Bilan démographique 2013 : un excédent naturel en baisse

Champs : France Métropolitaine Sources : Insee

L’Insee estime la population de la France au 1er janvier 2014 à 66,0 millions d’habitants, dont 63,9 en métropole et 2,1 en outre-mer. La pyramide de 2014 pour la métropole a un profil remarquablement vertical dans sa moitié inférieure car elle a été alimentée depuis 40 ans par des apports à peu près constants. Situation unique au monde, car la plupart des pays développés présentent aujourd’hui une pyramide des âges dont la base est devenue très étroite (comme l’Allemagne, par exemple).

 

Le solde naturel atteint 219 000 personnes en métropole (780 000 naissances moins 561 000 décès), le reste de la croissance étant dû au solde migratoire (la balance des entrées et des sorties), que l’Insee estime à 50 000 personnes. Le solde naturel a tendance à diminuer d’année en année, il était 20 % plus élevé il y a cinq ans en 2008 (264 000). Les naissances ont été légèrement moins nombreuses en 2013 qu’en 2012 (moins 10 000). L’indicateur de fécondité, après avoir atteint un niveau élevé de 2,02 enfants par femme en 2010, a un peu diminué depuis et atteint 1,97 en 2013. L’espérance de vie à la naissance a progressé : 78,7 ans pour les hommes et 85,0 ans pour les femmes en 2013, contre 78,5 et 84,9 en 2012. Les décès ont cependant été légèrement plus nombreux en 2013 qu’en 2012 (plus 2 000), la population ayant vieilli.

Le solde migratoire reste modéré (0,8 ‰), la France se situant encore à un niveau bas pour l’Europe : le solde migratoire approche 3 ‰ au Royaume-Uni en 2012, 5 ‰ en Allemagne et en Autriche, 6 ‰ en Italie, 9 ‰ en Suisse et 10 ‰ en Norvège.

L’excédent naturel (3,4 ‰ en 2013) devrait continuer à diminuer dans les prochaines années, les évolutions étant déjà inscrites dans la pyramide des âges : le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants sera stable, et le nombre de naissances pourrait l’être aussi. À l’inverse, à mesure que disparaîtront les générations du baby-boom, le nombre de décès augmentera pour rejoindre celui des naissances. Quant au solde migratoire, il reste par nature imprévisible mais, quel que soit son niveau futur (même modéré), il faut s’attendre à ce qu’il devance le solde naturel d’ici une génération, voire plus tôt, pour devenir la première composante de notre croissance démographique. Ce ne sera pas l’effet d’un surcroît de fécondité des étrangers ou d’une politique migratoire, mais le contrecoup du baby-boom parvenu en fin de course avec l’inévitable augmentation des décès qui l’accompagnera.