de la vie, depuis l’adolescence jusqu’aux âges avancés. Les recherches ont toutes en commun la prise en compte du genre et des inégalités sociales, et certaines aborderont la question des inégalités géographiques. Elles reposent sur une approche multidisciplinaire, à l’intersection de la démographie, de la sociologie, de l’épidémiologie, de l’économie de la santé et de la clinique, s’appuyant principalement sur des collaborations entre des chercheurs de l’Ined, de l’Inserm et universitaires. A côté des méthodes classiques classiques basées entre autre sur de grandes enquêtes en population générale comme les enquêtes Ined-Inserm sur la fécondité et la sexualité, nos recherches mobiliseront l’exploitation de bases de données administratives complexes, comme celles de la sécurité sociale ou de l’AP-HP, qui s’ouvrent actuellement à la recherche.

La santé sexuelle et reproductive est une des préoccupations prioritaires en France, comme en témoignent la publication de trois rapports courant 2016 par le Haut Conseil de la Santé publique, le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, et la DREES. La démarche préconisée est celle d’une stratégie nationale dont l’objectif est d’assurer un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social lié à la sexualité, de la naissance jusqu’à la vieillesse pour l’ensemble de la population. La mise en place d’une telle politique va nécessiter d’intégrer les nombreux changements et évolutions sociétales qui conduisent à des mutations profondes, et parfois rapides, dans ce champ de la santé (par exemple avec la crise de la pilule, les débats sur les conditions d'accès à l'AMP ou la sexualité aux âges jeunes et élevés).

Ce projet de recherche s’appuie sur le croisement de deux grandes dimensions structurantes dans nos recherches : les pratiques de santé sexuelle et reproductive (sexualité, contraception, infécondité, infections sexuellement transmissibles) et les âges de la vie (adolescence, âge adulte, vieillissement). Cinq axes seront développés dans les prochaines années :

1) Diversification de l'entrée dans la sexualité et la vie affective chez les jeunes
2) Devenir adulte en étant porteur du VIH ou d'autres maladies chroniques
3) Pratiques contraceptives et histoires génésiques dans un contexte de médicalisation
4) Assistance médicale à la procréation, impact démographique et débats de société
5) Sexualité et vieillissement au regard de l’état de santé, des inégalités sociales et de genre

Méthodologiquement, les recherches en santé sont en pleine mutation et il nous apparaît nécessaire de mieux évaluer les apports et limites des bases de données administratives complexes comme celles de la sécurité sociale pour nos recherches sur les IVG ou les traitements de l’infécondité. En parallèle, nos analyses continueront à être basées sur des enquêtes qualitatives et sur des enquêtes quantitatives Ined-Inserm en population générales, en particulier sur les enquêtes de fécondité et celles sur la sexualité. Le renouvellement de ces enquêtes devra être organisé. Deux grandes dimensions structurent nos analyses : la prise en compte des inégalités de genre et des inégalités sociales, et les comparaisons contextuelles, territoriales ou internationales. Un nouvel axe d’analyse émerge actuellement : la littératie en santé.

Participants