Légère augmentation du taux de recours à l’IVG

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG), en baisse depuis 2014, a légèrement augmenté en 2017 (Vilain, 2018). On a enregistré 216 700 IVG en 2017 (202 919 pour la France métropolitaine), contre 214 800 en 2016.
Ce chiffre est toutefois plus faible qu’en 2015 (218 097), 2014 (227 038) et 2013 (229 021). La baisse du nombre de femmes en âge de procréer ne s’est pas traduite, en 2017, par un moindre recours à l’IVG. Par contre, on note une diminution des IVG avant l’âge de 25 ans.

Évolution du nombre d’IVG pour 1 000 femmes, par groupe d’âges, de 1990 à 2017

Globalement, la courbe du nombre moyen d’IVG suit une tendance similaire à celle de l’indicateur conjoncturel de fécondité, à un niveau quatre fois moindre (Mazuy et al., 2015 ; Vilain, 2018). L’augmentation des IVG en 2017 s’est produite chez les femmes âgées de 30-34 ans et 35-39 ans tandis que les IVG avant 20 ans continuent à diminuer. Le mouvement de rajeunissement de l’âge à l’IVG, observé depuis la fin des années 1990, semble s’interrompre.

La saisonnalité des IVG

La répartition mensuelle des IVG oscille autour d’une moyenne d’environ 8 % (figure). La répartition relative aux IVG pratiquées en établissements hospitaliers est relativement proche de celles réalisées hors établissements hospitaliers*.
Le léger décalage entre les courbes peut s’expliquer par le fait que les IVG hors établissements hospitaliers sont uniquement des IVG médicamenteuses, qui
interviennent donc à une durée moyenne de grossesse plus courte.

Répartition mensuelle des IVG selon le type d’établissement en 2017

Il y a plus d’IVG en début d’année, correspondant à des conceptions de la fin de l’année précédente et au pic de la Saint-Sylvestre (Régnier-Loilier, 2010 ; Régnier-Loilier et Rohrbasser, 2011). Le mois d’avril, qui est par ailleurs une période de vacances, est marqué par un plus faible recours à l’IVG. La forte remontée du mois de juin peut correspondre à une accélération de la prise en charge avant le début de l’été. L’augmentation observée en septembre peut également être interprétée comme une forme de « rattrapage » qui fait suite aux grossesses des mois de juillet-août non prises en charge du fait de la période estivale. La difficulté d’accès aux services d’IVG lors de la période estivale fait partie des points soulevés par la commission nationale dans son rapport sur les données relatives à l’IVG (Commission IVG, 2016). La question de l’accès à l’IVG et de la difficulté à trouver des personnels formés et habilités pour assurer un recours dans de bonnes conditions est une problématique récurrente dans la plupart des pays (Guillaume et Rossier, 2018). Cela a été spécifiquement le cas en France, dans le Sud de la Sarthe en 2018, où un centre hospitalier n’a plus été en mesure de pratiquer des IVG pendant 3 trimestres de l’année. Cette situation a mis en évidence les difficultés inhérentes au manque de personnel et le blocage que peut entraîner, au niveau local, la possibilité de faire valoir la clause de conscience des praticiens.

*On dispose de deux types de données : d’une part celles collectées via le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) pour les IVG réalisées en centres hospitaliers ; d’autre part le nombre de remboursements de forfaits (honoraires ou médicaments) pour les IVG médicamenteuses réalisées hors établissement hospitalier, fourni par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAM-TS), à partir des données du régime général depuis 2005, des centres de santé et centres de planification ou d’éducation familiale depuis 2009, par la Mutualité sociale agricole (MSA) et la Sécurité sociale des indépendants depuis 2010 (Vilain, 2018).  

Source : Didier Breton, Magali Barbieri, Hippolyte d’Albis, Magali Mazuy, 2019, L’évolution démographique récente de la France. Naissances, décès, unions et migrations : à chacun sa saison, Population 2018-4.

Contacts : Didier Breton, Magali Barbieri, Hippolyte d’Albis, Magali Mazuy

Mise en ligne : juin 2019