De « l’introuvable lien formation-emploi » au genre des inégalités sociales territoriales. Les « destins sexués des unes et des autres » au prisme de l’offre de formation et de la ségrégation socio-sexuée du marché du travail.

  • Les Lundis de l'Ined

18/05/2026 11h30-12h30

En salle Sauvy et sur Zoom Lien en bas de page

Cette session sera presentée par Mathis Arthemise, discutée par Sophie Orange et animée par Marwan Al Qays Bousmah.

À l’île de la Réunion, les choix d’orientations vers l’enseignement supérieur « plus genrés qu’ailleurs » et les mobilités postbac extrarégionales sont également moins nombreuses par rapport à des régions « comparables » (Ramaye, 2024). Les femmes de 15 à 24 ans, malgré un taux de diplomation du supérieur de 7% plus élevé que les hommes, accusent un taux d’emploi de 8 points inférieur aux hommes, et sont 2 fois plus souvent employée à temps partiel. En affine de ces constats, 36% de la population locale vit sous le seuil de pauvreté, dont 57% des mères de familles monoparentales contre 38% de pères pour ne mentionner que ces premiers éléments (INSEE, 2024).
En ciblant la tranche des 15-24 ans, nous proposerons une lecture croisée des enquêtes RP et Emploi de l’Insee et du rapport « Formations et emploi » associé, des bases de données Archipel, Insersup et Inserjeunes du MENJ et du SIES, nous saisirons les affinités électives entre la morphologie d’un paysage formation-emploi et la territorialisation inégalités femmes-hommes dans un contexte de faible migration extrarégionale relative aux abords de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle. 
Par l’étude de cas d’un territoire où les trajectoires d’entrée, de sortie de formation et d’insertion rappellent, toutes choses inégales par ailleurs, celles observables en ruralités et banlieues paupérisées ; cette communication interrogera la sociogenèse des inégalités femmes-hommes en fonction de la typologie du bassin de formation local et du bassin d’emploi « associé » à la lumière des places occupées par les 15-24 ans, matérialisant une division sexuée et inégalitaire des rôles sociaux à l’échelle locale (Amsellem-Mainguy, 2023; Orange & Renard, 2022).

 

Mathis Arthemise, doctorant en sociologie à Sorbonne Université (UMR 8598 GEMASS-CNRS) et l’Ined (UR6 – LIST), auteur d’une thèse en cours (2023-) intitulée provisoirement « Vulnérabilités scolaires et inégalités sociales. Sociologie des trajectoires scolaires aux marges de l’Education Nationale » . Il est chargé de mission d’enseignement à Sorbonne Université,  membre de l’équipe de recherche de l’ANR RePrive portant sur l’étude des rôles et effets du secteur privé dans l’enseignement secondaire et supérieur en France et co-organisateur du séminaire scientifique « SocioCité : Jeunesses et société » (2025-).