Combien d’enfants naissent grâce à une assistance médicale ?

La procréation médicale assistée représente près de 3 % des naissances en France.

En 2012, plus de 142 708 tentatives de procréation médicalement assistées ont été menées en France. Elles ont permis la naissance à 23 887 enfants, selon l’Agence de la biomédecine. Cela représente 2,9 % des naissances enregistrées cette année-là par l’Insee, soit une naissance sur 35.
En France, l’assistance médicale à la procréation (AMP) est réservée aux couples hétérosexuels, en âge de procréer, qui n’arrivent pas à concevoir un enfant naturellement pour des raisons médicales. Selon l’origine de leurs difficultés, l’AMP fait appel à une ou plusieurs techniques différentes, de l’insémination artificielle à la congélation des embryons.

Dans de rares cas (5 % en 2012)  les couples ont aussi recours à un don anonyme de sperme, d’ovules ou d’embryons.  Pour 2012, ces dons ont permis la naissance de 1 334 enfants, dont l’un des parents (ou les deux) n’est donc pas la mère ou le père biologique. Les 22 553 autres enfants nés grâce à une AMP réalisée en 2012 ont été conçus avec les gamètes (cellules reproductrices) de leurs deux parents. Les trois-quarts sont nés à la suite d’une fécondation in vitro (FIV). Les naissances par FIV sont plus fréquentes car les tentatives sont plus nombreuses et  leur taux de succès plus élevé (environ 20 % contre 10 % pour l’insémination).

Plus de 200 000 enfants conçus par fécondation "in vitro" en 30 ans

La fécondation in vitro s’est répandue rapidement dans les années qui ont suivi la naissance des premiers « bébés-éprouvette », Louise Brown en Grande-Bretagne en 1978 et Amandine en France en 1982.
En 1992, la FIV a bénéficié d’une nouvelle avancée médicale: l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), qui consiste à injecter un spermatozoïde dans l’ovule à l’aide d’une micro-pipette. Cette technique permet à des hommes souffrant d’une infécondité sévère de concevoir un enfant qui est génétiquement le leur, sans recourir à un don de sperme. Aujourd’hui, elle est utilisée lors d’une FIV intraconjugale sur deux.
En 30 ans, de la naissance des premiers bébés-éprouvettes à la fin de l’année 2008, plus de 200 000 enfants ont été conçus par fécondation in vitro. Ces dernières années, le nombre de FIV continue d’augmenter.

Part d’enfants conçus par FIV en France entre 1981 et 2010

Les FIV, un parcours médical qui aboutit à une naissance dans près de la moitié des cas

Malgré les progrès techniques et médicaux, l’assistance médicale à la procréation, et la FIV en particulier, reste un processus long et parfois douloureux physiquement ou moralement.
En considérant l’ensemble des traitements réalisés, les couples ayant recours à la fécondation in vitro ont presque une chance sur deux d’avoir un enfant. Toutefois, les chances de succès diminuent fortement avec l’âge. Ainsi, d’après l’enquête DAIFI, sur 100 couples qui débutent un traitement FIV dans un centre, 48 auront un enfant grâce à ce traitement FIV ou un autre traitement suivi par la suite (la majorité d’entre eux, 32 obtiennent cette naissance après la première ou deuxième FIV). De plus, 11 couples auront un enfant naturellement, 11 en adopteront un, si bien que 30 resteront finalement sans enfant.

Sources:

Agence de la biomédecine, rapport médical et scientifique 2013, Activité d’assistance médicale à la procréation 2012 « 200 000 enfants conçus par fécondation in vitro en France depuis 30 ans », Elise de la Rochebrochard, Population & Sociétés, n°451, décembre 2008.

  • « Quelles sont les chances d’avoir un enfant durant ou après une prise en charge pour FIV ?
    Une enquête de cohorte rétrospective en France », Élise de La Rochebrochard, Pénélope Troude, Estelle Bailly, Juliette Guibert, Jean Bouyer pour le groupe DAIFI, Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), 14 juin 2011. Enquête DAIFI réalisée auprès de 6 507 couples ayant réalisé une FIV entre 2000 et 2002 dans huit centres d’AMP.