En Suisse, le divorce des parents ne change pas la place des grands-parents

Les liens entre enfants et grands-parents résistent à la séparation des parents. Les relations sont plus fortes du côté maternel, mais ce déséquilibre existe dans les autres familles et n’est pas accentué par le divorce, selon des chercheurs de l’université de Genève.

Leur étude, "Les relations entre adolescents et grands-parents en Suisse : séparation conjugale et équilibre entre les lignée", est parue dans la revue Population de l’Ined.

Alexandre Pillonel, Cornelia Hummel et Ivan De Carlo ont travaillé sur les résultats d’une enquête menée en 2004 en Suisse auprès de 685 adolescents de 12 à 16 ans, qui ont été interrogés sur leurs rapports avec leurs grands-parents. Les jeunes ont évalué ces relations à l’aide de questionnaires, un pour chaque grand-parent. Les chercheurs ont disposé de 1.353 questionnaires valides.

Un adolescent sur cinq environ (20,5%) avait des parents séparés. L’impact de la rupture conjugale apparaît nuancé. Dans l’échantillon, les enfants de divorcés voient plus régulièrement leurs grands-parents, mais leur parlent moins souvent au téléphone. Ils sont moins nombreux à juger « très importante » cette relation (41,3% contre 54,9%), mais mesurent de la même façon que les autres jeunes le soutien psychologique ou financier et la disponibilité de leurs aïeux.
Dans toutes les familles, les adolescents évoquent des contacts plus fréquents avec les parents de leur mère. Ainsi, 36,8% des enfants de couples mariés disent voir leurs grands-parents maternels une fois par semaine ou plus, contre 28,6% pour le côté paternel. Après le divorce, l’écart entre les branches reste le même (39,7% contre 31,9%). La séparation pourrait même favoriser un rééquilibrage: les enfants de divorcés ne font pas, eux, de différence entre les lignées quand ils mesurent la qualité affective de la relation.

L’étude suggère aussi un effet de neutralisation : quand les parents sont séparés, les adolescents ont deux fois plus de contacts en face à face avec leur grand-mère paternelle, sans voir moins leur grand-mère maternelle pour autant.
Les chercheurs soulignent la prépondérance de la relation avec la grand-mère maternelle, la seule dont l’importance générale ne change pas avec le statut conjugal des parents. Ni son âge, ni sa santé ou son éloignement géographique ne pèsent sur les liens avec ses petits-enfants. Elle bénéficie de l’avantage de la branche maternelle et d’un effet de genre au profit des femmes de la famille, plus marqué auprès des jeunes filles.