Aide à un proche en situation de handicap et participation au marché du travail
La fréquence de l’aide à un proche en situation de handicap varie selon le lien familial et s'accompagne d’une moindre présence sur le marché du travail. 8 % des 20-65 ans aident au moins quotidiennement un proche.
Les proches aidants jouent un rôle central dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap nécessitant une aide pour la réalisation des activités de la vie quotidienne. Cet engagement peut toutefois fragiliser les équilibres entre vie professionnelle et vie personnelle et affecter la santé des aidants (Bergeot etal., 2025).
Un engagement dans l’aide presque systématique auprès des jeunes enfants, plus limité auprès des parents.
Le fait de s’impliquer dans l’aide à un proche en situation de handicap (voir fiche 24 pour la définition du handicap), ainsi que l’intensité de l’aide apportée, dépendent du lien familial avec la personne concernée et de l’importance de ses besoins. Lorsque le handicap concerne un parent, le plus souvent non cohabitant, une majorité des 20-65 ans se déclarent non aidants (75 % quand le handicap est modéré, 63 % quand il est sévère). Lorsqu’ils se déclarent aidants, l’aide apportée est généralement hebdomadaire ou plus occasionnelle. Ils s’impliquent davantage quand le parent est concerné par un handicap sévère. Le handicap d’un conjoint, généralement cohabitant, est associé à une implication beaucoup plus fréquente. Lorsque le handicap est sévère, 16 % des personnes déclarent aider leur conjoint tout le temps ou presque et 36 % au moins une fois par jour. C’est lorsque que le handicap concerne un enfant de moins de 16 ans, généralement cohabitant, que l’engagement dans l’aide est le plus marqué. En cas de handicap modéré, 60 % des parents déclarent aider leur enfant tout le temps ou presque ou quotidiennement ; cette proportion atteint 83 % en cas de handicap sévère. Lorsque l’enfant a plus de 16 ans, et qu’il réside plus souvent dans un autre logement, l’implication parentale est moindre, mais reste toutefois fréquente.
Un peu moins d’une personne de 20-65 ans sur quatre aide un proche handicapé.
Au total, 23 % des personnes âgées de 20 à 65 ans déclarent apporter une aide, même occasionnelle, à un parent, un conjoint, un enfant ou un autre proche (frères ou sœurs par exemple) en situation de handicap (Figure). L’intensité de l’aide apportée est toutefois très variable, avec très probablement une sous-déclaration de l’aide occasionnelle. Les proches aidants apportant une aide continue ou quotidienne représentent 8 % de la population âgée de 20 à 65 ans. Cette proportion atteint 17% des 20-65 ans si l’on prend en compte les personnes qui aident un proche au moins une fois par semaine.
Une participation au marché du travail plus faible lorsque l'aide est plus fréquente
Le taux d’emploi diminue avec la fréquence de l’aide, dans des proportions semblables pour les femmes et les hommes (Fig. 3). Les femmes apportant une aide en continu à un proche en situation de handicap présentent ainsi un taux d’emploi inférieur de 16 points de pourcentage aux non aidantes. Chez les hommes cet écart est de 14 points de pourcentage. Cette association peut refléter des mécanismes multiples : l’exercice d’une activité professionnelle peut limiter les possibilités d’implication dans l’aide, tandis que répondre aux besoins d’aide d’un proche en situation de handicap peut, à l’inverse, conduire une partie des aidants à quitter le marché du travail.
Référence(s)
Auteur : Roméo FONTAINE, Laurie RACHET JACQUET
Source : Bergeot J., Blaise M., Juin S., Le Forner H. 2025. Informal Caregiving Within the Household and Family. In Zimmermann, K.F. (eds), Handbook of Labor, Human Resources and Population Economics. Springer.
Fiche complète "Aide à un proche en situation de handicap et participation au marché du travail"
Liste complète des 62 fiches de l'enquête Famemp
Pour aller plus loin :
Fontaine R., 2026. Plus d’un adulte sur cinq est touché par le handicap dans sa famille, The Conversation

