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Quand les activités domestiques deviennent une charge mentale

Les activités parentales et domestiques exposent à une charge mentale qui est liée à des risques de dépression. Les femmes sont plus souvent concernées, quelles que soient les situations familiales ou professionnelles

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Une charge mentale liée au risque de dépression

Un nombre élevé d’activités à réaliser au quotidien, dans la sphère professionnelle comme dans la sphère privée, peut donner le sentiment d’être pressé par le temps ou de devoir penser à trop de choses à la fois. Dans le cadre professionnel, on parle de tensions orga-nisationnelles ; lorsqu’elles sont durables, elles consti-tuent un facteur reconnu de mauvaise santé, notam-ment mentale. Dans le cadre du travail familial et domestique, on parle souvent de charge mentale. Sa forme élevée (cf. définitions) touche 46 % des femmes et 30 % des hommes de 25 à 65 ans. Présente à tous les âges (Fig. 1), elle est plus fréquente entre 35 et 44 ans, en particulier chez les femmes (59 %), puis recule nettement après 55 ans. Comme au travail, la charge mentale est liée à la mauvaise santé : le risque de dépression, supérieur chez les femmes en moyenne (15 % contre 11 %), augmente pour celles et ceux déclarant une charge mentale élevée (19 % pour les femmes et 16 % pour les hommes).

La charge mentale varie selon les situations familiales et d'emploi

La responsabilité parentale, mesurée ici par le fait de vivre avec un enfant de moins de 15 ans (cf. définitions), s’accompagne d’une charge mentale pour plus de 60 % des femmes et de 40 % des hommes, qu’ils aident aussi ou non un adulte en situation de handicap. La charge mentale est bien moins fréquente parmi les personnes qui aident un adulte sans cette responsabilité parentale. Elle diminue encore pour celles et ceux qui n’ont aucune de ces responsabilités ; mais elle reste présente pour 36 % de ces femmes et 25 % de ces hommes, suggérant des activités non mesurées ici (i.e. auprès d’enfants plus âgés ou de proches, hors situation de handicap, ou d’autres activités de loisir ou associatives).

Pour les femmes, l’emploi augmente la probabilité de charge mentale élevée ; pour les hommes, c’est le cas seulement pour ceux sans responsabilité parentale.
La situation de couple joue différemment selon le sexe et l’emploi. Être en couple augmente la probabilité de charge mentale parmi les hommes en emploi, mais la réduit lorsqu’ils sont hors emploi. Pour les femmes avec la responsabilité d’un enfant de moins de 15 ans, être en couple joue peu sur la probabilité de déclarer une charge mentale élevée. Mais parmi celles sans la responsabilité parentale, ni d’aidante, et en emploi, la charge mentale élevée concerne 41 % de celles qui sont en couple contre 34 % de celles qui ne le sont pas. Au total, la charge mentale est plus fréquente parmi les femmes, quelle que soit la configuration familiale et professionnelle. Ce résultat fait écho à la plus grande quantité d’activités domestiques et familiales (y compris de celles non considérées ici), leur incombant en moyenne (cf fiches 12 et fiche 15).

Définition

La charge mentale élevée est mesurée ici par le fait de « se sentir souvent ou toujours pressé∙e par le temps » et devoir
« souvent ou toujours penser à trop de choses à la fois dans sa vie personnelle et familiale ».
Le risque de dépression est mesuré par le score de l’Organisation Mondiale de la santé « WHO-5 » basé sur une liste de 5 états émotionnels. Le seuil retenu est 32/100. La responsabilité parentale concerne les personnes vivant au moins la moitié de la semaine avec un enfant de moins de 15 ans.
Les aidantes et aidants sont les personnes ayant déclaré s’occuper d’un adulte (conjoint ou parent) en situation de handicap au moins une fois par semaine.