Textes rassemblés et commentés par
Michel Armatte et Jean-Jacques Droesbeke
De 1828 à 1873, Quetelet s’approprie progressivement le calcul des probabilités. Il s’y révèle un pédagogue remarquable et rend cette discipline accessible, sans la dévoyer des bases mathématiques rigoureuses que lui ont données Laplace et Condorcet. Il accorde à la probabilité un rôle majeur dans le contrôle de la méthodologie statistique, qui n’est dès lors plus confinée aux applications aux jeux ou limitée à la simple description de faits sociaux quantifiés. Il parvient ainsi à étendre la statistique à un rôle conjectural par le biais de traitements et d’interprétations, auparavant interdites. La probabilité devient alors pour Quetelet un outil de conquête de nouveaux pans de la connaissance scientifique, dans une grande diversité de domaines.
Son œuvre probabiliste se constitue principalement de quatre ouvrages, les Instructions populaires sur le calcul des probabilités, Sur l’homme et le développement de ses facultés ou Essai de physique sociale, les Lettres à S. A. R. le duc régnant de Saxe-Cobourg et Gotha sur la théorie des probabilités appliquées aux sciences morales et politiques et la Théorie des probabilités, qui sont commentés et analysés dans le présent recueil. Une brève historiographie des travaux sur les probabilités de ses prédécesseurs et contemporains y est jointe et contextualise son apport indéniable dans le domaine.
Le riche appareil critique de Michel Armatte, maître de conférence en statistique et en économie, et de Jean-Jacques Droesbeke, professeur émérite à l’Université libre de Bruxelles, éclaire le texte original et le complète d’informations inédites.