Rupture conjugale et conditions de vie des enfants

CC Matt’s homes

 

Même si en France la grande majorité des enfants vit avec ses deux parents, la rupture conjugale, le plus souvent un divorce ou une séparation, est un événement de plus en plus fréquent dans la vie des familles.

Chaque année, près de 350 000 couples se séparent, dont la moitié a des enfants à charge. Et 10 000 couples ayant des enfants mineurs se défont du fait du décès du conjoint ou compagnon.

 


En 2011, sur les 13,7 millions d’enfants mineurs :

  • 71 % vivent avec leurs deux parents biologiques ;
  • 18 % au sein d’une famille monoparentale ;
  • 7 % avec un de leurs parents et un beau-parent ;
  • 4 % au sein d’une famille recomposée avec des demi-frères ou demi-sœurs.

L’Enquête sur les Relations Familiales et Intergénérationnelles (ERFI) a permis d’estimer que la proportion d’enfants ayant vécu la séparation de ses parents a sensiblement augmenté au cours du temps :

  • 15 % des enfants de moins de 14 ans nés en 1975 ont vécu la séparation de leurs parents, toutes causes confondues (compris décès d’un des parents) ;
  • 23 % pour la génération née en 1990 (proportion au dire des mères, les pères tendant à sous-déclarer les ruptures d’union).
    La proportion d’enfants faisant cette expérience semble stagner au début des années 2000.

Les séparations et ruptures d’unions affectent les conditions de vie des familles et leurs enfants. En cas de divorce, la grande majorité des jugements prononcés sur la résidence des enfants (81 % en 2012) font état d’un accord entre les parents sur le mode de résidence des enfants. Dans :

  • 71 % de cas, la résidence est exclusivement confiée à la mère ;
  • 13 % de cas, la résidence est exclusivement confiée au père ;
  • 16 % des cas la résidence alternée est notifiée.

Toutefois, la résidence alternée ne concerne qu’une très faible minorité de l’ensemble des enfants mineurs : seulement 2,5 % en 2004 contre environ 1,3 % en 1986.
Par ailleurs, on ne constate aucune variation notable du mode de résidence des enfants avec leur âge. En revanche, le choix d’une résidence alternée est plus fréquent pour les garçons que pour les filles :

  • 16,2 % des garçons dont les parents sont séparés
  • 13,3 % des filles dont les parents sont séparés.
    Le risque de pauvreté des enfants vivant avec des parents séparés varie selon le mode de résidence. Ainsi, une exploitation de l’enquête revenus fiscaux et sociaux 2011 par l’Insee fait apparaître un taux de pauvreté de :
  • 38 % pour les mères hébergeantes lorsqu’elles vivent seules
  • 26 % pour les pères hébergeants lorsqu’ils vivent seuls
  • 16 % pour les parents « hébergeants » après une remise en couple.

Par ailleurs, les conditions de vie des familles monoparentales sont moins favorables que celles des couples. Selon une exploitation des données de l’enquête ELFE :

  • Seules 28 % des familles monoparentales avec un enfant né en 2011 sont propriétaires de leur logement, contre 63 % des parents vivant en couple.
  • Plus de 22 % des familles monoparentales déclarent d’avoir des difficultés à payer leurs factures, contre 9 % des parents vivant en couple.

La pauvreté des enfants est très liée à la situation de leur(s) parent(s) sur le marché du travail, d’autant plus s’ils ont un seul parent, donc un seul « apporteur » potentiel de ressources, ou s’ils ont de nombreux frères et sœurs, augmentant d’autant les besoins de consommation relativement aux ressources disponibles.

En 2010 :

  • 39 % des enfants pauvres vivent dans une famille dans laquelle aucun parent ne travaille, alors que ce n’est le cas que de 3 % des autres enfants.
  • 35 % des enfants pauvres habitent avec un seul parent, tandis que seuls 12 % des autres enfants vivent dans une famille monoparentale.

Les enfants pauvres vivent aussi souvent que les autres enfants dans une famille monoparentale où le parent travaille (environ 11 %), mais plus souvent dans une famille monoparentale où le parent ne travaille pas (23 % contre 1 %) et bien moins souvent dans une famille biparentale où les deux parents travaillent (13 % contre 62 %).