La démographie des DOM

Quelles différences avec la France métropolitaine ?

 

Au 1er janvier 2011, la population de la France est estimée à 65 millions d’habitants, parmi lesquels 1,9 million (2,9 %) vivent dans les quatre départements d’outre-mer (DOM). Ces chiffres n’incluent pas Mayotte, devenue le cinquième département d’outre-mer depuis le 31 mars 2011 :

 

 

  •  La Réunion est la plus peuplée (44 % de l’effectif total), la Guadeloupe et la Martinique représentent chacune 22 % de la population des DOM et la Guyane seulement 12 %.
  •  La population des DOM s’accroît plus vite que celle de la métropole : en 2010, son taux d’accroissement était de 11,2 ‰, contre 5,4 ‰ pour la population métropolitaine.
  • Son accroissement naturel est élevé, car la structure par âge est relativement jeune : un tiers de la population est âgée de moins de 20 ans contre seulement un quart en métropole ; la moitié de la population est âgée de moins de 35 ans alors qu’en métropole, l’âge médian est proche de 40 ans.
  • La pyramide des âges de la population domienne présente une forme très caractéristique, avec un très fort rétrécissement autour de l’âge de 30 ans. En effet, entre 20 et 35 ans, c’est environ un tiers de la population native des DOM qui vit sur le territoire métropolitain. C’est le cas en particulier des plus diplômés, car beaucoup de jeunes adultes se rendent en métropole pour poursuivre leurs études et chercher du travail.

Une fécondité plus élevée et plus précoce

  • La fécondité y est plus élevée qu’en métropole : en 2010 elle s’élève à 2,4 enfants par femme dans l’ensemble des DOM, contre 2,0 en métropole. Si la Guadeloupe et la Martinique ont aujourd’hui un niveau de fécondité proche de celui de l’ensemble du territoire métropolitain (2,2 et 2,1 enfants par femme en 2008), ce n’est pas encore le cas de La Réunion (2,5 enfants par femme), et moins encore de la Guyane (environ 3,6 enfants par femme). La Réunion est néanmoins assez proche des standards métropolitains, où 8 départements ont une fécondité comprise entre 2,2 et 2,4 enfants par femme en 2008.
  • La plus forte fécondité des départements d’outre-mer s’explique surtout par une fécondité nettement supérieure aux jeunes âges : jusqu’à l’âge de 23 ans les taux de fécondité sont au minimum deux fois plus élevés dans les DOM (figure). Ainsi l’âge moyen à la maternité est de 28,5 ans en 2010, alors qu’il atteint 30 ans en métropole. Il est fréquent en effet que les femmes aient leur premier enfant avant 20 ans, alors que c’est de plus en plus rare en métropole. Ces naissances précoces s’observent surtout en Guyane et à La Réunion, où l’âge moyen à la maternité (pour l’ensemble des naissances) est proche de 28 ans, valeur néanmoins comparable à ce qu’on observe dans trois départements métropolitains (Aisne, Ardennes, Pas-de-Calais).
  • Autre particularité des départements d’outre-mer : plus des trois quarts des naissances ont eu lieu hors mariage en 2010 (77%), contre un peu plus de la moitié en métropole (54%). La Guyane enregistre le pourcentage maximum (88%), La Réunion étant cette fois la plus proche des départements métropolitains avec environ 72% de naissances hors mariage (67% dans le Cantal et le Lot en 2010).

Un recours à l’avortement plus fréquent dans les DOM

La fréquence de recours à l’avortement est nettement plus élevée dans les DOM qu’en métropole : le taux global d’avortement (27,8 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans en moyenne sur la période 2005-2009) est presque deux fois plus élevé qu’en métropole (14,6 ‰). Il existe cependant une grande disparité entre les départements ultramarins, la fréquence relative des IVG étant environ deux fois plus élevée en Guadeloupe qu’à La Réunion, celle-ci ayant une fréquence comparable à certains départements métropolitains.

Une mortalité un peu plus forte

  • La mortalité infantile est également au moins deux fois plus élevée dans les DOM : en 2005-2009 elle s’établit en moyenne à 8,4 décès d’enfants de moins d’un an pour 1000 naissances, contre 3,6 en métropole. L’écart avec la métropole tend plutôt à augmenter ces dernières années car la mortalité infantile ne baisse plus dans les DOM depuis une dizaine d’années. La Guyane enregistre le taux le plus élevé (11,9 ‰ en 2005-2009), les trois autres départements ayant des taux compris entre 7,2 ‰ (La Réunion) et 8,6 ‰ (Martinique). Aucun département métropolitain n’enregistre des valeurs aussi élevées.
  • L’espérance de vie à la naissance a progressé régulièrement et au même rythme qu’en métropole au cours des dix dernières années. Pour l’ensemble des DOM, elle est inférieure d’environ 2 ans en moyenne, pour les hommes (74,9 ans en moyenne en 2004-2008, contre 77,1 ans en métropole) comme pour les femmes (respectivement 82,2 ans et 84,2 ans). C’est à la Martinique que l’on vit le plus longtemps (en 2004-2008, 76,8 ans pour les hommes et 83,7 ans pour les femmes), tandis que la mortalité est la plus élevée à La Réunion pour les hommes (73,8 ans d’espérance de vie), et en Guyane pour les femmes (81,0 ans). Beaucoup de départements métropolitains enregistrent des valeurs proches, voire inférieures, à celles des départements d’outre-mer. C’est le cas en particulier du Pas-de-Calais, où l’espérance de vie à la naissance des hommes (73,5 ans en 2004-2008) est légèrement inférieure à celle de La Réunion.