Mobilités résidentielles

Ce projet porte sur la conjoncture de la mobilité résidentielle en France. Il s'agit d'estimer et d'analyser les tendances actuelles, de les comparer aux estimations obtenues jusqu’à 2006. Ce travail est principalement mené à partir de données de recensement (2013 en particulier) et de données d’enquêtes (enquêtes emploi et logement par exemple).

Des travaux récents montrent, à travers des études localisées, que le mal-logement augmente en France (Dietrich Ragon, 2012) et que les classes populaires propriétaires ont du mal à maintenir leur logement en état et/ou à déménager (Lambert, 2015). Selon l’INSEE (2015 p.85) la part des accédants à la propriété diminue de manière continue. Les taux d’emménagement mesurés à partir des enquêtes logement montrent une décroissance depuis 2002 pour les locataires du secteur libre, et depuis 2008 pour les propriétaires (Pavart, 2015), témoins d’un tassement nouveau de la mobilité résidentielle. A la suite des travaux fondateurs de Daniel Courgeau (1978), Donzeau et Pan Ké Shon (2009), à partir des enquêtes logement et emploi, ont analysé les évolutions globales de la mobilité résidentielle annuelle française de 1973 à 2006, montrant une progression de la mobilité concernant principalement les mobilités de proximité. Les tendances de la mobilité montrent des différences par groupe d’âge qui s’accentuent, avec des jeunes de plus en plus mobiles, par rapport aux plus âgés, de moins en moins mobiles, ainsi qu’un attrait continu de l’Ouest et du Sud. Cette dernière tendance est encore confirmée par une autre mesure entre 2007 et 2012, celle du solde migratoire net estimé par département fournie dans les tableaux directement accessibles sur le site de l’INSEE. Les questions sur la mobilité résidentielle dans le recensement français ont changé plusieurs fois dans les dernières années. Dans les recensements « classiques », on interrogeait les individus sur leur lieu de résidence au 1er janvier de l’année du précédent recensement : en 1999, c’est le lieu de résidence au 1er janvier 1990 qui était demandé. Dans le recensement rénové, jusqu’en 2010, était demandé le lieu de résidence au 1er janvier cinq ans plus tôt. Depuis 2011, la question porte sur le lieu de résidence au 1er janvier de l’année précédente. Les transformations du recensement et de ces questions depuis 1999 ne facilitent pas les comparaisons dans le temps, mais la question en usage depuis 2011 permet une estimation plus directe de la mobilité annuelle. Constatant l’absence de chiffres récents sur les migrations internes, nous proposons de réinvestir ce domaine.

* Produire de nouvelles estimations de la mobilité résidentielle sur le territoire métropolitain et dans les DROM-COM * Analyser les changements observés par rapport aux années précédentes * Mettre en relation ces résultats avec les caractéristiques individuelles des mobiles et des non mobiles ainsi qu’avec celles des lieux de départ et d’arrivée

A partir du recensement de population, éventuellement complété par des analyses de données d’enquêtes (emploi, logement, …), il s’agit de donner un aperçu de la conjoncture de la mobilité résidentielle en France et de ses transformations par rapport aux estimations obtenues jusqu’à 2006. Les difficultés méthodologiques liées à la forme du recensement rénové ne doivent pas être négligées (Pan Ke Shon, 2007), mais les données du premier recensement complet analysable sur la mobilité de l’année précédente (2013) devraient permettre des manipulations concrètes et de premiers résultats. Afin de mettre en relation la situation économique et les mesures de la mobilité, il est nécessaire de travailler à différentes échelles, depuis les migrations interrégionales jusqu’aux changements de résidence, en tenant compte autant que possible PCS, caractéristiques démographiques (âge, sexe, statut matrimonial, etc.) et situations dans le logement (structure du ménage, statut d’occupation) mais aussi des caractéristiques des milieux de départ et d’arrivée et de leur distance.