Pourquoi mesure-t-on la fécondité des femmes et plus rarement celle des hommes ?
Il n’y a pas de justification théorique à privilégier la fécondité féminine. La principale raison est la moindre qualité des données sur l’identité des pères lorsque les nouveau-nés sont déclarés à l’état civil. L’établissement de la filiation paternelle d’un enfant né hors mariage peut être incertaine, ou bien manquer de précision, tandis que la filiation d’une mère qui accouche est évidente. Quant à l’observation des naissances passées au moyen d’enquêtes rétrospectives, elle révèle que les hommes tendent à sous-déclarer les enfants qu’ils ont eus.
En outre, le fait que la durée reproductive des femmes soit plus courte que celle des hommes confère un avantage méthodologique aux indices féminins : le niveau de la descendance finale d’une génération de femmes peut être fixé plus tôt que celle des hommes, à 50 ans au plus tard. Enfin, pour des raisons de comparaison internationale, les démographes continuent de privilégier les indices féminins disponibles dans tous les pays, même quand des données pour les hommes sont assez fiables (d’ailleurs l’Insee corrige maintenant les informations manquantes sur l’âge des pères).
Or mesurer la fécondité des femmes ou bien celle des hommes n’est pas neutre car de fait ils n’ont pas le même nombre d’enfants.
Référence(s)
Breton, D. et all., 2023. "L’évolution démographique récente de la France. Les comportements des femmes et des hommes sont-ils si différents ?" Population, 78(3), 363-430. (lire pages 31-32)