Mariages, pacs et divorces : point sur trois changements récents

Le numéro 3 de la revue Population de 2016 présente un bilan de l’évolution démographique de la France pour l’année 2014.

Les mariages mixtes

En 2014, en France métropolitaine, la proportion de mariages mixtes (un époux français et un étranger) atteint 14,1% (34 060 mariages). Les mariages mixtes entre un homme et une femme se répartissent à parts égales entre des mariages dont l’homme est de nationalité étrangère et ceux pour lesquels c’est la femme qui est de nationalité étrangère.
Les mariages mixtes sont plus rares parmi les couples de femmes (5,2 % contre 15,0 % pour les mariages entre deux hommes). Par ailleurs, la proportion de mariages dont les deux époux sont étrangers atteint un maximum historique de 3,6 % (8 759 mariages).
Les couples mixtes se caractérisent par une différence d’âge entre époux importante – notamment lorsque c’est la femme qui est de nationalité étrangère. La différence d’âge entre les conjoint-e-s est alors de 5,3 ans contre 4,1 ans (écart moyen absolu) pour les mariages entre deux personnes de nationalité étrangère et 2,4 ans pour les mariages entre deux personnes de nationalité française.

Des divorces en baisse significative et une hausse des dissolutions de pacs

Le nombre de divorces prononcés en France a diminué de 1 678 (sans compter Mayotte, territoire non intégré dans les statistiques de 2013) entre 2013 et 2014 et atteint son niveau le plus bas depuis 2002.
La baisse du nombre de divorces tient advantage au recul du recours au divorce qu’à une baisse du nombre de personnes mariées et donc susceptibles de divorcer. Entre 2010 et 2014, le nombre de divorces a en effet diminué de 8 %, tandis que celui des personnes mariées ne baissait que de 1 % (Bellamy, 2016).
L’augmentation des divorces a commencé au cours des années 1970 (Sardon, 1996). Avant cette période, l’intensité de la divortialité demeurait très faible avec à peine 5 % des mariages aboutissant à un divorce au cours des 10 premières années de mariage et moins de 10 % au total. Le risque de divorcer dépend principalement de la durée de mariage et, en 2014 comme en 2013, les taux de divorce sont à leur maximum à 5 ans de mariage (Bellamy, 2016 ; Mazuy et al., 2015).

Proportion d’unions déjà rompues suivant la durée et l’année du mariage

En revanche, les dissolutions de pacs augmentent de 6 727 entre 2013 et 2014, une augmentation supérieure à celle du nombre de pacs signés mais en ralentissement par comparaison aux périodes précédentes (+ 8033 entre 2012 et 2013 et + 9 505 entre 2011 et 2012).
L’ouverture du mariage aux couples de même sexe en 2013 explique une partie de l’augmentation du nombre absolu de dissolutions de pacs par mariage.

Une saisonnalité liée à la nature du contrat d’union

Pour le mariage, la saisonnalité marque un pic entre juin et août tandis que pour les pacs, un léger pic se dessine en fin d’année. Les mariages et les pacs présentent des variations saisonnières proches pour les couples de même sexe et ceux de sexe différent. Le contraste entre mariage et pacs est plus marqué que celui entre couples de même sexe et couples hétérosexuels.
Les représentations et modes d’organisation respectifs du mariage (festif, estival, familial, et souvent avec un nombre d’invités important) et du pacs (acte civil et administratif, moins empreint d’obligations traditionnelles et familiales, souvent plus confidentiel) agissent indifféremment pour les couples de même sexe et les couples hétérosexuels.

Mise en ligne : janvier 2017.