Cette session sera présentée par Céline Miani, discutée par Heini Vaisanen et animée par Virginie Rozée.
Dans de nombreux pays, le cabinet de gynécologie constitue le premier point de contact en matière de santé gynécologique, sexuelle et reproductive. Les femmes, ainsi que les personnes non binaires, transgenres et intersexuées qui recourent à ces services, sont exposées tout au long de leur vie au risque de violence gynécologique, un phénomène susceptible d’avoir des conséquences profondes à court et à long terme sur la santé mentale, physique, sociale et sexuelle. Pourtant, la notion même de violence gynécologique reste contestée dans les milieux de soins de santé, où les prestataires ont souvent du mal à accepter l’idée que les soignants eux-mêmes puissent transmettre ou faciliter la violence, ainsi que parmi les patient.e.s, qui ne réfèrent pas forcément à leurs expériences en termes de violence. Cette présentation, qui s’appuie sur un projet à méthodes mixtes en cours conduit en Allemagne (ERC Starting Grant GYNVEPI), se concentre sur les défis épistémiques et méthodologiques qui se présentent dans la recherche sur les violences gynécologiques en santé publique. Comment articuler le concept avec les expériences vécues et la pratique du soin? Comment le quantifier dans une enquête quantitative? comment restituer les expériences de manière juste et les mettre en perspective avec des indicateurs de santé? Autant de questions qui n’ont pas de solutions simples et uniques, mais nécessitent une réflexion pluridisciplinaire et éthique, et la prise en compte des perspectives des soignant.e.s et soigné.e.s.