La dynamique des religions chez les immigrés et leurs descendants en France

La sécularisation de la population française se poursuit depuis plusieurs décennies : près de la moitié de cette dernière se déclare en effet sans religion. Le catholicisme, qui demeure la première religion en France, a vu et continue de voir son nombre de fidèles diminuer. Dans ce contexte de déprise du religieux, renforcé par le cadre politique de la laïcité, quel(s) rapport(s) les immigrés et descendants d’immigrés entretiennent-ils avec leur religion ?
L’immigration modifie certes les structures religieuses de la société française mais celle-ci transforme également la religiosité des immigrés.

Le profil religieux des immigrés et des descendants d’immigrés

À une immigration en provenance de pays européens majoritairement catholiques, a succédé depuis les années 1950 une population venant de pays où l’islam représente la principale religion, et, souvent tient de religion officielle. Ainsi, au sein de la population âgée de 18 à 50 ans et résidant en France métropolitaine, plus de trois-quarts des immigrés et de leurs descendants déclarent avoir une religion, quand 45% de l’ensemble des individus se disent agnostiques ou athées.

Une religiosité variable selon l’origine et la confession

La religion revêt dans les communautés immigrées une fonction culturelle et sociale qu’elle a en partie perdue pour la population majoritaire. Cependant, la religiosité n’est pas d’intensité identique entre les différentes origines et c’est parmi les musulmans et les juifs que l’on observe les plus fortes religiosités (environ 75% disent que la religion joue un rôle important dans leur vie).
Les descendants de deux parents immigrés, et principalement musulmans, présentent pour leur part une religiosité plus forte et des taux de désaffection nettement plus faibles que la population majoritaire, en particulier les catholiques, mais aussi que les descendants de couples mixtes. De fait, la mixité religieuse (entre parent athée et religieux, ou entre différentes religions) rend plus rare la transmission d’une religion.

De manière générale, les descendants d’immigrés originaires du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de Turquie ont un fort niveau de religiosité à la différence des descendants d’immigrés d’Europe du Sud et d’Asie du Sud-Est dont la religiosité est en baisse. Ces différences entre origines reflètent en réalité des différences entre religions.
Le renforcement du sentiment religieux chez les descendants d’immigrés ne concerne par contre qu’une minorité : un peu plus de la moitié des 18-50 ans vivant en France métropolitaine se considèrent moins religieux que leurs parents, 40% estiment se trouver dans la continuité et environ 7% se voient plus investis dans la religion.

Mise en ligne : novembre 2016.