La recherche scientifique peut-elle être plus sobre ? Une question qui a fait l’objet d’une enquête menée en 2020, entre autres, par un chercheur de l’Ined, auprès de 6 000 personnes travaillant dans la recherche, dans le cadre du collectif Labos 1point5.
La conclusion souligne la nécessité de transformer les pratiques pour réduire l’empreinte carbone du secteur de la recherche. Nombreux sont celles et ceux qui se disent prêts à réduire les déplacements en avion pour les conférences ou les réunions, mais les réticences augmentent lorsqu’il s’agit d’activités cruciales, comme la collecte de données ou l’utilisation d’équipements énergivores. Les disciplines les plus émettrices de gaz à effet de serre sont les moins enclines à modifier leurs pratiques, et les individus occupant des postes ayant une position dominante (directeur de recherche, professeur) se montrent globalement plus réticents à adopter des comportements sobres, malgré une forte conscience des enjeux climatiques.
Mieux comprendre ces résistances nécessiterait d’autres études, qualitatives entre autres, pour analyser le rôle des disciplines et des positionnements sociaux et politiques dans cette transition.
Marianne Blanchard, Milan Bouchet-Valat, Damien Cartron et al., 2024, "La recherche française est-elle prête pour la sobriété ? Les enseignements d’une enquête nationale", Natures Sciences Sociétés 32: 127-141