Politiques familiales en France

La contribution des politiques familiales à la bonne santé de la fécondité française est à nouveau mise sous le feu de l’actualité par deux publications récentes. L’une correspond à l’avis rendu par le Haut Conseil à la Famille, dont l’INED est une institution consultative ; l’autre provient de l’OCDE, et apporte un éclairage comparatif sur les politiques d’aides aux familles et leurs résultats en matière de soutien à la fécondité, d’aide à la conciliation entre travail et vie familiale ou de lutte contre la pauvreté.
Au regard de cette dernière publication, la France occupe une position favorable sur plusieurs dimensions des vies familiale et professionnelle :

  • la fécondité est très supérieure à la moyenne de l’OCDE et l’une des plus proche du niveau de 2,1 enfant par femme permettant le remplacement des générations ;
  • le taux d’emploi des femmes âgées de 25 à 54 ans est à 76,6% lui aussi supérieur à la moyenne, avec près de 80% des femmes travaillant à temps plein ;
  • la pauvreté infantile (8% des enfants de 0 à 17 ans) est elle aussi très inférieure à la moyenne OCDE (12,75%), malgré une augmentation légère ces dernières années. 
  • Ces résultats « positifs » vont de pair avec un important investissement réalisé en direction des familles couvrant toute la période de l’enfance. La France dépense plus en direction de la petite enfance et de l’adolescence que la plupart des pays de l’OCDE (graphique).


Dépense par enfant sur chaque période considérée

En dépit de ces résultats très positifs, l’accès à l’emploi des femmes demeure très dépendant de leur situation familiale :

  • Une majorité de mères françaises semble ainsi pouvoir concilier un emploi avec leurs responsabilités familiales puisque 60% des mères d’enfants de moins de 17 ans occupent un emploi en 2007, ce qui correspond à la moyenne de l’OCDE.
  • Cependant les mères avec un enfant de moins de trois ans ont une probabilité plus faible d’être en emploi (53%, ce qui, là encore, équivaut à la moyenne OCDE).
  • En revanche, les mères de famille nombreuse, avec trois enfants ou plus, sont beaucoup moins fréquemment en emploi (38%), et cette fréquence est même inférieure à ce que l’on observe en moyenne dans l’OCDE (44%).

Ceci laisse à penser que les conditions de la conciliation entre travail et vie familiale peuvent être encore améliorées : le Haut Conseil à la Famille insiste en particulier sur le développement des modes d’accueil nécessaires à une plus grande liberté de choix offerte aux familles. L’OCDE partage cette appréciation mais va plus loin en suggérant qu’une meilleure conciliation ne peut vraisemblablement pas être obtenue sans une répartition plus égale du travail domestique entre pères et mères, les hommes participant davantage à ce travail dans les pays où le taux d’emploi des femmes est élevé. Une réforme du congé parental peut aller dans ce sens, en réservant à chaque parent une période de congé non transférable au conjoint, et en garantissant une rémunération plus élevée que le système actuel. Plus de pères pourraient être encouragés à y avoir recours. De plus, cela protègerait mieux les familles de la pauvreté puisque les familles nombreuses ou monoparentales peuvent avoir un niveau de vie proche ou inférieur au seuil de pauvreté lorsqu’un parent ne travaille pas ou est en congé parental. Tant l’OCDE, que le Haut Conseil à la Famille, ou encore aussi récemment l’INSEE pointent ainsi le risque croissant de pauvreté auquel sont soumises les familles monoparentales (INSEE), et seront aussi confrontées de façon croissante dans l’avenir les familles nombreuses (Haut Conseil à la Famille).