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Les couples se rencontrent plus souvent en ligne et moins dans des fêtes

Les rencontres en ligne se sont fortement développées en France et en Europe depuis 30 ans. À l’inverse, celles dans un cadre festif ont décliné. Après avoir augmenté, les rencontres par les amis diminuent depuis les années 2000.

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L’essor des rencontres en ligne

Les manières de rencontrer son conjoint ou sa conjointe se sont nettement transformées au cours des cinquante dernières années en France et en Europe. Sans surprise, l’évolution la plus marquante est la diffusion des rencontres en ligne, que ce soit via les sites et applications de rencontre ou, plus minoritairement, par le biais d’autres canaux numériques (réseaux sociaux, forums, jeux vidéo…). En France, l’essor commence dès les années 1990, et la progression est régulière depuis lors, jusqu’à concerner 24 % des premiers couples qui ont commencé à cohabiter entre 2020 et 2024 (Figure). On retrouve une évolution très similaire dans l’ensemble de l’Europe. Les rencontres en ligne sont un peu plus fréquentes au Nord de l’Europe (27 % aux Pays-Bas et 29 % au Danemark), au même niveau en Europe centrale, mais nettement plus rares en Croatie (14 %).

Davantage de rencontres par les études

Les rencontres par les études ont elles aussi connu une progression importante, passant de 10 % à 20 % en France entre les années 1960 et aujourd’hui (Figure). L’évolution s’explique certainement par l’allongement des études au fil des générations. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser elle n’est pas généralisée en Europe : si on la retrouve, de manière moins marquée qu’en France, aux Pays-Bas, en Autriche et en Croatie, on ne l’observe pas au Danemark et en Tchéquie où les rencontres par les études sont restées stables (résultats non montrés).

Le recul des rencontres festives

Une des transformations majeures des cadres de rencontre est le recul important des cadres festifs. Le déclin du rôle des bals commencé dans l’après-guerre s’est ainsi prolongé par celui des boîtes de nuit, des bars et des autres fêtes et soirées privées. Alors que ces cadres représentaient 29 % des rencontres en France dans les années 1960 et 1970, ils n’en représentent désormais que 9 % (Figure) Cette tendance se retrouve elle aussi dans toute l’Europe, mais la France l’a connue de manière plus précoce que les autres pays. À l’inverse, la Croatie a connu un recul plus tardif des cadres festifs, qui y représentent encore 25 % des rencontres.

Le déclin récent des rencontres par les amis

Les rencontres par les amis ont progressé en France des années 1960 aux années 2000, passant de 16 % à 26 % (Figure). Mais elles sont devenues moins fréquentes depuis, au point de revenir à 19 %. Cette évolution avait commencé avant 2020, elle ne s’explique donc pas uniquement par les confinements lors de la crise du Covid-19. On retrouve une baisse au cours des années récentes dans les autres pays européens, mais avec une temporalité variable. Les amis jouent un rôle moindre dans le Nord de l’Europe (11 % aux Pays-Bas et 15 % au Danemark), c’est-à-dire les pays où les rencontres en ligne sont plus importantes.

Référence(s)

Auteur et autrice : Milan BOUCHET-VALAT, Marie BERGSTRÖM

Pour aller plus loin :

Bozon M., Rault W. 2012. De la sexualité au couple. L’espace des rencontres amoureuses pendant la jeunesse. Population, 67(3), 453-490.

Bouchet-Valat M., Bozon M. 2025. La géographie intime : Lieux de rencontres et caractéristiques des partenaires. In Bergström M. (dir.), La sexualité qui vient. Jeunesse et relations intimes après #Metoo (p. 139-150). La Découverte.

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