La mortalité en France en chiffres : espérances de vie à la naissance, à 65 ans et table de mortalité
L'espérance de vie en quelques questions clés
Graphique : Espérance de vie à la naissance de 1740 à 2025
Combien de temps vivait-on au milieu du 18e siècle ? L’espérance de vie à la naissance des hommes a-t-elle toujours été plus faible que celle des femmes ?
Tableau 1 : Espérance de vie à la naissance et à 65 ans
Est-il vrai que l’évolution de l’espérance de vie à la naissance ralentit ? A 65 ans, combien d’années en moyenne une femme ou un homme peut-il espérer vivre ?
Tableau 2 : Table de mortalité 2020-2022
Quelle valeur clé indique la table de mortalité la plus récente ? Quels sont les risques de décéder aux grands âges ?
Pour plus de précisions
Espérance de vie à la naissance depuis 1740
Lire le graphique
Ce graphique présente l’évolution de l’espérance de vie à la naissance en France depuis 1740.
L’axe horizontal couvre les 260 dernières années, depuis le milieu du 18e siècle. Pour chaque année, l’espérance de vie à la naissance résume les risques de décès à chaque âge. L’espérance de vie calculée pour une année représente la durée de vie moyenne d’un groupe de personnes exposées, âge après âge, aux conditions de mortalité de l’année : entre la naissance et le premier anniversaire, elles connaitraient le risque de décéder des individus de moins d’un an cette année-là, entre 1 et 2 ans, le risque de décéder des enfants de cet âge la même année, etc.
L’espérance de vie est calculée pour chaque sexe, et sexes réunis. Elle est exprimée en années.
L’espérance de vie a presque doublé au cours du vingtième siècle
Au milieu du 18e siècle, la moitié des enfants mouraient avant l’âge de 10 ans et l’espérance de vie était inférieure à 30 ans. Elle atteint 30 ans à la fin du siècle, puis fait un bond à 37 ans sexes réunis en 1810 en partie grâce à la vaccination contre la variole. La hausse se poursuit à un rythme lent pendant le 19e siècle, pour atteindre 43 ans pour les hommes et 47 ans pour les femmes en 1900. Pendant les guerres napoléoniennes et la guerre de 1870, l’espérance de vie décline brutalement et repasse sous les 30 ans sexes réunis, la baisse étant particulièrement marquée chez les hommes.
Au cours du 20e siècle, les progrès sont plus rapides, à l’exception des deux guerres mondiales. Les décès d’enfants deviennent de plus en plus rares : 15 % des enfants nés en 1900 meurent avant un an, 5 % de ceux nés en 1950 et 0,4 % (4,4 pour mille exactement) de ceux nés en 2000. La hausse de l’espérance de vie se poursuit grâce aux progrès dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires et les cancers. En 2000, l’espérance de vie en France atteint 79 ans (75 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes), et elle approche 83 ans en 2024 (80,0 ans pour les hommes et 85,6 ans pour les femmes).
Alors que femmes et hommes avaient des espérances de vie peu différentes aux 18e et 19e siècles, les progrès ont été plus rapides ensuite pour les femmes. L’écart entre les sexes s’est creusé progressivement pour atteindre plus de 8 ans dans les années 1980 et le début des années 1990. Il a eu tendance à se réduire depuis pour atteindre 5,6 ans en 2024.