Violences et rapports de genre dans les Outre-mer

Projet d'enquête statistique (suivie d'un volet qualitatif) sur les violences et les rapports de genre dans les régions ultramarines de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion.

Site de l'enquête

La réplication de l'enquête Virage dans les départements d'outremer français répond à un besoin de connaissances exprimé par les pouvoirs publics, ainsi que par divers organismes et structures associatives locaux, sur les violences à l'encontre des personnes et en particulier, contre les femmes. Cette nouvelle enquête s'insère dans la poursuite des recherches scientifiques sur les violences de genre menées en France (suite à la première enquête nationale sur les violences faites aux femmes réalisée en 2000 (ENVEFF)et dans le contexte international des recherches dans ce champ qui s'est structurée au cours des vingt dernières années.

Les objectifs de l'enquête Virage dans les Outre-mer sont d'actualiser et d'approfondir la connaissance statistique des violences de genre. La violence est un phénomène hétérogène qu'il convient de décrire dans la complexité et la diversité de ses formes. Il s'agira de dresser une typologie des violences pour différencier les situations des victimes selon la nature, la fréquence, le contexte et les conséquences des actes subis. Une attention particulière est portée à l'étude des trajectoires des victimes. S'appuyant sur les expériences d'enquêtes antérieures (Enveff Réunion, 2002; Enveff Martinique, 2008) et d'enquêtes dans des domaines concernés par le phénomène des violences (notamment sur la sexualité, la santé, les dynamiques familiales), l'enquête vise à produire des données pertinentes à l'échelle régionale, tout en offrant la possibilité de comparaison avec celle menée dans l'Hexagone.

L'enquête quantitative concerne environ 7 500 répondants, femmes et hommes, âgés de 20 à 69 ans, résidant.e.s en Guadeloupe, en Martinique et La Réunion, et interrogé.e.s par téléphone (CATI). Une phase de travaux qualitatifs aservi à préparer l'adaptation du questionnaire de Virage. Une nouvelle phase, suite à la collecte statistique,permettra de constituer des corpus de données qualitatives sur les rapports de genre, sur les représentations et le vécu et les conséquences des violences, ainsi que sur les leviers pour en sortir. Au niveau local, un travail considérable de sensibilisation du public et des professionnels (magistrats, police et gendarmerie, médecins et autres professionnels de la santé etc.) a été mené au cours des quinze dernières années. Des représentant.e.s de ces différents secteurs professionnels et des intervenant.e.s du milieu associatif ont accompagné la mise en place de l'enquête et participent aux CoPil locaux.