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Plus de rencontres et de ruptures avec les parents dans les classes populaires

La fréquence des rencontres avec ses parents diffère selon la catégorie socioprofessionnelle. Le fait de voir ses parents toutes les semaines ou au contraire de ne plus les voir du tout est plus fréquent dans les catégories populaires.

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Les cadres voient moins leurs parents et sont plus mobiles géographiquement

Rendre visite à ses parents, les accueillir chez soi ou les voir régulièrement à l’extérieur du domicile sont des pratiques qui varient selon le milieu social. Parmi les femmes et les hommes âgés de 18 à 79 ans, ne vivant plus chez leurs parents et dont au moins un des parents est encore en vie, 30 % des cadres voient un ou leurs deux parents a minima une fois par semaine, contre 56 % des indépendants, 49 % des employés non qualifiés et 52 % des ouvriers qualifiés. Ces différences s’expliquent en partie par la plus grande proximité géographique des catégories populaires avec leurs parents : 73 % des ouvriers qualifiés vivent encore dans la région de leur enfance, contre 54 % des cadres.

Lorsque les parents vivent à proximité, les rencontres régulières sont plus fréquentes dans les classes populaires

Toutefois, la plus forte mobilité des cadres n’est pas suffisante pour expliquer ces disparités. En effet, parmi les hommes et les femmes qui vivent encore dans la région de leur enfance, les rencontres régulières avec les parents sont toujours plus fréquentes chez les employés, les ouvriers et les indépendants (Figure). Tandis que 44 % des cadres voient leurs parents au moins une fois par semaine, la proportion correspondante atteint respectivement 66 % et 68 % chez les employés et les ouvriers non qualifiés. Ces écarts peuvent être interprétés comme le reflet d’un mode de vie davantage centré sur les liens familiaux parmi les catégories populaires. Bien que plusieurs recherches aient montré que ce « familialisme » prend des formes différentes chez les hommes et les femmes, la fréquence des rencontres avec les parents ne diffère pas selon le genre.

Si voir ses parents au quotidien est plus fréquent dans les milieux populaires, les différences s’estompent pour les rencontres plus occasionnelles : voir un ou ses deux parents au moins une fois par mois ne varie pas selon la catégorie socioprofessionnelle.

Ne plus voir ses parents : un comportement plus fréquent parmi les employés et les ouvriers 

Par ailleurs, c’est chez les employés et les ouvriers que l’on retrouve le plus de personnes qui ne voient jamais leurs parents. Ce constat est encore plus marqué parmi les individus qui ne vivent plus dans la région de leur enfance : les cadres sont 3 % à ne jamais voir leurs parents, contre 10 % des employés et 15 % des ouvriers. Les catégories populaires sont donc à la fois surreprésentées parmi les individus qui fréquentent régulièrement leurs parents et parmi ceux qui n’ont aucun échange en face-à-face. Ces écarts subsistent à caractéristiques comparables de diplôme, d’âge, de trajectoire migratoire, de situation parentale et de contexte résidentiel (urbain/rural).

Référence(s)

Auteur : Romain PHILIT

Pour aller plus loin :

Frauenfelder A. 2009. Le rapport des classes populaires à la famille : une affinité non élective. In Delay C. et al. (dir.). Les classes populaires aujourd’hui (p. 311-348). L’Harmattan.

Siblot Y., Cartier M., Coutant I., Masclet O. et Renahy N.,2015. La famille, l’espace local et l’école : la recomposition des processus de socialisation en milieu populaire. In Sociologie des classes populaires contemporaines (p.131-177). Armand Colin.

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