Immigrés chinois à Paris et en région parisienne (ChIPRe)

Au sein de l’UE, la France enregistre l’une des plus fortes croissances de la population d’origine chinoise. Les Chinois vivant en France restent cependant peu visibles dans les recherches et la statistique françaises. Ce projet se concentre sur les personnes nées en Chine vivant à Paris et en région parisienne. Il met en œuvre une méthode d’échantillonnage innovante (Network Sampling with Memory) afin de : recueillir des données quantitatives permettant d’enrichir les connaissances sur les Chinois vivant à Paris ou en région parisienne ; mesurer l’hétérogénéité de cette population (région d’origine en Chine, caractéristiques socio-économiques) ; 3) explorer les liens entre les groupes d’origines géographiques différentes, de même que le rôle des réseaux de sociabilité dans la recherche d’emploi et la mobilité sociale des nouveaux entrants ; tester l'existence d’un modèle « d’assimilation sélective » de la population d’origine chinoise à Paris et en région parisienne ; explorer les déterminants intra/extra communautaires face à l’expérience des discriminations. La perspective de genre est transversale à l'ensemble des analyses.

La population d’origine chinoise en France ne forme pas un groupe homogène du point de vue de ses caractéristiques socioéconomiques et de son incorporation économique et sociale à la société d’accueil. Il existe une forte segmentation de cette population, liée notamment au parcours pré-migratoire, à la région d’origine en Chine et aux ressources et réseaux d’entraide mobilisables dans le cadre d’une éventuelle communauté d’origine.

1) Décrire les caractéristiques socioéconomiques et de la population née en Chine et vivant à Paris ou en région parisienne et en mesurer l’hétérogénéité 2) Décrire les parcours pré- et post-migratoires et mettre au jour les facteurs intervenant dans la décision d’émigrer et dans le choix de la France 3) Décrire les liens entre les groupes d’origine géographique différente, de même que les facteurs éventuels de segmentation (homophilie sociale) 4) Évaluer le rôle des réseaux de sociabilité et des interactions entre pairs dans l’adaptation des immigrants chinois à la société d’accueil (notamment concernant la recherche d’emploi, de logement, etc.) 5) Mesurer les discriminations perçues dans la sphère publique (administration, milieu scolaire ou professionnel, etc.) 6) Mettre au jour les différences entre les sexes et les spécificités de genre dans les processus migratoires et d’adaptation à la société d’accueil

La méthode Network Sampling with Memory (NSM) est particulièrement adaptée pour des enquêtes auprès de populations rares et/ou difficiles à atteindre. Elle permettra de recruter un échantillon susceptible d’être représentatif de la population née en Chine et vivant à Paris ou en région parisienne, où résident les deux tiers des Chinois nés en Chine (RP2015). Elle permettra également de recueillir des données sur la nature, la structure et l’étendue des réseaux de sociabilité des personnes interrogées, qui sont rarement étudiées dans les enquêtes sur la migration malgré leur rôle crucial dans les décisions migratoires et l’adaptation des immigrants à leur société d’accueil.