Géraldine Duthé, Véronique Hertrich et Murielle Darblade

répondent à nos questions sur le pourquoi d’un Pôle Suds à l’Ined.

Ined- Colette Confortès

Véronique Hertrich, créatrice du pôle Sud et responsable jusqu’en 2013, Murielle Darblade, assistante à la coordination et Géraldine Duthé, responsable du pôle depuis 2014. Elles répondent à nos questions sur le pourquoi d’un Pôle Suds à l’Ined.

(Entretien réalisé en juillet 2014)

Pourquoi un pôle méthodologique sur les suds à l’Ined ?

Pôle Suds est une structure qui fédère les chercheurs, jeunes chercheurs et ingénieurs de l’Ined intéressés par les problématiques « Suds ». Nos projets étant hébergés par différentes unités de recherche (« Mortalité, santé, épidémiologie », « Démographie, genre et sociétés », « Migrations internationales et minorités », « Identités et territoires des populations », UMR-Ceped), le pôle établit des passerelles, stimule les débats et les synergies autour d’une ligne directrice « Suds ». Comme structure transversale, il offre la possibilité de jouer les décloisonnements, entre recherches et méthodes, entre disciplines, entre terrains au Sud et au Nord.

Pôle Suds est orienté sur l’animation de la recherche mais comment cela se traduit-il concrètement ?

Notre activité phare est l’organisation, tous les 3 mois, d’une journée scientifique internationale ouverte au public. Souvent construites en partenariat (avec une unité de l’Ined ou une structure extérieure), ces journées réunissent une dizaine d’intervenants et un public large. Chaque journée cible une question de recherche ou de méthode, traitée par différents spécialistes invités, de France et de l’étranger. Le programme des journées est alimenté par nos échanges au sein du pôle, les questions d’actualité ou les projets émergents. Les journées peuvent porter sur une région du monde mais le plus souvent, elles croisent des recherches menées sur des pays du Nord et du Sud. Par exemple la dernière journée portait sur la consommation d’alcool et ses conséquences sur la santé avec des interventions sur la situation en France, en Europe de l’Est et en Afrique de l’Ouest. La prochaine journée, qui aura lieu le 18 septembre, est consacrée au thème des Familles à distance, familles à temps partiel Nord/Sud. Fin 2014, le pôle aura organisé 20 journées scientifiques depuis sa création en 2009 (programmes et présentations en accès sur notre site).

Avez-vous des activités avec les collègues du sud ?

En effet, Pôle Suds s’investit aussi dans les collaborations internationales, en particulier avec les pays du Sud. Deux grandes orientations y répondent. D’une part, des modules de formation, courts et ciblés, sont mis en place à la demande de nos collègues. Des interventions ont ainsi eu lieu en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Tunisie et au Liban, sur les thématiques « Genre et population », « Analyse quantitative des migrations », « Bases de l’analyse démographique ». D’autre part, Pôle Suds s’associe à la Direction des relations internationales et des partenariats (Drip) pour formaliser des partenariats institutionnels et accueillir en séjour de recherche des chercheurs et jeunes chercheurs du Sud. Des accords-cadres ont ainsi été signés avec l’Ensea-Abidjan, l’Instat-Mali, l’ONFP-Tunis, et l’ISSP-Ouagadougou. Ce type de partenariat a ainsi permis l’accueil d’une équipe de statisticiens maliens, pour l’analyse spatiale des données censitaires, la réalisation d’atlas régionaux et l’exploitation de l’enquête post-censitaire, en partenariat avec le service des méthodes statistiques (SMS) et le service des enquêtes et des sondages de l’Ined. Ces dynamiques de partenariat se poursuivront dans les années à venir, à la fois auprès des collègues du Sud avec l’objectif de renforcer les échanges scientifiques et de soutenir la formation d’étudiants, et auprès des collègues du Nord, notamment dans le cadre des Comue Hesam et Sorbonne Paris Cité et du campus Condorcet.